Les irréductibles de Lost

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Sur l'air d'"I Will Survive"...

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26 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Lun 22 Juin 2015 - 14:27

Sudena


25 juin après-midi: le groupe E s'apprête à rendre son verdict. Au Parc des Princes la Belgique affronte la Corée du Sud, déjà éliminée, tandis qu'à Geoffroy Guichard les Pays Bas et le Mexique doivent tous les deux se rencontrer avec une obligation de résultat. Car il y a de l'enjeu partout: à Paris les belges doivent gagner et avec le plus d'écart possible pour éviter les mauvaises surprises (plus de deux buts pour être assurés du fait), un nul ou une défaite les éliminant; à Saint-Etienne les hollandais peuvent se contenter d'un nul mais seule la victoire leur garantit la première place, tandis que les mexicains jouent leur va-tout avec une victoire très souhaitable et une possibilité de qualification en cas de non-victoire si les belges ne gagnent pas avec un écart suffisant. Pour les deux équipes la défaite semble interdite bien qu'elle ne soit pas forcément éliminatoire, mais personne ne doute que les belges vont faire le boulot face aux sud-coréens: on s'attend à être passionnés, on le sera...

Les matchs débutent à cent à l'heure, sans round d'observation, et dès la quatrième minute les Pays Bas ouvrent le score sur une frappe croisée de Cocu lancé en profondeur. 1-0! Cette ouverture du score stimule encore plus l'énergie des belges qui dominent outrageusement le début de leur match. 7ème minute: après un corner et une première tête repoussée sur le ligne, Nilis, en embuscade, catapulte le ballon ans les filets coréens: 1-0 et on sent déjà que la qualification se dessine pour les équipe bataves. De fait les belges continuent leur pressing, mais au fil des minutes leur énergie retombe quelque-peu... A Saint-Etienne le match est splendide: loin d'être découragés par l'ouverture du score précoce, les mexicains jouent offensif, essaient de combiner et de se porter sur les buts de Van der Sar. Mais ces hollandais sont forts, très forts: leur tactique d'accélération sur les côtés fait merveille, leur milieu est divin et les attaquants, Berkamp en tête, ne rechignent pas au boulot défensif... Le match est équilibré, très équilibré, mais on sent les hollandais en confiance: ils n'ont pas abordé ce match en imaginant une seule minute qu'ils puissent être éliminés et leur jeu collectif n'a d'égale que le savoir-faire technique et la volonté des mexicains. 19ème minute: Ronald de Boer, eu milieu de la défense mexicaine, réussit à trouver le trou de souris et à doubler la mise d'une frappe croisée imparable qui touche le poteau avant de rentrer. 2-0: les Pays Bas assurent leur première place...et donnent un sérieux coup de main aux belges. Car à-partir de la vingtième minute, le match de Paris sombre dans les imprécisions et une qualité technique parfois déplorable: la Belgique n'est pas en forme, elle se repose sur son avantage mais tombe dans la routine de façon parfois grossière en ratant des gestes faciles. Doucement les coréens sortent de leur torpeur et tentent de titiller la défense: ils jouent le jeu, leurs efforts sont méritoires et donnent de l'intérêt à un match qui souffre de la comparaison avec un Pays Bas-Mexique toujours de toute beauté: les deux buts hollandais n'ont pas fait baisser d'un iota l'intensité: les mexicains y croient toujours et se créent des occasions avec leur jeu atypique si attachant. La mi-temps est atteinte ainsi: 2-0 pour les Pays Bas face au Mexique, 1-0 pour la Belgique face à la Corée du Sud: on sent bien ce qui va arriver et déjà on regrette ce si beau Mexique et son merveilleux jeu.
La deuxième mi-temps commence sur le même rythme dans les deux stades: ennuyeux à mourir à Paris, génial à Saint-Etienne. Les mexicains ratent parfois d'un cheveu la réduction du score, les hollandais sont eux-aussi à deux doigt de donner à leur victoire des accents de triomphe... Au Parc des Princes en-revanche, le match change quelque peu de physionomie, confirmant en fait une étrange impression qui traine depuis la demi-heure: la Corée du Sud domine, domine réellement, ce match: elle se crée des occasions, elle attaque, et les belges restent d'une impressionnante apathie: pour eux leur part du boulot est faite, les hollandais s'étant chargés du reste. Mais la fin des matchs va redonner encore des couleurs à ce groupe fou où rien n'est acquis d'avance... Ca commence par un coup de tonnerre: 72ème minute, coup franc excentré de Ha Seok Ju repris au deuxième poteau par le capitaine Yoo San Chu en extension qui égalise! 1-1: mérité! Et trois minutes plus tard, à Saint-Etienne, corner de Villa, tête croisée de Pelaez dont le rebond trompe Van der Sar: le Mexique réduit le score! 2-1 et la chose incroyable est en train de se passer: à cet instant la Belgique est éliminée. Les belges doivent pousser! mais ils sont amorphes, incapables d'enchainer correctement et de penser une action collectivement: les coréens sont à deux doigts de prendre l'avantage sur des contres!.. Sauf que dans le même temps les mexicains, eux, jouent le jeu jusqu'au bout: ils savent qu'un nul a désormais de grandes chances de les qualifier et ils se disent qu'attendre la contre-performance des autres n'est pas un bon plan. Merveilleux joueurs! Merveilleuse équipe! Merveilleuse tactique que celle 'attaquer sous peine de s'exposer à des contres. Campos, le gardien libéro, annihile deux trois contres dans l'œuf en sortant très loin de sa surface comme il en a l'habitude, les belges essaient d'attaquer mais n'y arrivent pas, l'excès de volonté de Ramirez lui vaut un carton rouge à une minute de la fin, mais les coréens tiennent sans broncher leur demi-exploit. Arrêts de jeu: malgré son infériorité numérique le Mexique essaie toujours d'attaquer, de Wilde est monté dans la surface sud-coréenne sans résultat ni occasion, et au fin fond des arrêts de jeu, à la 95ème minute, le Mexique réussit l'impensable: à la lutte avec deux défenseurs, Hernandez glisse le ballon dans les buts de Van der Sar sur un pointu du gauche en extension: c'est fait! 2-2 score final! Le Mexique est qualifié et ce n'est pas une qualification par défaut mais bien une formidable justice acquise au bout du suspense après avoir été mené 2-0! Les hollandais, eux, fêtent leur première place: dans ce groupe fabuleux ils sont su prouver qu'ils étaient les meilleurs et se placent avec un statut enviable sur la ligne des huitièmes. Les belges sortent par la petite porte, victimes de leur médiocrité et de leur arrogance; les coréens peuvent légitimement être fiers d'eux: éliminés ils ont joué le jeu et ont effacé leur humiliation du précédent match: c'est beau! Ce qui nous donne le classement suivant:



1: Pays Bas
2: Mexique
3: Belgique
4: Corée du Sud

27 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Jeu 10 Sep 2015 - 17:35

Sudena

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Le même soir, le groupe F accoucha de sa conclusion. Etats-Unis-Yougoslavie à Nantes, Allemagne-Iran à Montpellier. Le seul enjeu était la très mince chance de l'Iran de se qualifier en cas de victoire dans un stade de la Mosson où des supporters allemands avaient déployé une grande banderole "Pardon Franckreich" en souvenir des carnages de hooligans. Ce fut bien la seule chose mémorable de ce match ennuyeux à mourir qui vit en deuxième mi-temps les allemands marquer sur deux têtes de leurs attaquants Bierhoff et Klinsmann et s'assurer la première place sur ce score de 2-0: lamentable et à oublier... A défaut de relever le niveau d'un groupe chiant comme la pluie, Etats-Unis-Yougoslavie fut un match regardable sans déplaisir avec une vraie volonté des américains déjà éliminés de sauver l'honneur et des yougoslaves perturbés mais qui jouèrent le jeu ce qui donna un spectacle certes pas grandiose mais à peu près digne. La Yougoslavie ouvrit le score sur une tête dans un angle impossible de Komljenovic dès la troisième minute et le score ne bougea plus: 0-1...allez pour ce groupe c'était du bon boulot. Et c'est ainsi que le plus ennuyeux groupe de la compétition se solda par un classement somme toutes assez attendu:







1: Allemagne

2: Yougoslavie

3: Iran

4: Etats-Unis

28 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Ven 11 Sep 2015 - 15:26

Sudena

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26 juin dans l'après-midi. Les enjeux de cette dernière journée du groupe H sont assez réduits: Japon-Jamaïque à Lyon est le match pour éviter la dernière place, Argentins-Croatie à Bordeaux pour décrocher la première. Le premier match sera agréable, offensif, totalement dominé par les japonais...et finalement gagné à la surprise générale, contre toute logique et contre toute justice, par les jamaïcains sur un doublé de Widmore qui marqua juste avant et juste après la mi-temps. La réduction du score de Nakayama ne changea rien: 1-2 score final, c'était sévère pour les japonais et pas franchement mérité pour des jamaïcains miraculés dont les joueurs n'avaient été qu'un pâle écho à leurs supporters... Heureusement le match de Bordeaux tint, lui, toutes ses promesses malgré le peu d'enjeu et une Argentine un peu remaniée qui domina son sujet, faisant admirer l'étendue de sa technique individuelle et collective. Servi par Gallardo, Pineda marqua le seul but du match sur un magnifique enchaînement contrôle poitrine frappe du gauche. Les croates jouèrent leur chance à fond, touchant la barre par Vlaovic, mais ne parvenant jamais à brider cette Argentine aux multiples possibilités qui eut plusieurs occasions de doubler la mise et qui sut préserver sa cage en fin de match: la Croatie semblait en fait au bout de ses possibilités et de ses idées, ne possédant pas de vrai plan B. Peut-être était-ce dû en partie au manque d'enjeu du match, peut-être aussi aux ressources très nombreuses des argentins qui quittèrent ce premier tour sans avoir encaissé le moindre but. Le niveau était en tout cas relevé, assez pour affirmer que ces deux équipes avaient largement leur place dans ces huitièmes de finale, particulièrement l'Argentine qui s'affirmait comme une prétendante au titre plus que sérieuse... Et c'est ainsi que ce groupe H fut conclu par le classement suivant:


1: Argentine
2: Croatie
3: Jamaïque
4: Japon

29 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Lun 26 Oct 2015 - 19:13

Sudena

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Le même soir le groupe G accouche de son verdict. Roumanie-Tunisie au Stade de France, Colombie-Angleterre à Bollaert, le deuxième match est un seizième de finale qui ne veut pas dire son nom...et on n'a pas le moindre round d'observation. Fait surprenant c'est à Saint-Denis que ça part le plus fort: les roumains, teints en blond pour l'occasion, sont surpris par l'entame de match tunisienne, des Aigles de Carthage qui se créent rapidement une première occasion avant d'obtenir un pénalty à la dixième, transformé par Souhaya. Mais du côté de Lens ça part tout aussi fort et c'est l'Angleterre qui régale. Vexés par leur défaite lors du match précédent, les anglais donnent un récital d'engagement et se montrent enfin à l'aise techniquement, sous l'égide du jeune Beckham, chéri de ces dames, qui est partout sur le terrain et brille de mille feux. Un autre joueur, plus discret, qui écrase les colombiens, est Tony Adams, le défenseur qui étouffe Preciado et qui rend vain le travail de Valderama. A la vingtième minute, le tout aussi précieux Darren Anderton ouvre le score sur une frappe splendide en pleine lucarne dans un angle fermé: 0-1. Le match est splendide mais tourne à la démonstration de force... A la demi-heure, Beckham, d'un maître coup-franc, double la mise. Pendant ce temps à Saint-Denis, la Roumanie a laissé passer l'orage et se montre de plus en plus dangereuse, sans succès jusqu'à la mi-temps, ce qui donne pour l'instant la première place à l'Angleterre. La deuxième mi-temps est du même acabit: le match de Lens est sublime et l'Angleterre manque d'un rien de marquer un ou deux buts de plus. Malgré une résistance et une volonté admirables les colombiens s'éteignent: ils n'avaient pas leur place en huitième. A Saint-Denis il faut attendre la 72ème pour que la Roumanie égalise sur une action confuse conclue par une volée de Moldovan le futur nantais: 1-1, mérité. Les roumains, comme les anglais, auraient pu prétendre à mieux en fin de match mais le résultat d'un groupe qui nous aura régalé sans faire de bruit reflète la logique sportive la plus pure:


1: Roumanie
2: Angleterre
3: Colombie
4: Tunisie

30 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Dim 31 Jan 2016 - 22:27

Sudena

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27 juin. Il fait chaud, très chaud, sur Marseille au moment d'ouvrir les matchs à élimination diracte. Italie-Norvège pour commencer. Après leur exploit face au Brésil les norvégiens rêvent légitimement d'un autre exploit dans le même lieu... Mais face à l'Italie on voit mal coment ils pourraient jouer l'attaque à tout va, tactique qu'ils adopté avec de surprenants résultats depuis quelques mois mais qui d'une part ne leur est pas naturelle et d'autre part conviendrait parfaitement à la solidissime Squdra Azzura. En fait les deux équipes se ressemblent: tactiques, défensives, vaillantes et intelligentes, elles proposent un bloc compact très impliqué mais sans fantaisie, avec un attaquant de pointe vedette qui doit supporter presque à lui tout seul le jeu offensif. Sur ce point l'Italie semble avoir un avantage: Vieri est toujours bien aidé par Del Piero, ses milieux peuvent se montrer polyvalents, tandis que la Norvège doit compter quasiment sur le seul Flo, Solskjaer étant sur le banc, fortement diminué par sa blessure. On attend un match défensif sinon soporifique avec une Italie favorite tant elle parait plus forte dans tous les domaines... Et le début confirme les pronostics: les italiens prennent le match à leur compte, profitant d'une maîtrise technique supérieure, mais les deux équipes sont excessivment prudentes et semblent guetter la faille plus que chercher à la provoquer. Tactiquement c'est envoûtant, techniquement et physiquement c'est tout à fait corrects, mais que le rythme est lent!.. Vers le quart d'heure les norvégiens se portent un peu plus à l'attaque et Flo se crée une occasion sur une frappe lointaine bien repoussée par Pagliuca. S'ensuit une période de domination nordique...brutalement interrompue par une contre-attaque fulgurante à la dix huitième minute où Vieri est trouvé dans l'intervalle et croise parfaitement sa frappe. 1-0: l'Italie a réussi à piéger son adversaire. Une fois. Mais dans ce type de match c'est souvent la bonne... La fin de la première mi-temps est maîtrisée souvent dominée par l'Italie. Vieri se crée une énorme occasion suite à un cafouillage sur corner, mais rien ne bouge.

En deuxième mi-temps, l'Italie tente de faire rapidement le break sans succès. Les norvégiens savent que le match leur échappe: ils tentent alors de le dominer sans pour autant commettre une autre erreur de distraction qui leur à coûté si cher en première mi-temps. Et à moins de vingt minutes de la fin ça marche! Mikhland centre et Tore Andre Flo, parfaitement placé, fait une tête magistrale qui...non! Qui n'égalise pas! Car Pagliuca réalise le plus bel arrêt du mondial: un réflexe dans le soupirail qui bloque le ballon. C'est fini. Les norvégiens ont laissé passer leur chance: ils ne se créeront plus une seule occasion. L'Italie, sereine, tranquille, dégage une impression d'invincibilité aussi agaçante que subjugante. Et ce match se termine exactement comme prévu au départ: 1-0 pour l'Italie après une rencontre fermée, austère mais irréprochable sur le plan tactico-physique. La Norvège quitte sans honte ce mondial qu'elle a marqué par sa qualification surprise et son honnêteté avec elle-même: elle ne s'est jamais prise pour ce qu'elle n'était pas et a été vaincue simplement par plus fort qu'elle...

31 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Mer 1 Juin 2016 - 3:40

Sudena

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Même soir, Parc des Princes. L'affrontement entre le Brésil et le Chili est le seul huitième de finale totalement sud-américain et s'annonce comme le miroir du précédent avec deux équipes connues pour leur jeu offensif et agréable. Sur le papier les chiliens n'ont aucune chance mais ils ont su sortir d'un groupe difficile invaincus et ils ont manqué d'un rien de battre l'Italie. Du côté brésilien la défaite face à la Norvège a été vécue comme une bonne piqure de rappel malgré l'absence d'enjeu: on sent que cette équipe va se faire un devoir de dérouler un football de rêve face à un adversaire qui, malgré sa vaillance, semble limité dans toutes ses lignes... Et le début du match déjoue totalement les pronostics: les chiliens ne laissent pas leur part aux chiens, prennent le jeu à leur compte et dominent leurs adversaires! Devant, Zamorano est en grande forme et Salas semble prêt à guetter la moindre occasion. Comme prévu le match est aux antipodes de celui de Marseille: ça joue vite, ça joue rythmé, ça joue offensif, ça s'accorde avec les couleurs chaudes et vives des maillots... Mais les brésiliens inquiètent réellement: ils sont surpris par le rythme, amorphes, dominés au milieu, et il leur faut attendre dix bonnes minutes pour se procurer une occasion sur un coup franc excentré de Dunga. Et c'est la bonne! Seul aux six mètres, César Sampaio place une tête imparable et crucifie le Chili. A 1-0 contre le cours du jeu, les chiliens ne changent rien: ils continuent d'attaquer et font des efforts méritoire pour tenter d'égaliser. Seulement on a l'impression que ce but a réveillé les brésiliens qui essaient petit à petit de mettre leur patte sur le match. C'est encore timoré, c'est inhabituellement fragile techniquement mais ça commence à se voir. De plus on sent que Ronaldo en a marre de se faire faire de l'ombre par son ami Zamorano... Vingt septième minute, bon coup franc pour Roberto Carlos: sa frappe raz de terre très puissante est contrée plusieurs fois et revient dans les pieds de César Sampaio qui, à l'entrée de la surface de réparation, prend Tapia à contre-pied et signe son doublé. 2-0! Ce n'est pas franchement la plus belle mi-temps de tout le mondial mais les brésiliens sont vraiment bluffants d'efficacité... Et ça continue! A juste avant la mi-temps Ronaldo est crocheté par Tapia dans la surface de réparation. Il tire lui même le pénalty et le transforme bien que Tapia ait touché le ballon. 3-0! Et le pire c'est qu'on n'a pas l'impression que le Chili a été particulièrement dominé...

La deuxième mi-temps reprend et là, changement de décor! Le Brésil redevient le Brésil et donne son plus beau récital depuis le début du mondial: ça joue de partout, ça accélère de partout, c'est un festival de passes redoublées, de gestes techniques d'un autre monde: on a l'impression d'être sur une autre planète! Les montées de Leonardo (phénoménal tout au long du match dans ce stade qu'il connait si bien), de Roberto Carlos voire même de Cafu ou de Dunga sont un régal pour les yeux: le Chili est à l'agonie. Sur une action mirifique Ronaldo trouve le poteau. Les occasions s'enchainent, le Brésil est omniscient. Le mérite, l'immense mérité!, des chiliens est de ne jamais renoncer, de toujours tenter de relever le défi et de le faire avec un certain talent qui force le respect... A la soixante neuvième minute ça paie! Salas, à l'origine de l'action sur une talonnade géniale, est encore à la conclusion après que la tête de Zamorano ait été contrée par Taffarel. 3-1: pendant deux minutes les chiliens y croient, poussent avec une énergie magnifique, mais la réponse brésilienne est cinglante!.. Une contre-attaque parfaitement menée permet à Rivaldo de décaler Ronaldo qui d'une frappe croisée, tue le dernier suspense: 4 à 1: la Brésil était décidément trop fort pour le chili. Ronaldo aurait même pu signer son triplé sur un centre parfait de Roberto Carlos, mais la barre en décida autrement et, derrière, Leonardo croisa légèrement trop sa frappe ce qui le priva d'un but qui aurait récompensé ses efforts. Mais ça aurait été dur pour le Chili qui, à 4 à 1, quitta la compétition sur une lourde défaite mais la tête haute: les chiliens n'ont jamais démérité, ils ont toujours été dignes et n'ont pas chougné dans la défaite (les images de la fin du match sont parlantes mais démontrent peut-être un peu trop de bonne humeur: les chiliens sont-ils vraiment entrés sur le terrain avec la ferme intention de gagner? il est permis d'en douter...). Salas a marqué quatre buts et démontré, comme Zamorano, une volonté et un talent de tous les instants. Le Brésil, réaliste en première mi-temps, irrésistible en deuxième, a parfaitement réagi après sa défaite et regarde l'avenir très confiant: cette génération est sa meilleure de la décennie et il faut remonter à la grande équipe du début des années '80 pour trouver trace d'une pareille aisance technique...

32 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Mar 5 Juil 2016 - 23:12

Sudena

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28 juin, Lens, stade Félix Bollaert. Toute la France attend avec impatience son équipe au tournant des matchs à élimination directe. Quoique sorti du "groupe de la mort", le Paraguay a été discret jusque là. Trop discret... Il fait très chaud dans le Nord, le soleil est au rendez-vous, le public lensois est de bonne humeur, Fabien Barthez fête ses vingt sept ans: personne n'imagine que l'aventure puisse s'arrêter là...
Ce sont pourtant les paraguayens qui, paradoxalement, lancent les premières attaques: le temps pour Barthez de se faire quelque peu peur avec ce soleil aveuglant puis de se rattraper sur une prise aérienne parfaite, et les Bleus prennent le match en mains avec un pressing haut et une nette supériorité technique au milieu. Seulement voilà: les paraguayens sont très bien placés en défense et dans les buts, Jose Luiz Chilavert harangue et joue la montre à fond dès qu'il le peut (bien que cette attitude lui vaille un carton jeune précoce pour comportement anti-sportif). Aux environs du quart d'heure, tout s'accélère: les Bleus se créent trois occasions quasiment coup sur coup: une frappe "surprise" de Trézéguet dans le petit filet, un tir brossé de Diomède sorti du bout des gants par Chilavert, une merveilleuse frappe enroulée de Djorkaeff (excellent en l'absence de Zidane) juste à-côté. Le Paraguay échappe au pire...et c'est précisément ce qu'ils attendaient. Le match haché, tendu, très engagé: passionnant à suivre. On ne s'ennuie pas une seconde. Sur une montée sur corner, Laurent Blanc se voit à tort signalé hors-jeu alors qu'il allait offrir le but tout cuit à Trézéguet. Henry se donne beaucoup, il est de toutes les bagarres (