Les irréductibles de Lost

Forum pour les nostalgiques et passionnés de la série Lost. Venez partager vos analyses et théories, parler mythologie, histoire, géographie, littérature, musique...


Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

Révolution Française

Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas  Message [Page 2 sur 4]

26 Re: Révolution Française le Lun 25 Aoû 2014 - 5:44

Sudena


La fin de l'année 1789 et le début de 1790 offrent peu d'événements palpitants eu égard à ceux des précédents mois: le Roi est installé à Paris, l'Assemblée aussi, et les tensions semblent s'apaiser avec une séparation des pouvoirs nette et précise donnant au Roi le contrôle quasi-exclusif de l'exécutif tandis que l'Assemblée détient le législatif. Pour l'instant tout semble aller selon les souhaits de de la Fayette et de Mirabeau, bien qu'une Constitution soit toujours en attente... A noter qu'en novembre 1789 est créé le premier club populaire de la révolution: il s'agit de celui des Jacobins (bien que le district des Cordeliers en soit un "de-facto" il ne sera officialisé qu'en juin 1790). Ce club est à l'image de cette société généreuse et populaire: tout le monde peut s'y rendre quand il veut, tout le monde peut y adhérer, tout le monde peut s'y exprimer, toutes les  opinions sont respectées. On y trouve toutes les sensibilités: de Robespierre à de la Fayette en passant par Brissot (député de la gauche de l'Assemblé mais bien moins revendicatif qu'un Robespierre ou son ami Couthon [lequel attrape durant cet hiver une maladie qui le laissera à-jamais paralysé des jambes]). A-contrario, celui des Cordeliers sera plus violent d'emblée (avant un spectaculaire retournement dans quelques années), mais ce club constitue le premier groupe de pression organisé: il est à l'origine de la notion de parti politique et il sera le symbole de la France de cette époque, mais n'anticipons pas trop: les meilleurs plats sont ceux qu'on fait mijoter...

Les problèmes économiques demeurent réels et sont plus inquiétants dans l'immédiat. Sous la pression de Mirabeau, l'Assemblée Constituante crée en décembre 1789 l'assignat: monnaie de papier remplaçant l'or dans les transactions. C'est une bonne idée en soi mais ça demeure insuffisant (la spéculation, que Mirabeau pratique déjà effrontément, sera terrible à moyen terme pour cette nouvelle monnaie) et de plus en plus l'idée fait son chemin de prendre l'argent où il se trouve. Et où se trouve-t-il cet argent? Ben chez les curetons parbleu! dans les caisses du Clergé: les biens ecclésiastiques sont d'abord "mis à la disposition" de la Nation, puis en avril 1790 ils sont carrément nationalisés. Seulement cela pose des problèmes d'autorité car les ecclésiastiques revendiquent le fait que ces biens n'appartiennent nullement à la Nation mais à l'Eglise, donc au Pape. Et une idée germe alors dans l'esprit de certains, dont dans celui (fertile) de l'évêque d'Autun...

Pendant ce temps-là on s'active sur des idées diverses et variées sur à peu près tous les sujets. Et celle du docteur Guillotin est l'une des plus à la mode. Inspiré par les méthodes prometteuses du chirurgien italien Louis, ce bon docteur, aussi reconnu par ses pairs que par ses collègues députés (rappelez-vous: c'est lui qui avait proposé, de se réunir dans la salle du jeu de paume), a une sainte horreur des potences. Pour lui les décapitations à la hache sont non-seulement la preuve d'une inégalité sociale (seuls les riches en "bénéficient", les pauvres étant pendus [et rarement "dans les règles"]), mais une monstruosité tant elles dépendent de l'agilité du bourreau qui peut transformer la mise à mort en une véritable torture (en Angleterre en 1540, le bourreau, soûlé la veille par le duc de Suffolk, avait mutilé et rendu inhumaine l'exécution de Thomas Cromwell [pourtant meilleur ministre d'Henry VIII]). Aussi il a l'idée d'une machine à décapitation propre, égalitaire, rapide et qui ne fait pas souffrir. Cette jolie machine, il la présente à ses collègues députés qui ne la jugent pas inintéressante, puis au Roi. La légende veut ce soit Louis XVI lui-même, agile mécanicien, qui ait suggéré l'emploi du couperet triangulaire en préférence à celui en croissant de l'origine.
Néanmoins cette invention est au début plutôt la coqueluche des dîners chics qu'autre-chose. Chez lui le docteur Guillotin a invité quelques collègues qu'on commence déjà à appeler "Girondins" (ils forment la droite de la gauche de l'Assemblée), dont les brillants orateurs Brissot et Vergniaud: on amène à la fin du repas un modèle réduit de la machine avec un mannequin figurant le condamné à mort: la tête coupée répand un encens rouge qui embaume la pièce. Tout le monde applaudit, tout le monde trouve la démonstration des plus charmantes. L'alcool ayant un peu aidé à désinhiber les inimitiés cachées, le mannequin sacrifié a été baptisé d'un petit nom: Robespierre. Il faut dire que ce collègue très proche des plus pauvres malgré son air guindé, élu début avril président du club des Jacobins, et à qui on ne connait aucun vice moral, énerve quelque-peu ces bourgeois philanthropes mais prudents: le venin d'une guerre sourde qui naitra moins de trois ans plus tard a dès ce jour-à pointé le bout de son nez...


Mais les anecdotes de ce début d'année sont rapidement occultés par deux événements simultanés dont l'un a été mûrement réfléchi par l'Assemblée: sous la proposition de l'évêque d'Autun, celle-ci vote le 12 juillet 1790 la Constitution Civile du Clergé. Bon arrêtons de jouer les cachotiers: je pense que derrière la fonction d'"évêque d'Autun" dont je vous ai abreuvé vous aviez reconnu ce cher Charles Maurice de Talleyrand Périgord, celui que l'Histoire ne va pas tarder de surnommer le "diable boiteux"...



Dernière édition par Sudena le Dim 8 Mai 2016 - 4:00, édité 1 fois

27 Re: Révolution Française le Lun 25 Aoû 2014 - 6:19

Sudena

avatar
Oh une dernière chose concernant la guillotine: Joseph Guillotin a dit que le condamné devait ressentir tout au plus "comme un souffle d'air frais sur la nuque". Navré de contredire le bon docteur mais c'était faux...


Tout d'abord des recherches récentes ont prouvé qu'avec le tête tranchée par guillotine le cerveau était encore oxygéné et donc que le condamné était encore vivant pendant cinq secondes. Je vous laisse mesurer ce que ça signifie que de vivre cinq secondes la tête détachée du reste du corps.

Ensuite le "souffle d'air frais sur la nuque" est sinon une aberration du moins un euphémisme mensonger. Quand on est condamné à mort par guillotine on commence par être attaché sur une planche et on bascule en avant. Dans ce mouvement on regarde pour la dernière fois au-dessus de nous et on respire notre dernière vraie bouffée d'air. Ensuite le couperet tombe et ce n'est pas un "souffle d'air frais" qui nous arrive dans la nuque mais une espèce de rafale ou de source glacée qui nous pend sur un trait précis de la nuque et dont la morsure va en extrême crescendo pendant deux centièmes de secondes environ. Comment je sais ça? Parce que je l'ai rêvé. Et moquez-vous de moi comme vous voulez, je n'ai jamais fait de rêve aussi réaliste et dont je me souviens aussi bien: vingt minutes après je me tâtais encore la nuque pour être certain qu'elle n'était pas entamée et je peux revivre à l'envi cette sensation aujourd'hui. Le plus rigolo dans l'histoire c'est que ce rêve n'était même pas un cauchemar (en tout cas je ne l'ai pas vécu ainsi)...

28 Re: Révolution Française le Mar 26 Aoû 2014 - 1:40

Sudena

avatar
Qu'est-ce que la Constitution Civile du Clergé? C'est ni plus ni moins que de considérer l'autorité religieuse comme faisant partie de l'Etat, et donc les curés comme des fonctionnaires qui doivent jurer fidélité à la Nation. Cette solution est surtout pratique pour s'accaparer les biens matériels de l'Eglise (les registres et archives paroissiaux en particulier) et ainsi considérablement renflouer la dette. A court terme et au niveau économique c'est une solution tout à fait valable et défendable. Mais le bat blesse quand on envisage les répercussions indirectes: à cette époque la France (surtout la France rurale) est profondément catholique et les prêtres risquent de se trouver en porte à faux avec leurs prêches ou pire avec Rome (qui n'a pas été consultée et placée devant le fait accompli). Particulièrement le statut de fonctionnaire d'Etat est pour beaucoup une aberration qui pourrait leur faire devoir choisir leur pays plutôt que Dieu... Pour autant il ne faut pas croire que le Clergé refuse en masse cette Constitution Civile, que nenni! d'abord parce que la réponse de Rome tarde à arriver et qu'on peut parfaitement penser que Pie VI va accepter ce fait vu que depuis longtemps déjà (même si ça n'a été "officialisé" que sous Louis XIV) le royaume de France pratique une politique religieuse très indépendante. Ensuite et surtout ce changement de statut ne déplait pas fondamentalement à tout le monde: les petits curés en particulier y sont plutôt favorables vu que cette Constitution leur donnera une certaine indépendance d'action et qu'ils pourront apporter des solutions plus pragmatiques aux problèmes de leurs ouailles (pour beaucoup d'entre eux les instructions de Rome se heurtent souvent au principe de charité chrétienne). Mais en semant ce fruit sans aucune consultation des différents organes intéressés, Talleyrand, et avec lui toute l'Assemblée Constituante, a planté dans le sol de France un poison particulièrement pervers qui aura très bientôt des conséquences dramatiques...
C'est également vers cette période que, pour occuper les sièges vacants, d'autres députés sont élus. Danton en fait partie.

Cependant, vu l'apaisement de la situation et de la bonne volonté manifeste du Roi, l'Assemblée veut marquer d'une pierre blanche l'anniversaire de la prise de la Bastille. Pour ce elle (et quand je dis "elle" je parle principalement de de la Fayette) a l'idée d'organiser une immense cérémonie sur la Champ de Mars. Des travaux sont entrepris dès avril mais les conditions météorologiques désastreuses de ce printemps 1790 retardent de plus en plus les travaux, et à la mi-juin le constat est dramatique et sans bavure: le Champ de Mars ne sera jamais prêt à temps... L'Assemblée tente alors un coup de poker: lancer officiellement un appel à toutes les bonnes volontés pour venir prêter main forte sur le chantier. Et alors se produit un extraordinaire afflux de gens ver le Champ de Mars: toutes les catégories sociales viennent en même temps se serrer les coudes, se donner la main, pour préparer le grande fête. Le Roi lui-même s'y me, ainsi que la reine, de la Fayette n'est pas le dernier à piocher, de même que tous les députés des curés côtoient des ouvriers, des membres actifs des clubs populaires suent et rient avec des aristocrates, et dès le 10 juillet l'incroyable s'est réalisé: le Champ de Mars est prêt!
Le 14 juillet 1790, le plus belle cérémonie de la Révolution peut commencer. Sous un ciel gris et morose, le Roi et la reine jurent fidélité à la Nation. Ce jour-là est celui de la gloire pour de la Fayette: adulé par le peuple, adoré par ses soldats, le héros franchit à cheval les marches de l'estrade centrale (montée au dernier moment), sort son épée et jure fidélité "à la Nation, à la loi et au Roi". Et tout le monde de crier "Vive la Nation!" et "Vive le Roi!", et tout le monde de s'embrasser à qui mieux-mieux!.. Pour certains le Révolution est terminée à ce moment-là (du reste de la Fayette croit qu'il n'y a plus qu'à l'entériner avec une Constitution), mais les plus lucides savent bien qu'il ne s'agit là que d'un feu de paille. La Fête de la Fédération est peut-être en soi la plus belle date de la Révolution, mais elle cache des malaises d'autant plus malins qu'ils sont sourds, enfouis dans l'inconscient populaire. Le roi est-il sincère? Que veut réellement de la Fayette? Et que valent toutes ces belles promesses quand tant d'inégalités persistent? En fait l'homme le plus puissant de France à ce moment-là, celui qui tire les ficelles, qui bénéficie d'une immense popularité et qui est l'ami de de la Fayette comme de Danton, qui est favorable à la monarchie constitutionnelle et qui connait parfaitement les rouages de la politique, c'est bel et bien Mirabeau...

29 Re: Révolution Française le Mer 27 Aoû 2014 - 2:07

Sudena

avatar
Il ne fallut attendre qu'un petit mois pour que tout le monde déchante: le 16 août, la garnison de Nancy se mutina pour exiger sa paye, qui selon elle était détournée par les officiers supérieurs. De la Fayette envoya son cousin (de Bouillé) pour la réprimer dans le sang. Cela valut le premier affrontement à l'Assemblée entre de la Fayette et Danton, le populaire avocat et orateur hors-pairs qui exigea la démission des ministres jugés trop anti-peuple. Entre les deux hommes naissait une haine viscérale qui ne devait jamais se démentir. On comprend tant en étudiant leurs personnalités totalement opposées qu'en nous situant à ce moment précis de l'opinion publique...

Pour commencer ouvrons une très courte parenthèse: devant l'absence de prise de position de Rome, le Roi signa la Constitution Civile du Clergé; mais quelques mois après la réponse du Pape fut dure à encaisser tant pour le Roi que pour les français: Pie VI condamna sans appel cette Constitution Civile. Le Clergé de France fut divisé entre "jureurs" (ceux qui avaient prêté allégeance à la Constitution Civile) et "réfractaires". Marat soupçonnait le Roi de prendre parti pour les réfractaires (très impopulaires à Paris) et il le clama haut et fort dans L'Ami du Peuple. De la Fayette faisait toute confiance à l'intégrité du Roi. Or Danton était un ami de Marat (son collègue au club des Cordeliers), et l'opinion publique soupçonneuse ne faisait (et cela se voyait de plus en plus) qu'une confiance très relative à Louis XVI. On sait aujourd'hui sans l'ombre d'un doute que Marat avait raison: Louis XVI était un homme pieux et extrêmement soumis à la papauté, et il commença ses premières manœuvres en douce pour protéger les prêtres réfractaires...

Quel était le profil psychologique de de la Fayette et de Danton? En vérité on peut difficilement concevoir caractères plus différents et conséquemment affrontement plus violent. De la Fayette est un fervent partisan de la liberté mais celle-ci ne se conçoit pas à n'importe quel prix: la valeur à laquelle il est le plus attaché est en vérité l'autorité. Autorité du Roi, autorité de la hiérarchie militaire, autorité de la classe sociale supérieure (comprenez la plus éduquée, donc la plus riche). Il est implacable, strict, rempli de ses principes au point d'y être enfermé, imbu de lui-même, mais irréprochable d'un point de vue moral et parfaitement honnête dans ses paroles et ses actions. Que lui reproche principalement Danton? De tendre au pouvoir personnel, à une dictature militaire liberticide, d'être le complice secret du Roi contre le peuple...
Danton est, lui, attaché à la liberté en tant que telle. Son aspect tranche radicalement avec celui de son rival: ventripotent, toujours en civil, souriant et hautement sympathique, il est l'opposé du militaire. Comme Mirabeau, il a le visage ravagé par la petite vérole. Mais l'idéologie, en dépit de ce que ses grands discours font croire, lui manque: il aime beaucoup l'argent et il s'est entouré d'amis pour le moins louches comme le poète Fabre d'Eglantine, Talleyrand ou Camille Desmoulins. Il s'oppose au Roi plus par opportunisme que par conviction, mais quel talent y déploie-t-il et quelle force de conviction soulève-t-il pour défendre ces idées!.. Que lui reproche principalement de la Fayette? Ben de vouloir établir un gouvernement de fripons dans l'unique but de s'enrichir, pardi...

Les deux antagonistes sont liés d'amitié à un homme qui maintient l'équilibre: Mirabeau. Celui-ci est en cette fin 1790-début 1791, le garant de la Monarchie Constitutionnelle que, malgré tout, tant de la Fayette que Danton souhaitent. En vérité _mais le public ne le découvrira que beaucoup plus tard_ il est un agent secret de la Cour: il donne des conseils secrets de conduite politique au Roi ou à la reine (conseils plus ou moins suivis d'ailleurs...) qui le rémunèrent grassement et cherche à renforcer l'autorité royale qui ne doit, selon lui, qu'être contrebalancée par celle de l'Assemblée. Criblé de dettes et malade, il meurt le 2 avril 1791 après une longue agonie. Avec lui disparait le premier grand symbole de la Révolution, mais son absence à l'Assemblée doublée du charisme de de la Fayette et de ses amis sur celle-ci vont rapidement arriver à une situation de trois antagonistes qui ne pouvait qu'être explosive. Trois? De la Fayette ne le croit pas à ce moment-là: pour lui il n'y a que l'opposition classique gauche-droite qu'il est certain de dominer. Mais Gilbert se trompe lourdement sur les intentions du roi: son aveuglement portera un très gros coup à sa popularité déjà déclinante dans la capitale...



Dernière édition par Sudena le Dim 30 Aoû 2015 - 22:30, édité 2 fois

30 Re: Révolution Française le Ven 29 Aoû 2014 - 21:42

Snow Globe

avatar
Tout d'abord des recherches récentes ont prouvé qu'avec le tête tranchée par guillotine le cerveau était encore oxygéné et donc que le condamné était encore vivant pendant cinq secondes. Je vous laisse mesurer ce que ça signifie que de vivre cinq secondes la tête détachée du reste du corps.
Hum , moi j’ai quand même un gros doute . Je ne suis pas convaincu qu’il y ait en quelconque activité cérébrale pendant 5 secondes une fois que les carotides et la trachée aient été tranchées ,lol !   Laughing
Pour en avoir le cœur net , il faudrait faire des expériences chez des volontaires , chez qui l’ont brancherait des électrodes sur la tête avant de les guillotiner , pour voir si l’EEG bouge après la décapitation . On pourrait aussi faire des essais sous une IRM  à condition de mettre une lame en titane .  Hormis le côté un peu gore , je serais curieux de voir ça ,lol !
 

Quand on est condamné à mort par guillotine on commence par être attaché sur une planche et on bascule en avant. Dans ce mouvement on regarde pour la dernière fois au-dessus de nous et on respire notre dernière vraie bouffée d'air. Ensuite le couperet tombe et ce n'est pas un "souffle d'air frais" qui nous arrive dans la nuque mais une espèce de rafale ou de source glacée qui nous pend sur un trait précis de la nuque et dont la morsure va en extrême crescendo pendant deux centièmes de secondes environ. Comment je sais ça? Parce que je l'ai rêvé. Et moquez-vous de moi comme vous voulez, je n'ai jamais fait de rêve aussi réaliste et dont je me souviens aussi bien: vingt minutes après je me tâtais encore la nuque pour être certain qu'elle n'était pas entamée et je peux revivre à l'envi cette sensation aujourd'hui. Le plus rigolo dans l'histoire c'est que ce rêve n'était même pas un cauchemar (en tout cas je ne l'ai pas vécu ainsi)
Je ne me moque pas ami Sudena , mais permet moi de te faire remarquer que ta passion pour l’histoire et de al révolution Française en particulier , t’emmène loin ! Heureusement pour toi que ce rêves ne soit pas un cauchemar !


...la Fayette a sauvé la vie de Marie Antoinette en ce matin du 6 octobre 1789: cette-dernière ne le lui pardonnera jamais...
Décidemment cette Marie Antoinette était vraiment irrécupérable . Mad

Et quand je vois l'interminable ligne droite que ces gens, éreintés par une journée de marche, ont emprunté sans faiblir, sans faillir, pour obtenir ce droit d'exister politiquement et socialement, je me dis que quand-même il fallait être sacrément grand et courageux pour faire ça!..
Oui , et l’on et vraiment pas passé loin de la catastrophe  , donc d’un gros bain de sang , ce jour là  

...Sous la pression de Mirabeau, l'Assemblée Constituante crée en décembre 1789 l'assignat: monnaie de papier remplaçant l'or dans les transactions...
La page wikipédia nous donne les explications que tu nous as donné .  C’est  à dire que l’état qui n’a pas d’argent et est plutôt en faillite  (tiens tiens lol) s’accapare carrément les biens du clergé pour les revendre après à ceux qui ont de l’argent pour les acheter  , les pauvres et les manants iront se faire voir , et en échange ils reçoivent des magnifiques « assignats » représentants les sommes payés .

Ils font ça quitte à anticiper la ventes des biens qui seront (ou pas  lol) vendu plus tard , et quant ils le seront les assignats seront détruits et remboursés . Ca c’est la théorie  , sauf qu’en pratique l’état ne va pas les détruire et ira jusqu'à mettre en circulation jusqu'à 45 milliards de livre d’assignats pour une valeur estimée  des biens du clergé à 3 milliards de livre …  Lol de lol  Laughing  Laughing
Du coup la valeur des assignats chute et comme le prix des biens vendus a été fixé à l’avance , il y a des petits malins qui achètent des grandes propriétés pour presque rien !

Ah oui j’oubliais , ces assignats firent le bonheur des faussaires qui les contrefirent allégrement . Les plus retords d’entre eux étant les Anglais qui firent exprès d’en emmètre un grand nombre pour torpiller notre économie .   Perfide Albion …

Ceci étant ces assignats permirent tout de même à  l’état Français d’éviter la banqueroute .

Le lien wiki  http://fr.wikipedia.org/wiki/Assignat


_________________

31 Re: Révolution Française le Dim 31 Aoû 2014 - 19:28

Sudena

avatar
13 avril 1791: entre le peuple et le pape le Roi fait son choix. Il condamne la Constitution Civile du Clergé. Cette condamnation indigne les parisiens et donne raison aux soupçons de Marat. Robespierre demande que le Roi soit jugé par un tribunal indépendant: ça n'a bien évidemment aucune chance de se passer mais les portes s'ouvrent vers cette idée que le Roi n'est plus quelqu'un d'intouchable, et les tensions entre la droite et la gauche s'accentuent...
Le 18 avril la Roi prend place dans son carrosse: il a l'intention, comme chaque année, d'aller fêter pâques à Saint-Cloud. Mais les parisiens écoutent désormais Marat et celui-ci a prévenu de ce qui semble l'évidence avec le recul: le Roi veut profiter de l'éloignement pour célébrer pâques avec un prêtre réfractaire. Le peuple de Paris bloque le carrosse, l'empêche de partir. Ni Bailly ni de la Fayette ne peuvent garantir une dissipation pacifique de la foule. Louis XVI renonce. En rentrant aux Tuileries Marie-Antoinette fait remarquer à son époux qu'ils sont prisonniers en leur palais...
Mais les tensions ne s'apaisent pas davantage après ce coup de force. De la Fayette assure que le Roi est fidèle au peuple: il répond de lui "sur sa tête". Il faut dire que les travaux de rédaction d'une nouvelle Constitution sont presque terminés...

Le 14 juin est votée une loi généralement méconnue qui était une réponse de l'Assemblée aux revendications sociales des ouvriers parisiens qui exigeaient un salaire garanti du moins à Paris. La loi Le Chapelier interdit tout regroupement d'ouvrier, considérant ce fait comme un délit: la gauche proteste vertement (Robespierre en tête), mais la loi est votée sans souci par la majorité.

La nouvelle Constitution manque pourtant de mourir avant même de voir le jour à-cause d'une initiative inouïe du roi, le 21 juin, qui mit de plus en plus à mal la réputation de de la Fayette...

32 Re: Révolution Française le Dim 31 Aoû 2014 - 21:29

Sudena

avatar
Bigre et fichtre! j'ai oublié une précision capitale concernant le Fête de la Fédération: quand vous vous promenez sur la Champ de Mars aujourd'hui, vous êtes sur du plat. Ca date de là... Ce sont les efforts conjugués de toutes les bonnes volontés de cette époque fabuleuse en vue d'offrir à la Révolution sa première fête qui a fait qu'aujourd'hui le Champ de Mars est plat...

33 Re: Révolution Française le Lun 1 Sep 2014 - 4:57

Sudena

avatar
Albion n'a jamais eu qu'un but et qu'une fin: l'argent. Elle s'est rarement mouillée directement mais a été le banquier de l'Europe contre la France révolutionnaire. Et on l verra mieux dans quelques temps...





Depuis longtemps en fait Louis XVI a l'intention de s'échapper des Tuileries et de rallier des troupes fidèles stationnées dans l'est. Pendant plusieurs mois il a pris soin d'organiser ses allées et venues du soir afin que son départ passe pour celui d'un simple visiteur. Le soir du 20 juin tout est prêt: la famille royale va revêtir la fausse identité de celle de Korff émigrant avec sa suite. Le roi lui-même jouera le rôle de l'intendant mr Durand. Pendant la nuit le Roi laisse une lettre adressée aux députés pour justifier son geste. La reine, pour parvenir à la berline, se perd quelque peu et le départ est ainsi retardé de deux heures. Néanmoins tout se passe à la perfection et les premières lueurs du jour apportent joie et bonheur à la famille royale qui a pris ses dispositions pour devancer largement les éventuels poursuivants...

Dans le même temps, de la Fayette est tiré de son lit en sursaut et ce qu'il apprend le laisse pantois... Il fonce vers les Tuileries et il trouve un attroupement en légitime colère. Parmi les gens assemblés se trouve son pire ennemi, Danton, qui lui dit: "Mr de la Fayette, vous avez répondu du roi sur votre tête: nous voulons le roi...ou votre tête." De la Fayette sait qu'il n'a pas le droit à l'erreur et qu'il doit réagir très vite et très promptement. Il commence par envoyer des messagers dans toutes les directions pour prévenir de l'évasion du Roi et demander qu'il soit stoppé immédiatement. En parallèle il doit agir avec l'Assemblée pour sauver le Roi du mieux qu'il peut, quitte à mentir effrontément...

La berline royale prend néanmoins de plus en plus de retard: accidents de parcours divers, poses déjeuner beaucoup trop longues, troupes de relai qui s'impatientent et qui finalement se disent que le voyage a été reporté: le chemin de Montmédy où de Bouillé attend le Roi est semé de désagréments, or les messager de de la Fayette ne sont plus très loin désormais. La berline arrive alors à Sainte-Menehould où le maître de poste change les chevaux, non sans une étrange méfiance envers ce trop imposant arrimage... Cet homme s'appelle Drouet et son destin est assez exemplaire de la Révolution: il se ralliera très vite à l'idée de République, revendiquera ses sympathies robespierristes puis s'engagera dans la bande à Babeuf. Obligé de vivre dans le clandestinité après le chute de celui-ci, il reviendra en grâce sous l'Empire où il sera nommé préfet, titre qu'il perdra sous la Restauration. Il mourra dans la clandestinité en 1824. Un vrai patriote engagé et fidèle à ses idées...

Une heure après, Drouet, qui a été surpris par le profil très "Bourbon" de mr Durand, verra arriver les messagers de de la Fayette et il comprendra tout. Filant à-travers bois il tente de devancer la berline... Le soir tombe et Louis XVI arrive à quelques lieues de l'endroit où l'attend de Bouillé et ses troupes: la ville de Varennes. Il est accueilli chez l'aubergiste, le temps que la municipalité vérifie ses (faux) papiers. L'auberge en question porte l'enseigne suivante: Au Grand Monarque: sinistre ironie quand on sait que c'est précisément là que va s'arrêter cette lamentable épopée... Drouet arrive juste après, impose son autorité pour faire sonner le tocsin et alerter le peuple. Il rentre dans l'auberge, aperçoit le Roi, et lui dit seulement: "Bonsoir, sire.." Le reste n'est que péripéties: l'arrivée des hommes de de la Fayette, puis le lendemain du marquis lui-même qui ordonne le retour à Paris. Le 25 juin le Roi rentre aux Tuileries dans le silence absolu. Il faut dire que de la Fayette a fait placarder cet ordre: "Quiconque applaudira le roi sera bastonné, celui qui l'insultera sera pendu."
Que voulait Louis XVI en tentant ce pitoyable périple, si pathétiquement conclu? Voulait-il émigrer comme ses frères (deux mois après le comte de Provence)? Le fait qu'il ait refusé un itinéraire plus court mais qui l'aurait fait passer un temps hors des frontières donne à penser que non: selon moi il voulait se réfugier à Montmédy, ville française toute proche de la frontière, protégé par les troupes de de Bouillé, afin d'imposer sa volonté à l'Assemblée. La lettre qu'il a laissée le matin va dans ce sens: c'est une condamnation en règle de toute la Révolution depuis 1789, et un appel au peuple où il dénonce l'oppression sur lui effectuée par l'Assemblée. Cette tentative de chantage sera, malheureusement pour lui, exactement prise pour ce qu'elle était: Louis XVI venait de perdre d'un seul coup toute sa popularité, et l'idée de République venait de germer dans la tête de certains...

Et que lui arriva-t-il après cette trahison? Rien. Les amis de de la Fayette réussirent à imposer officiellement ce mensonge grossier que le Roi avait été enlevé... Robespierre et plusieurs autres s'étranglèrent d'indignation mais la majorité était la majorité. Cette majorité, de la Fayette y tenait beaucoup car dix jours plus tard le nouvelle Constitution fut votée (nous y reviendrons ci-après). Mais la fuite à Varennes avait eu des répercussions dans les cœurs et les esprits bien plus importantes qu'un subterfuge grossier, cela nul ne l'ignorait (de Marat à de la Fayette) et la seule chance de faire triompher la cause du Roi était un coup de force sanglant! L'occasion ne tarda guère à se présenter...

34 Re: Révolution Française le Dim 7 Sep 2014 - 2:30

Sudena

avatar
En réaction à la fuite à Varennes, les orateurs du club des Cordeliers, menés par Marat, appellent ouvertement à l'élaboration de la République. Eh! le pays n'a-t-il pas su agir sans roi pendant cinq jours? Et un roi qui fuit peut-il seulement être roi? Trois jours après la fête nationale (donc le 17 juillet 1791) une manifestation est organisée sur la Champ de Mars: les citoyens sont invités à signer et déposer une motion demandant la République. De la Fayette s'étrangle: pour lui une telle manifestation est une hérésie. L'Assemblée Constituante la déclare illégale et impose la loi martiale. Néanmoins le peuple se rend sur la Champ de Mars, dans un esprit tout à fait pacifique. Danton, prudent, a préféré s'éloigner de Paris quelques temps, mais Marat est là, ainsi que Manon Rolland (femme du député du même nom et hégérie de la Gironde [donc de la gauche]); Camille Desmoulins, sans y être directement, n'est pas loin, ainsi que Robespierre. Quand soudain de la Fayette apparait à la tête de la Garde Nationale. Il ordonne la dispersion. Personne ne bouge. Combien de temps dure ce défi silencieux? Très peu, presque trop peu pour être honnête... Les coups de feu partent. De la Fayette a-t-il donné l'ordre? Louis XVI était-il derrière? On ne le saura jamais, mais de la Fayette est quoi qu'il en soit responsable de ce sang: ou il a donné l'ordre de tirer sur une foule désarmée, ou il a été désobéi (ce qui est au demeurant très peu probable tant il a de charisme)... La panique se fait, la traque commence. manon Rolland écrira qu'il y a eu des centaines de morts: envérité il n'y en a probablement eu qu'une cinquantaine, mais plusieurs centaines de blessés ça oui... Desmoulins fuit à la campagne: son journal sera interdit. Marat, traqué, réussit à s'enfuir par les égouts puis à fuir en Angleterre où Danton ira bientôt le rejoindre: il rapportera des égouts une grave maladie de peau qui l'obligera à prendre régulièrement des bains chauds pour calmer les démangaisons. Robespierre sera secouru par un membre du club des Jacobins: le riche menuisier Maurice Duplay qui le cachera chez lui pendant trois jours...et qui ne le laissera plus jamais repartir. Chez les Duplay, Robespierre trouvera une vraie famille où il sera vénéré politiquement et considéré comme le fils aîné, et l'affection des Duplay s'étendra à son frère Augustin quand il viendra à Paris, ainsi qu'à tous ses amis (dont Couthon ou le jeune Philippe le Bas), et lui-meê se comportera envers les filles Duplay comme un grand-frère bienveillant et parfois complice...à l'exception de l'aînée Eléonore avec qui il va nouer des rapports beaucoup plus intimes... Ce Robespierre très humain, je tenais à le rappeler, car le traitement à lui généralement réservé par les manuels d'Histoire en donne souvent l'image d'un montre froid, sans sentiment, quasi-inhumain. Or il s'agit d'un mensonge grossier (ce qui explique peut-être pourquoi il est si bien passé)! Le Massacre du Champ de Mars est le premier de la Révolution: que le Roi ait été derrière ou non, cela importe peu: c'est quoi qu'il en soit pour lui que ce sang a été versé. La violence qui commence à naître entre la droite et la gauche a fait ses premières vicimes: elles ne seront pas les dernières...
nota: quand je parle de "droite" et de "gauche", c'est dans le contexte de l'époque, à savoir que qui dit "droite" dit "noblesse royaliste" e qui dit "gauche" dit "Tiers Etat, parfois républicain". Ces notions vont évoluer bientôt et je ne manquerai pas de le souligner...


Le 1er septembre 1791 la première Constitution de l'Histoire de notre pays est votée. Elle comprend une séparation stricte des pouvoirs judiciaire, législatif et exécutif même si tous, hormis l'exécutif, sont élus (selon le modèle américain). Nous n'allons pas nous y attarder outre-mesure mais souligner ses points principaux: l'Assemblée change de nom et devient "Nationale": elle détient le pouvoir législatif qui vote les lois (les députés ne sont pas rééligibles [une des rares propositions de Robespierre qui ait été acceptée, sans-doute pas la plus intelligente car le renouvellement risque de perturber totalement l'Assemblée dont les nouveaux députés doivent rapidement se mettre "au jus" des dossiers]), tandis que la Roi est le chef du pouvoir exécutif. Il est de loin l'homme qui possède le plus de pouvoir: outre son statut dynastique qui n'est pas remis en question, il bénéficie de l'immunité sur ses actions (une conséquence précuationneuse de la fuite à Varennes), et il a le droit d'opposer son véto à toute loi qui lui déplairait. Le système d'élection, assez complexe en soi, est de plus un véritable camouflet pour la classe sociale inférieure: seuls sont habilités à voter les "citoyens actifs": des hommes (pas des femmes bien-sûr...) de plus de vingt-cinq ans établis depuis au moins un an dans le canton (ce qui exclut les vagabonds et autres colporteurs) dont le montant d'imposition équivaut à trois jours de salaire. Au final, seule 15% de la population vote, un peu plus de 60% en ne comptant que les hommes (ce qui est quand-même plus honnête à dire dans le contexte de l'époque, tant les droits des femmes ont été piétinés longtemps en France...). néanmoins il faudra faire chanter Louis XVI pour qu'il condescende à ratifier cette Constitution, puis à accorder un pardon général aux victimes du Masacre du Champ de Mars (oui je sais: c'est aussi absurde que honteux; mais c'est ce qui s'est passé: les victimes étaient considérées comme coupables de sédition et le sang versé n'a pas été considéré comme suffisant...). De la Fayette a terminé son oeuvre, mais la Révolution, engoncée dans cette Constitution qui ne satisfait que les nobles libéraux et les plus fortunés, ne va pas tarder à exploser à nouveau...et à inquiéter les puissances européenes voisines...

35 Re: Révolution Française le Jeu 11 Sep 2014 - 7:05

Snow Globe

avatar
Concernant cet épisode de la fuite du Roi à Varennes , j'en étais resté sur mes vielles notions d’histoire que l’on m’avaient enseignées dans une autre vie . : le Roi avait tenté de fuir à l’étranger , c’était clair et tranché . Mais en te lisant , je vois qu’il y a tellement  de raté dans cette aventure que ça me parait vraiment gros . A moins que le Roi souffrait de troubles cognitifs ce dont je doute fort , cette histoire de fuite est tellement mal ficelée qu’elle parait invraisemblable

Ce que je veux dire , c’est que moi à la place du Roi , je serais parti à fond la caisse avec Madame , je ne me serais jamais montré en dehors du carrosse , le chauffeur prétextant une maladie contagieuse , et je n’aurais pas  fais ces pauses invraisemblables et interminables pour les  ravitaillement . On aurait mangé en roulant , pour ficher le camp , surtout sachant qu’on aurait la cavalerie aux fesses . Comme tu le souligne , le fait de ne pas avoir pris un itinéraire court , ajoute à la confusion .

Au fait , dans mes souvenirs d’histoire , l’on nous avait enseigné que le Roi avait été reconnu par l’aubergiste ,parce qu’il avait été payé avec un pièce ; précisément à son effigie . Bien sur il avait tout de suite fait le rapprochement et donné ensuite l’alerte .  Qu’en penses tu ?  C’est une fable ?

il rapportera des égouts une grave maladie de peau qui l'obligera à prendre régulièrement des bains chauds pour calmer les démangaisons.
Une bonne gale sans doute ? ça a du être une véritable horreur.Laughing    

Ce Robespierre très humain, je tenais à le rappeler, car le traitement à lui généralement réservé par les manuels d'Histoire en donne souvent l'image d'un montre froid, sans sentiment, quasi-inhumain. Or il s'agit d'un mensonge grossier
Et bien là aussi , il me semble que mes enseignants associaient  Robespierre à l’époque de «  la terreur » ou il y eut d’innombrables décapitations . Aussi je  suis impatient de te lire , lorsque plus en avant , on en reparlera.  Laughing


_________________

36 Re: Révolution Française le Ven 12 Sep 2014 - 18:29

Sudena

avatar
Non, ce n'est pas une fable: Drouet a véritablement reconnu Louis XVI grâce à une pièce de monnaie, mais pas tout de suite: il a fallu qu'il attende l'arrivée des émissaires de de la Fayette... En quittant Paris il était persuadé que c'était déjà gagné, d'où son manque de prudence et le côté proprement lamentable de cette épopée. Je ne crois pas qu'il voulait fuir à l'étranger mais pire: faire chanter l'Assemblée sous la menace d'une invasion...

Nous reparlerons de la Terreur en temps et en heure, mais je vais faire particulièrement attention au contexte et à en parler en totalité. Car, à-côté du sang versé, ce fut certainement la période la plus généreuse et la plus porteuse d'espoir de notre pays...

37 Re: Révolution Française le Sam 13 Sep 2014 - 1:37

Sudena

avatar
1791 se termine assez calmement en France, mais la pression des émigrés commence à se faire sentir en Europe: ces invités fort encombrants pressent les monarchies d'Ancien Régime à envahir la France pour redonner les pleins pouvoirs au Roi. L'Angleterre, fidèle à son habitude, reste dans l'ombre, pesant soigneusement ses intérêts, mais l'Autriche et la Prusse commencent à inquiéter l'Assemblée. En vérité cette inquiétude est moins fondée que ce qui se dit: pour ces pays la France s'affaiblit ce qui ne peut être que bon pour eux. Sauf que la Révolution s'éternise, que les liens de parenté entre les princes commencent à jouer...et surtout que nombre de généraux ont émigré. la France est-elle une proie facile? Cette interrogation est plus sagace que les rands discours des Girondins qui commencent à envisager de détruire par une offensive préventive les amis des émigrés. De plus, pour eux, la Révolution a une portée universelle et la France ne doit pas rester seule dans son coin mais au-contraire guider les peuples vers la liberté. D'autres arguments ne tarderont pas à s'ajouter à ces esquisses mais la menace est réelle, fin 1791, de voir la guerre éclater prochainement. Nous y reviendrons.

1791 est également connue pour une autre raison: l'année la plus riche de chefs d'oeuvre pour Wolfgang Amadeus Mozart... Criblé de dettes le compositeur pourra compter sur ses amitiés maçonniques pour créer un opéra totalement nouveau, au livret baroque écrit par Emmanuel Schikanneder et où il fera jouer à la fois des airs très populaires et les voix les plus extrêmes du répertoire classique. Cependant il doit rapidement interrompre ce projet en mai: une commande urgente pour le couronnement de l'empereur d'Autriche François le pousse à composer en quelques mois La Clemenza di Tito: énorme succès qui coïncide à la "popularisation", à Prague, de l'étrange et génial Don Giovanni (premier opéra en mineur composé en 1787). En parallèle il a reçu une étrange commande d'un homme masqué: une messe pour les morts qu'il tarde, curieusement à honorer... Pour l'heure il se consacre à un concerto pour harmonica et à fignoler cet opéra populaire qui lui tient tant à coeur. Début septembre c'est chose faite: Die Zauberflötte (La Flûte Enchantée) est achevée...et le succès est absolument phénoménal! L'opéra, construit comme un conte de fée, est en fait une métaphore parfois tendrement moqueuse d'un rite d'initiation maçonnique. Normal: ainsi que je l'ai dit Mozart est Franc-Maçon, Schikanneder aussi, et cet engagement philanthropo-philosophique est très important dans l'oeuvre du compositeur, ainsi La Flûte Enchantée peut être qualifiée d'opéra maçonnique (au moins vous le saurez et c'est le seul qui puisse revendiquer ce statut...). Son introduction est la plus belle de tout le répertoire mozartien... Reste néanmoins cette messe pour les morts que Mozart doit composer alors que sa santée se dégrade rapidement (il s'agit en fait d'une acumulation de fragilités et de fatigues accumulées depuis des années, de plus la variole terrible qu'il a eu à l'âge de seize ans et à laquelle il a survécu par miracle l'a laissé très vulnérable)... Il compse encore un génial concerto pour clarinette destiné à son ami Stalder, puis il se met à son Requiem, son ultime Requiem...
Au fur et à mesure qu'il compose se renforce en lui ce sentiment qu'il traine depuis longtemps de composer pour sa propre mort... La majesté du Requiem Aeternam est déjà emplie d'une terreur certaine, terreur qui se renforce dans l'effroyable et frénétique fuite du Kyrie, puis arrive l'apocalypse: un Dies Irae infernal, d'une violence inouïe: Mozart vient de se consacrer officiellement premier romantique. La pause mélodique du Tuba Mirum est visiblement un hommage à l'opéra qui entremèle une basse, un ténor, un contra-alto et un soprano. La terreur et plus encore une tristesse bouleversante prennent au coprs et aux tripes dans le Rex Tremendae qui détonne après le calme précédent, et qui amorce l'apaisement tout maçonnique du long et génial Recordare (en majeur), peut-être le meilleur mouvement mais qui dépend beaucoup de l'interprétation orchestrale. Mozart retrouve ses peurs à l'appel de la mort dans le Confutatis: il sait qu'il n'ira jamais jusqu'au bout de son oeuvre... Ses dernières mesures écrites intégralement sont, miracle du destin, celles du Lacrimosa, la musique dont chaque note est une larme, chaque portée un sillon, chaque rythme un sanglot, chaque chant un gémissement...Son élève Susmayr tentera de terminer son oeuvre, mais il ne réussira "réellement" qu'à bâcler le Sanctus et à massacrer le Benedictus. Car de toute évidence Mozart avait composé le squelette de l'Agnus Dei et Susmayr n'avait eu qu'à rajouter l'accompagnement cuivres de l'Offretorium. Le Requiem conclut la vie et l'oeuvre de Mozart en ouvrant la musique définitivement au mode mineur, comme avant lui la Symphonie n°40, Don Giovanni et le Concerto pour piano n°20 l'avaient amorcé: la musique est prête à la révolution romantique alors même que la France amorce, dans la sienne, son processus de non-retour politique qui va redéfinir le monde en profondeur...

38 Re: Révolution Française le Lun 15 Sep 2014 - 4:53

Sudena

avatar
1792 est à tous égards l'Année de la Révolution. Celle où elle opèrera sa marche définitive vers le point de non-retour, celle des plus terribles bains de sang "spontanés", celle de toutes les générosités, celle de tous les dangers, celle des rancoeurs insurmontables... Il faut avant cela noter un fait que j'ai _excusez m'en_ oublié d'évoquer: depuis quelques mois, le club des Jacobins a vu le départ de de la Fayette et de ses amis: plus modéré que celui des Cordeliers il n'en devient pas moins une tribune "officielle" de la gauche, que les Girondins font leur...

Les tensions sont grandement avancées au début de l'année: les Girondins accusent les ministres "feuillants" (nom donné à la droite d'alors) de protéger les émigrés et les prêtres réfractaires, non sans raison d'ailleurs. Pour eux le Roi est leur complice, d'avantage encore que leurs collègues de l'Assemblée qu'ils espèrent convaincre. Le 10 mars l'obstination de Brissot et Vergniaud paie: l'Assemblée destitue les ministres feuillants et met en place un gouvernement Girondin: tout est prêt pour le processus de guerre...
Car Brissot, particulièrement au club des Jacobins, se déchaine à grands coups de verbes et de superbes phrases: pour lui la guerre est une occasion rêvée de circoncire la menace que représentent les émigrés fidèles au Roi, de prouver le double-jeu de celui-ci, d'exporter la Révolution aux différents peuples d'Europe qui, selon lui, n'attendent que ça... Son argumentation est belle, puissante, convaincante: elle soulève les foules et elle est appuyée par des amis tout aussi brillants que lui tels Vergniaud, Olympe de Gouges ou Manon Rolland. De plus elle n'est pas populaire dans toute l'Assemblée: la majorité des feuillants s'y oppose farouchement, mais leurs origines et leur statut de "complices du roi" produisent exactement l'inverse d'un appel à la réflexion. Tout le monde, à Paris, est pour la guerre et a envie d'en découdre avec cette droite réactionnaire qui ne cherche qu'à protéger ses amis émigrés de la punition qu'ils méritent! Tout le monde?.. Non: il y a un homme important, à gauche, qui s'oppose farouchement à la guerre. Cet homme, c'est Robespierre.
Commençons par rétablir une vérité: Robespierre n'est pas totalement le seul à s'opposer à la guerre: l'ancien associé de Danton passionné d'ornithologie Billaud-Varenne l'est aussi. Mais il est encore trop peu connu et ne bénéficie conséquemment pas de l'écoute populaire dont peut se revendiquer Robespierre... Pour celui qu'on commence déjà à surnommer "l'Incorruptible", la guerre est contre-révolutionnaire par nature et ne peut aboutir à moyen terme qu'à un coup d'Etat militaire, il dit à propos du grand projet brissotin d'exporter la Révolution: "Personne n'aime les missionnaires armés!". Il se bat jusqu'à l'épuisement avec un courage et une dignité qui forcent l'admiration, mais il n'est plus député (une conséquence directe de son décret interdisant leur réélection) et hormis ses plus proches amis il n'a aucun soutient: le combat est perdu d'avance. Robespierre a une autre raison d'être contre la guerre, raison qu'il doit taire en public mais qui l'effraie beaucoup plus que toutes les autres: il sait bien, lui, qui a réellement intérêt à ce que la guerre soit déclenchée...

Et de fait, à la grande stupéfaction des feuillants, la plus grand partisan de la guerre à ce moment-là n'est autre que le Roi...



Dernière édition par Sudena le Ven 4 Sep 2015 - 17:08, édité 1 fois

39 Re: Révolution Française le Dim 21 Sep 2014 - 0:07

Sudena

avatar
Pour comprendre la position de Louis XVI il faut se remémorer le contexte d'alors: l'armée française n'est plus réservée aux nobles mais aux volontaires, ce qui est une première dans l'Histoire. Cette armée est dite "de roturiers" et ses chefs ont émigré massivement: les nouveaux seront donc à brève échéance élus par les soldats. Cette situation confère à l'armée une grande vulnérabilité...et le Roi le sait. Il est donc partisan de la guerre pour que la France la perde! C'est une situation incroyable, inouïe, et tellement inimaginable que quasiment tous les députés (de droite comme de gauche) ne l'aperçoivent même pas... Lorsque le 20 avril 1792 Louis XVI déclare devant l'Assemblée la guerre à l'Autriche et à la Prusse les acclamations sont assourdissantes et Robespierre, le seul à se rendre compte du terrible danger, doit se taire et plonge dans une grave dépression qui le tiendra presque deux mois éloigné des tribunes...

Et de fait les premiers engagement à la frontière belge avec les prussiens du duc de Brunswick se solde par un désastre: les soldats, mal synchronisés, mal commandés, très mal entraînés, succombent à la panique malgré une vaillance certaine, et les prussiens s'amusent à leurs dépends. Les déroutes se succèdent à la vitesse du vent et, pire, la suspicion gagne les rangs... Car les alliés de ce que l'Histoire retiendra sous le nom de "la première coalition" ne se contentent pas de gagner les batailles: ils semblent de plus parfaitement au courant des mouvements de notre armée, des stratégies mises en place, et les anticiper avec une lucidité quasi-surhumaine... Pour les soldats une seule explication possible qui se traduit par un cri de haine et de dépit: "Trahison!" Le général Dillon est massacré par ses propres hommes mais ça ne change rien à l'affaire. Car la trahison vient d'ailleurs!..

"Elle vient d'ailleurs?.." oui oui, et je réponds ce faisant à votre question suspicieuse: il y a bien trahison. Mais elle vient de beaucoup plus haut... Dès que l'Assemblée a déclaré la guerre de concert avec le Roi, Marie Antoinette s'est exclamée, ivre de bonheur: "Les imbéciles! ils ne voient pas qu'ils ne servent que nos intérêts!.." Et de fait c'est elle qui écrit personnellement aux alliés et qui leur communique les plans de nos armées sous la dictée du Roi. Les partisans aujourd'hui du couple royal omettent soigneusement ce fait-là, ou alors ils accusent la Révolution d'avoir poussé ces malheureux à cette extrémité. Il est vrai qu'ils ne détenaient que le pouvoir exécutif avec droit de véto et n'étaient rémunérés que 24 millions de francs par an, les pauvres... Ce que le Roi ne sait pas, c'est qu'en multipliant les provocations du genre d'utiliser à foison son droit de véto pour protéger les émigrés et les prêtres réfractaires, il oublie que le peuple n'a pas oublié, lui, le Massacre du Champ de Mars, la fuite à Varennes, ni même les journées d'octobre, et qu'il commence à en avoir plus que marre de donner éternellement une autre chance à ce roi dont il commence, de plus, à soupçonner la trahison quant aux armées. Paris bouillonne, Paris s'agite, Paris veut imposer sa loi... Les défaites successives permettent aux alliés de s'établir solidement en Hollande et en Belgique: on sent l'invasion proche et des hommes comme le boucher Legendre ou le général parisien Santerre (amis de Danton et proches de la frange la plus à gauche des Cordeliers ou des Jacobins) ont envie, à l'instar de beaucoup de leurs collègues ou simples voisins, d'en découdre et de demander des comptes à Louis XVI. Deux mois après la déclaration de guerre l'occasion se présentera...

Une dernière chose par-rapport à l'armée. Son ouverture à tous les volontaires la fait accueillir en son sein des gens d'horizons sociaux et géographiques très différents que la langue française unira non par obligation mais par fait. Parmi ces volontaires on trouve un jeune noble qui n'a pas émigré et que la tournure de la Révolution pousse au-contraire du côté de la gauche: un certain d'Avout. Même âge mais venant du Gers, un tanneur patriote mais peu lettré, qui a connu la faim, tente de trouver sa voie au milieu de ces anonymes avec comme seuls armes son courage et une intelligence situationnelle très fine qu'il ne mesure absolument pas lui-même: il s'appelle Jean Lannes.
Cette armée de roturiers, sans entrainement, en loques, qui est la risée de toutes les monarchies d'Ancien Régime, qui subit défaite sur défaite, personne à ce moment-là ne se doute qu'il ne lui faudra qu'une décennie pour devenir la meilleure du monde, peut-être même de tous les temps...



Dernière édition par Sudena le Dim 6 Sep 2015 - 16:06, édité 1 fois

40 Re: Révolution Française le Sam 4 Oct 2014 - 0:13

Sudena

avatar
Le 20 juin 1792, le peuple de Paris envahit les Tuilleries, poussé par la colère des défaites et agacé au-delà du supportable par le refus du Roi de lever son veto sur les lois destinées à sanctionner les prêtres réfractaires. Les parisiens sont menés par Legendre et Santerre qui, militaire, a réussi à amener un canon. Devant la majesté du lieu les insurgés hésitent un peu et finisent par demander à parler au Roi. Celui-ci vient à eux poliment, accepte de crier "Vive la Nation!", de boire à la santé du pays, même de coiffer le fameux bonnet phrygien, il assure être au service du peuple, mais il de cède rien... Au bout de deux longues heures le municipalité (royaliste forcément car élue au suffrage censitaire) réagit enfin et envoie ses représentants disperser les manifestants. Louis XVI reste en place: la journée a été un coup d'épée dans l'eau.

Cependant la menace pour le Roi devient de plus en plus réelle: son impopularité grandit de jour en jour et ce ne sont pas ses amis qui vont lui faciliter la tâche... Car, grisés par leurs victoires, les immigrés proposent à leur ami, le duc de Brunswick, commandant en chef des armées prussiennes, de rédiger un manifeste en forme d'avertisement. Ce-dernier accepte de bonne grâce et envoie ce manifeste à l'Assemblée Nationale: le résultat est au-delà  de ce qu'espéraient...les plus acharnés ennemis de la monarchie. Car dans ce document Bruswick menace de livrer Paris à une destruction totale et sanglante si le moindre mal est fait à la famille royale: la preuve de la duplicité du Roi est faite pour beaucoup et le réflexe patriotique agit sur tous. Vergniaud promet aux alliés une humiliante défaite...promesse qui à ce moment-là ressemble à un voeu pieux mais qui reflète bien l'opinion générale. Discrètement des ordres sont donnés. Au club des Jacobins, Robespierre déclare qu'il faut détruire les ennemis de l'intérieur pour pouvoir lutter eficacement contre ceux de l'extérieur; dans L'Ami du peuple, Marat ne dit pas autre chose. Des régiments marchent sur Paris... Début août, Louis XVI fait doubler la Garde Suisse aux Tuilleries: il est prudent car ces régiments ont été appelés par les amis de Danton (qui cherche d'abord à prouver la trahison et à détruire de la Fayette), ils viennent l'un de Bretagne, l'autre de Marseille. Les marseillais amènent avec eux une chanson patriotique entrainante qu'ils ont apprise on ne sait trop comment car elle a été écrite en Alsace par un certain Rouget de Lisle... Le soir du 8 août les deux régiments rentrent dans Paris et sont accueillis par les membres les plus actifs du club des Cordeliers (Danton, Desmoulins, Marat, Hébert, Legendre...). Les Jacobins, eux, sont au courant mais se gardent d'intervenir: Robespierre n'est pas homme à soutenir activement ce qui ressemble quand-même à un Coup d'Etat: il est et il sera toujours un légaliste, bien qu'il soit de tout coeur avec les insurgés qui ne cachent même pas leur républicanisme. Le Roi a une Garde Suisse doublée, des canons entourent et protègent son palais, et surtout la municipalité parisienne lui est favorable (Danton n'ignore d'ailleurs nullement cette difficulté). L'Assemblée Nationale restera neutre. En cette journée du 9 août où les préparatifs vont bon train, presque tous les protagonistes principaux de la Révolution sont à quelques kilomètres de distance: manquent seulement quelques futurs députés et quelques futurs généraux; mais un Titan se tient dans l'ombre et observe de près les événements: venu à Paris pour régler des affaires de famille, Napoléon Bonaparte sera aux premières loges lorsque, le lendemain, le destin de la France basculera à-jamais...

41 Re: Révolution Française le Jeu 16 Oct 2014 - 15:35

Snow Globe

avatar
Les années à venir donneront raison à Robespierre "Le guerre est contre -revolutionnaire par nature , et ne peut aboutir à moyen terme qu'à un coup d'état militaire. "

Et de fait, à la grande stupéfaction des feuillants, la plus grand partisan de la guerre à ce moment-là n'est autre que le Roi... l est donc partisan de la guerre pour que la France la perde!
C’est la fameuse loi « qui perd gagne » ou encore « les ennemis de mes ennemis sont mes amis » Comme tu le dis c’est assez inoui voire assez diabolique ,de vouloir que son pays perde la guerre pour regagner les pleins pouvoirs ,mais pas completement irealiste . Robespierre l’avait bien compris lui . Rolling Eyes

Moi ce qui me sidère dans cette histoire , c’est le fait que le Roi et sa Reine se soit impliqués personnellement dans cette trahison . Au lieu de ne rien laisser transparaitre , ils auraient pu tranquillement jouer le double jeu , soutenir les Girondins et se contenter d’observer les résultats des courses sans jamais s’engager .
Si l’armée Française se prenait une raclée , c’était tout bon . Dans le cas contraire , ils auraient pu se gargariser de l’avoir soutenu .

Ce que je trouve assez incroyable aussi , c’est le fait qu’on ait appris la trahison de Marie Antoinette et le fait qu’elle ait écris personnellement aux alliés en leur donnant les plans de l’armée Française . Comment à t’on pu savoir une chose pareille ? De nos jours je sais bien que le moindre truc fait le tour de la terre et des réseaux sociaux en deux temps trois mouvements, mais à l’époque , comment à t’on fait pour savoir ?

Ceci étant Marie Antoinette a commis un énorme erreur , la énième , en disant apparemment tout haut puisque ces propos ont été rapporté «Les imbéciles! ils ne voient pas qu'ils ne servent que nos intérêts!. »

En lisant cette aventure depuis le début , j’ai vraiment l’impression que cette Marie Antoinette est responsable en grande partie des malheurs qui s’abattront sur le couple royal . Et je le dis comme je le pense , je croîs que cette femme n’était pas bien intelligente ,elle qu'elle n’a fait qu’accumuler les erreurs sans aucun discernement .

J’ai egalement du mal à comprendre le comportement de louis XVI par rapport à sa femme , et je me pose la question ; n’était il pas faible dans le fond ? Comment n’as t’il pas eu la lucidité d’esprit de penser quelle pourrait le conduire à sa perte par son comportement ?

Ou alors Louix XVI n’a rien vu venir depuis le début , c’est sur qu’en 2014 en connaissant le sort qui lui sera réservé c’est facile à dire , mais quand même ! Il n’a rien vu venir , peut-être parce qu’il pensait que de toutes façons son statu de Roi le rendait de facto intouchable pour l’éternité . ?

C’est très possible que ce soit ça . D’ailleurs en te lisant c’est ce qu’il apparait. Laughing


_________________

42 Re: Révolution Française le Sam 18 Oct 2014 - 14:23

Sudena

avatar
Je vais bientôt continuer: emploi du temps assez chargé mais ça ira mieus dans une semaine.

On a pu savoir la trahison de Marie Antoinette de façon très simple: sous l'Empire on a retrouvé sa correspondance (et on avait des soupçons très forts depuis longtemps)...

Louis XVI n'a rien vu venir: il n'en avait pas les capacités mentales: pour lui il est resté très populaire dans la majorité du pays (et c'est une folie que ses rejetons partageront) et Dieu ne pouvait pas meurtrir jusqu'au bout son plus fidèle serviteur (la bondieuserie est un paramètre très important dans ce cas-là). Aussi tu n'as pas tort quand tu parles de son statut de roi. Plus encore que tu ne l'imagines il a failli le sauver...

43 Re: Révolution Française le Mar 21 Oct 2014 - 23:34

Snow Globe

avatar
Il n’y a aucun pb ! Il faut faire les choses à son rythme , nous avons toute la vie devant nous !

Louis XVI n'a rien vu venir: il n'en avait pas les capacités mentales a écrit:
Voilà c’est ausis ce que j’ai pensé en lisant ce fil depuis le début . ce pauvre Louis XVI , à cru que son statu de Roi qui remontant à l’longtemps le rendait totalement intouchable , il ne devait pas on plus avoir le QI d’un polytechnicien et je me demande même s’il avait le gaz à tous les étages ! Laughing

Et en plus il était affublé d’une bonne femme , j’ose dire « con comme un balais » et qui ne pensais qu’a elle et son bon confort . S’il a perdu la tête , elle semble y être pour beaucoup .


_________________

44 Re: Révolution Française le Sam 25 Oct 2014 - 0:15

Sudena

avatar
Dans la nuit du 9 au 10 août 1792, Danton mène ses amis jusqu'à la municipalité de Paris. Il est armé et les feuillants siégeant à l'Hôtel de Ville n'ont pas envisagé une seconde d'être attaqués: aussi il ne faut que quelques secondes pour que tout ce joli monde soit explusé et que la Commune Insurrectionnelle se mette en place. Il n'y a pas eu la moindre violence...
La violence elle arrive au petit matin: Mandat, commandant de la Garde Nationale, est appelé à l'Hôtel de Ville. A-peine arrivé il est massacré. Danton vient en deux temps trois mouvements de s'assurer qu'aucun contre-ordre ne viendra contrarier ses plans...et qu'aucun renfort ne sera envoyé aux Tuilleries.
Alors que la journée avance, le peuple vient devant les grilles du Palais aux cris de "Vive la République!", "A bas le Gros Cochon!". Louis XVI est prévenu des événements de la nuit par le procureur syndic du département, Pierre Roederer. Il descend dans la cour et regarde la masse aux grilles. Peut-être, s'il faisait tirer ses soldats, aurait-il une chance de la disperser, car les régiments breton et marseillais ne sont pas encore arrivés. Mais il ne veut pas, ou n'y pense pas. Cette faiblesse face au danger fait s'exclamer au jeune officier corse qui observe la scène: "Che coglione!.." ("Quel couillon!.."). Peu après, on somme cet officier de crier "Vive la République!": il s'exécute de bonne grâce: il n'est pas royaliste et l'attitude du Roi vient de faire naître chez lui un mépris complet pour les Bourbons, mépris qui ne se démentira jamais. Napoléon Bonaparte (car c'est lui, vous l'auriez compris), regagne ensuite son logis et observe attentivement le reste de la journée...
A midi les régiments républicains commencent à arriver. Conseillé par Roederer, le Roi descend dans la cour passer en revue la Garde Nationale du palais dont la ceinture de canons est un obstacle majeur aux insurgés. Mais un soldat lui lance alors cette phrase terrible: "Ne compte pas que nous allons tirer sur nos frères!". La Garde Nationale, avec tous ses canons, rejoint spontanément les insurgés. A l'Hôtel de Ville, Danton sourit: il sait que le vent a tourné et que le combat ne pourra qu'entériner ce fait...
Aux Tuilleries l'heure est à la spéculation: que faut-il faire? La Garde Suisse est fidèle au Roi et jure qu'elle se battra jusqu'à la mort. Marie Antoinette est partisane de rester dans la palais mais Roederer déconseille vivement cette option... Louis XVI prend alors la décision de couper la poire en deux: il ordonne le combat, mais lui et sa famille quitteront le palais et iront se réfugier à l'Assemblée, seule à-même se leur assurer une protection. Roederer se présente alors à la foule, accompagné de quelques représentants, et demande de respecter les personnes du Roi et de la reine: on souhait sera exaucé.
A l'Assemblée Louis XVI déclare: "Messieurs, je viens ici pour éviter un grand crime." Vergniaud lui assure qu'il sera protégé, seulement il y a un problème: l'Assemblée n'a pas le droit de siéger et de délibérer en présence du Roi... On trouve alors un subterfuge: le dissimuler dans une petite loge sous la tribune présidentielle où personne ne pourra le voir.
Pendant ce temps, aux Tuilleries, le combat a commencé: bénéficiant de meilleures positions face à des insurgés obligés de traverser une centaine de mètres à découvert, les Suisses repoussent la première vague d'assaut. Mais les soldats, parmi lesquels se trouve Santerre, utilisent rapidement, et à bon escient, les canons, font leurs premières victimes, et lancent un assaut mordant dans la fumée. les Suisses tiennent quelques minutes, puis c'est l'hallalli...
A l'Assemblée Louis XVI ne tient pas en place: il cherche à savoir ce qui se passe, comment tourne le combat, il n'arrête pas de faire les cent pas, attentif à la moindre rumeur. Il croit encore en la victoire et son attitude tranche radicalement avec celle de sa femme: Marie Antoinette, qui avait tant souhaité le combat, pleure depuis qu'elle est arrivée dans ce réduit, elle a perdu toute énergie. Quand les nouvelles arrivent, Louis XVI ordonne enfin à ses Suisses de se rendre. Les pauvres! Ils hurleraient de rire s'ils en avaient le temps: leur résistance farouche et inconsciente se retourne contre eux: les régiments républicains, aidés par le peuple, ont tout prévu pour qu'aucun ne s'en sorte vivant... Toutes les issues sont bouchées, aucune rédition n'est aceptés: les scènes se massacres et de torture spontanée s'enchainent. Le peuple, fou de colère et lancé sans contrôle, montre son côté le plus bestial et le plus sanguinaire. De sa fenêtre, Napoléon n'oubliera pas ces scènes atroces dont il est témoin. Mais ne peut-on pas voir en Louis XVI le principal responsable de ces massacres: lui qui a vloulu le combat et qui s'est planqué? lui qui avait tant multiplié les provocations avant, pendant, et après le fuite à Varrennes? lui qui avait grassement profité du Massacre du Champ de Mars?..

La folie n'a pas le temps de retomber: il faut dès la fin de l'après-midi décider de ce qui se passera désormais. L'Assemblée Nationale déclare immédiatement la déchéance du Roi. Louis XVI dit à son fils cette phrase historique: "A-partir de maintenant il n'y a plus de roi en France..." Et c'est vrai que si la monarchie n'est pas encore officiellement abolie, Louis XVI n'est plus roi et n'a plus aucun droit: il devient Louis Capet. Le 13 août il est enfermé avec sa famille dans la forteresse médiévale du Temple, où il a un train de vie de petit bourgeois (rien à voir avec une prison ordinaire). Il garde son valet, Cléry. Seule la princesse de Lamballe, favorite de Marie Antoinette, est séparée de la famille royale. Pendant ce temps, en attendant que d'autres élections soient organisées, elles au suffrage universel masculin, pour élire une nouvelle Assemblée parlementaire, un Conseil Provisoire tient les rennes de la France. De loin le ministère le plus important est celui de la Justice. Et c'est _bien sûr_ à Danton qu'il échoit...

45 Re: Révolution Française le Mer 29 Oct 2014 - 23:35

Snow Globe

avatar
Il descend dans la cour et regarde la masse aux grilles. Peut-être, s'il faisait tirer ses soldats, aurait-il une chance de la disperser, car les régiments breton et marseillais ne sont pas encore arrivés. Mais il ne veut pas, ou n'y pense pas. Cette faiblesse face au danger fait s'exclamer au jeune officier corse qui observe la scène: "Che coglione!.." ("Quel couillon!..")
Il ne l’a pas fait et je crois qu’il a bien fait . Les soldats auraient tirés , des révolutionnaires seraient tombés , et remplacés par d’autres  en nombre encore plus grand . Louis XV ne pouvait plus fuir , sa première  tentative ayant échouée , alors il a  pris pour une fois la bonne décision en calmant le jeu à cet instant là ..  Laughing    

Je ne pense pas que la  remarque de Napoléon Bonaparte à son encontre ; signifie qu’il a été « couillon » de ne pas tenter l’épreuve de force , il avait compris qu’il se serait fait hacher menu si il l’avait tenté , mais simplement qu’il avait l’air de ce qu’il était en réalité  « un bon gros couillon » avec une couronne sur la tête.  king

Aux Tuilleries l'heure est à la spéculation: que faut-il faire? La Garde Suisse est fidèle au Roi et jure qu'elle se battra jusqu'à la mort. Marie Antoinette est partisane de rester dans la palais mais Roederer déconseille vivement cette option... Louis XVI prend alors la décision de couper la poire en deux: il ordonne le combat, mais lui et sa famille quitteront le palais et iront se réfugier à l'Assemblée, seule à-même se leur assurer une protection.
Et voilà ! Une bonne décision, le matin , et de suite après une énorme gaffe . Ce bon Louis n’était vraiment pas à la hauteur et n’avait pas pris la mesure du rouleau compresseur révolutionnaire .

Il y a aussi quelque chose qui me sidère dans son histoire , certes il était mauvais comme roi , comme stratège , comme tout ce qu’on veut  , mais il n’avait pas des conseiller capable de l’aider à prendre les bonnes décisions ?  C’est assez incroyable qu’il n’ait eut personne, aucun conseillé éclairé , pour l’empêcher de faire bêtise sur bêtise .  silent

Mais ne peut-on pas voir en Louis XVI le principal responsable de ces massacres: lui qui a vloulu le combat et qui s'est planqué? lui qui avait tant multiplié les provocations avant, pendant, et après le fuite à Varrennes? lui qui avait grassement profité du Massacre du Champ de Mars?..
Justement oui . Mais à sa décharge je dirais qu’il a été mauvais dans ses décision parce qu’il n’avait pas le niveau  . Je pense que c’est tout le problème que pose le mode de fonctionnement   « monarchique »  Le gars est né Roi , et il a été nommé à ce poste non pas à cause de ses compétences mais à cause de sa filiation  .   Manifestement il n’avait pas le niveau , je crois que c’est le moins que l’on puisse dire .

Après sa fuite a Varennes  le Roi aurait du se tenir à carreau …

Le 13 août il est enfermé avec sa famille dans la forteresse médiévale du Temple, où il a un train de vie de petit bourgeois (rien à voir avec une prison ordinaire).
Encore une forteresse qui sera démolie à cause de la Révolution ,plus exactement parce que Napoléon n’appréciait pas que des Royalistes des pèlerinages parce qu’elle fut pendant 3 ans habitée par leur ex Roi ..    Dommage encore une fois qu’un château du moyen age , qui plus est situé dans la capitale est disparu à jamais .


_________________

46 Re: Révolution Française le Mar 4 Nov 2014 - 3:45

Sudena

avatar
La fin du mois d'août 1792 est à la fois d'une importance capitale pour la suite de la Révolution et une période généralement très méconnue, pauvre en événements "clinquants"...
Ca commence par la désertion massive de nombreux officiers nobles: certains passent carrément à l'ennemi, d'autres se rendent et refusent de se battre comme c'est le cas d'un protagoniste qui tire sa révérence: de la Fayette. Incapable d'accepter de se battre pour un pays qui a détrôné un roi il se rend aux prussiens avec son Etat Major et il est immédiatement fait prisonnier: on ne le reverra plus pendant longtemps et il ne tiendra plus aucun rôle majeur avant la Restauration...
Ces désertions permettent aux prussiens d'envahir la France: le nord est saccagé et Longouy tombe rapidement, ce qui énerve de plus en plus Marat et ses partisans aux Cordeliers, qui réclament de plus en plus la tête des traîtres de l'intérieur. Danton est de cet avis lui aussi: il ordonne l'arrestation préventive de cent mille suspects dans toute la France. De même il impose au Conseil de rester à Paris. Il justifie tout ceci par cette phrase mythique: "Il faut montrer de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace, et la France est sauvée!"
La France? Elle est envahie de plus en plus, Paris est menacé et à la fin du mois la nouvelle arrive: Verdun est tombé!.. Paris est survolté, Paris est en colère, Paris bouillonne d'une violence qui inquiète même Marat. Aussi ses appels à la violence se font plus rares, moins véhéments: l'Ami du Peuple sait ce que signifie un peuple déchaîné: la suite va donner sinistrement corps à ses craintes...

Une affaire néanmoins est arrivée qui aurait dû défrayer la chronique de tous les spécialistes de la période et sur laquelle un étrange silence est tombé depuis tout ce temps: l'affaire du vol des bijoux des Tuileries. Que s'est-il passé? eh bien voilà: des cambrioleurs ont pendant trois jours scié les barreaux des fenêtres de ce château pourtant très bien gardé, en montant en rappel sur les façades s'il vous plait. Aucun garde n'a rien entendu... La troisième nuit ils ont pénétré dans le château, ont volé des kilos de bijoux ayant appartenu au roi et ont fait ripaille jusqu'à l'aube sans que personne n'ait rien remarqué. Chose encore plus curieuse: il n'a fallu que deux jours pour les arrêter... Ils ont été ensuite envoyé dans diverses prisons de Paris mais la quasi-totalité de leur butin avait disparu. Nul ne sait ce qu'il est devenu mais souvenez-vous des prisons parisiennes, des gardes aveugles et sourds...et du nom du ministre de la justice de cette époque. Nous y reviendrons dans très peu de temps...

Pour l'heure nous arrivons au mois de septembre. Septembre 1792! LE mois de la Révolution! son plus grand symbole, son plus terrible et son plus exaltant! Le mois de tous les paradoxes: les flots de sang, la cruauté, la gloire et la générosité extraordinaire de cette période: toute la Révolution portée à son paroxysme s'est déployée dans ces derniers jours d'été. Vous êtes prêts à commencer? Que les âmes sensibles détournent leur prude regard car le début fut le plus horrible moment de toute la Révolution...

47 Re: Révolution Française le Sam 15 Nov 2014 - 23:59

Sudena

avatar
Le 2 septembre la prison de l'Abbaye est envahie par quelques patriotes surexcités par les événements militaires. Un tribunal factice présidé par Maillard (un des héros de la Bastille) juge rapidement les responsables d'un prétendu "complot des prisons" que personne n'a jamais prouvé... Ceux qui sont désignés coupables sont rapidement exécutés. C'est le début des "Massacres de Septembre"... Pendant cinq jours de folie des parisiens vons envahir les prisons, parfois juger sommairement les prétendus comploteurs, puis les exécuter sans pitié. L'horreur devient rapidement absolue: les gardiens qui tentent de s'opposer sont embrochés sans pitié. Faute d'armes assez nombreuses on balance parfois les malheureuses victimes du toit, ou alors on les tue en les projetant tête la première contre les murs. Sur le seul parvis du couvent des Carmes (envahi le 2 septembre) plus d'une cinquantaine de prêtres réfractaires sont passés par les armes. La prison du Châtelet, celle de la Salpêtrière, celle de la Conciergerie, celle de la Force (qui sera seule occuppée jusqu'au soir du 6), celle du Grand-Châtelet, celle de Bicêtre sont à leur tour envahies et leurs prisonniers massacrés avec une sauvagerie effroyable... Parmi les massacreurs célèbres on trouve Fournier (un autre héros de la Bastille) et surtout Hébert et le général Santerre. C'est Hébert qui fait, le 3 septembre, exécuter la princesse de Lamballe dont le tête est ensuite mise à bout de pique et amenée sous les fenêtres du Temple pour être présentée à Marie-Antoinette (qui s'évanouira avant même de la voir). Les massacres se calment vers le 5 et s'arrêtent définitivement au soir du 6. Le nombre de victimes reste aujourd'hui très incertain mais on peut l'évaluer à probablement près de cinq mille rien qu'à Paris.
Pourquoi ces massacres? Marat évoqua (non sans raison) la situation militaire pour les justifier (quoique, contrairement à ce qui est généralement dit, il n'en ait nullement été l'instigateur et qu'il ne les approuva pas!) mais cette explication parait insuffisante: pourquoi à ce moment-là précisément et pourquoi ces gens-là?

Pourquoi ces gens-là? me demandez-vous. Parce-que ce n'était pas une émeute populaire qui se répandit partout dans la capitale?.. Eh bien non! Les massacreurs étaient au total quelques dizaines (deux cent grand grand maximum) et on savait très bien qui ils étaient. Le fait qu'ils n'aient subi aucune poursuite judiciaire est déjà très suspect et tend à impliquer fortement Danton dans cette histoire mais il y a autre-chose...
Vous vous souvenez du vol des bijoux royaux aux Tuileries? Eh bien sachez une chose de bizarre... D'abord qu'il est faux de dire que les massacres furent fait totalement à l'aveuglette: si la princese de Lamballe fut effectivement la seule victime "célèbre" les victimes furent à près de 90% des hommes: les femmes étaient généralement épargnées. Mais surtout les voleurs des Tuileries furent parmi les toutes premières victimes: la littérature policière a depuis longtemps pointé cette dissimulation du crime qui "compte" dans une série. Or qui avait intérêt à ce que ces voleurs furent tués et ainsi réduits au silence? Peut-être l'homme qui avait le plus de pouvoir à l'époque: celui qui s'est arrangé pour couvrir les massacres et qui pouvait parfaitement en ordonner certains, celui qui s'est enrichi comme pas autorisé (et qui a enrichi ses meilleurs amis dans le même mouvement) pendant cette période: Georges Jacques Danton... Il est d'ailleurs surprenant que juste après il ait nommé ambasadeur en Angleterre un homme déjà connu pour sa vénalité: Charles Maurice de Talleyrand Périgord...

Quoi qu'il en soit les Massacres de Septembre furent l'épisode le plus sanglant et les plus impardonable de la Révolution: ils nourirent pendant des années (sinon des décennies) les peurs des hommes politiques, et leurs conséquences furent à l'origine du futur affrontement très rapidement haineux entre les deux partis rivaux de la nouvelle assemblée gouvernementale. Mais comme la France n'est décidément pas un pays comme les autres la fin du mois fut comme un miroir à son début: à l'obscurité la plus totale succéda la lumière la plus divine...

48 Re: Révolution Française le Sam 29 Nov 2014 - 16:27

Sudena

avatar
L'armée prussienne qui pénètre en France et dont l'avancée semble irrésistible n'est néanmoins pas tout à fait aussi bien en point qu'elle ne le laisse paraître... En-effet l'accueil des français n'est pas à la hauteur des attentes de Brunswick: les populations du nord sont froides, peu enclines à aider, et _chose inouïe!_ elles n'apprécient pas du tout d'être pillées, soumises à des meurtres sommaires et des viols en série. On est loin de l'enthousiasme que les nobles français émigrés prévoyaient à la vue de l'armée qui va rétablir le roi sur son trône: le peuple de France semble s'être fait à l'idée de la Révolution et préférer cette République à un roi sous tutelle étrangère... Mais il y a plus grave encore que cet accueil très "révolutionnaire" qui oblige de sécuriser la ligne de ravitaillement et conséquemment à laisser des effectifs sur place: la dysenterie ravage les troupes ce qui affaiblit le moral déjà bas des soldats. Déjà bas dis-je car les français commencent à tirer des leçons de leurs défaites: les soldats sont un peu plus disciplinés et les chefs, un peu plus respectés, commencent à avoir un coup d'œil certain. De plus les armes commencent à arriver côté français, particulièrement l'artillerie qui se regroupe. Brunswick continue à avancer mais c'est plus lent, plus poussif, et les mouvement des troupes françaises commencent à l'inquiéter quelque peu...
Car les généraux Dumouriez et Kellermann se sont concertés et ils ont vu qu'à part quelques places fortes les prussiens progressent "à vue" et n'ont pas pensé sérieusement à consolider leurs arrières. Les deux généraux conviennent d'une manœuvre synchronisée pour menacer la ligne de ravitaillement ennemie. Mais Dumouriez a quelques difficultés à rassembler ses troupes et il se dirige trop au nord; aussi seul Kellermann est en ordre de marche quand il contourne l'armée prussienne et menace ses arrières. Le 19 septembre, Brunswick s'arrête: le risque de se faire surprendre pendant une marche est trop élevé et il choisit d'accepter une bataille "à front renversé" (c'est à dire que les prussiens tourneront le dos à Paris et que les français se trouveront entre eux et leurs arrières) pour le lendemain. Les positions sont favorables à Kellermann qui a réussi à prendre position sur les hauteurs, près du moulin de Valmy...
Le 20 septembre le canon retentit: la bataille de Valmy a commencé. Les français, supérieurs en nombre et en canons, déclenchent les hostilités. Les prussiens répliquent. Il doit y avoir une centaine de morts côté prussien, pareil côté français. La canonnade s'éternise, les prussiens s'aperçoivent que les français ne lâcheront pas. Brunswick décide de lancer son infanterie. Kellermann met alors son chapeau sur son sabre dégainé et passe en revue ses troupes en criant "Vive la nation!" Les prussiens sont surpris et décontenancés, leur charge ne fait qu'une cinquantaine de morts supplémentaires et eux mêmes perdent une vingtaine d'hommes. Brunswick juge inutile d'insister: c'est gagné!

"Fausse bataille!" arguent les pisse-froid amers. C'est vrai que la bataille de Valmy n'a rien, en soi, de spectaculaire: elle s'est résumée pour l'essentiel à une canonnade. Mais qu'importe. Car la victoire, elle, est réelle! Tellement réelle que lorsque Brunswick demande à l'écrivain Goethe, présent sur les lieux, ce qu'il pense de cette bataille, ce-dernier répondra qu'une page d'Histoire s'est tournée. L'armée républicaine vient de remporter sa première victoire! Et le lendemain les députés de la Convention apprennent la nouvelle. "Les députés de la Convention??." Oui, car c'est le lendemain, 21 septembre, que la Convention s'est réunie pour la première fois: c'est pas beau le destin quand-même?.. Very Happy

49 Re: Révolution Française le Dim 30 Nov 2014 - 0:05

Sudena

avatar
Le 21 septembre 1792, la Convention Nationale se réunit pour la première fois à la Salle du Manège. Cette assemblée législative a été élue au suffrage universel masculin, mais si l'élection a semblé parfaitement légale un point particulier va être déterminant pour comprendre la suite des événements: il n'y a pas eu de secret du vote. Cette chose était parfaitement courante à cette époque mais quelques résultats s'en sont ressentis, en-particulier dans les villes industrielles où les ouvriers avaient intérêt à voter comme le patron sous peine d'être virés...

La Convention se réunit dans le liesse populaire qui a saisi Paris à l'annonce de la victoire de Valmy: Danton arrive porté en triomphe, Robespierre est également très applaudi, la Marseillaise retentit, les drapeaux tricolores sont partout. La première décision est la plus historique: la Convention Nationale vote à l'unanimité l'abolition de la monarchie! Le lendemain, 22 septembre, la suite logique arrive à-savoir la proclamation de la République! Cette fois ça y est: à l'unanimité, les représentants légaux de la France mettent à bas un système vieux de plus de mille ans et font entrer le pays dans l'erre républicaine. En trois ans le chemin a été vertigineux mais les députés savent qu'il ne s'agit que de mots aussi longtemps que la patrie sera en danger. Oui peut-être mais quels mots!.. Et qui se prolongent le lendemain quand, pour en finir définitivement avec l'Ancien Régime, les députés déclarent que tous les actes officiels doivent désormais dater de l'an I de la République. Ces députés, jeunes pour la plupart, sincères aussi pour la plupart, sont je pense conscients que la tâche qui leur incombe est titanesque. Nourris à la philosophie des Lumières et à l'héroïsme de Rome, ils sont prêts à mourir pour leurs idéaux. Mais quels sont ces idéaux? quels sont ces démons qui s'apprêtent à les faire s'entre-déchirer? d'où leur vient cette force et cette générosité phénoménales qui vont leur permettre de soulever des montagnes et de sauver la France...en s'exposant à des haines vivaces encore aujourd'hui? Pour répondre à ces questions il va maintenant être nécessaire d'ouvrir une parenthèse pour détailler un peu cette Convention Nationale, ses partis, ses divisions, ses acteurs. Car certains se tiennent dans l'ombre et s'apprêtent à entrer en scène de façon fracassante...et grandiose.

50 Re: Révolution Française le Dim 30 Nov 2014 - 21:20

Snow Globe

avatar
L'armée républicaine vient de remporter sa première victoire! Et le lendemain les députés de la Convention apprennent la nouvelle. "Les députés de la Convention??." Oui, car c'est le lendemain, 21 septembre, que la Convention s'est réunie pour la première fois: c'est pas beau le destin quand-même?.. Very Happy
C’est en effet très curieux , une syncronicité à la Lost en somme ! Laughing

Je ne savais pas que al bataille de Valmy c’était résumée pratiquement qu’a quelques escarmouches , j’avais imaginé uen vrai bataille . Les souvenirs d’école que j’en avait était que c’était une bataille extrêmement importante qui a fait basculer favorablement le sort de la France . Ca l’est en vérité , mais j’avais imaginé que ce fut une vrai bataille . Au vue de ce que je lis , la défaite des Prussiens me parait quand même du à un manque de motivation , plutôt qu’a une véritable déculottée

J’avais volontairement fait un détour en voiture dans une autre vie , pour voir ce fameux moulin de Valmy . Il existe encore ,il est parfaitement conservé et à très belle allure .Je me souviens d’avoir eu un petit moment d’émotion lors de cette découverte .


_________________

51 Re: Révolution Française le Dim 30 Nov 2014 - 23:57

Sudena

avatar
Il y a eu encore mieux dans l'Histoire: le 7 août 1819, la bataille de Boyacá a été une victoire décisive de Bolivar sur les espagnols qui ont été définitivement chassés du Venezuela. Elle a duré en tout et pour tout sept minutes et n'a pas fait plus de cent morts...
En insistant à Valmy, Brunswick se serait exposé à une déroute vu que Dumouriez n'était pas loin: il a préféré renoncer et tenter de défendre ses positions avancées plutôt que de tenter une marche en avant suicidaire. Hélas pour lui les armées républicaines étaient vraiment prêtes à soutenir une campagne à ce moment-là...

Contenu sponsorisé


Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut  Message [Page 2 sur 4]

Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum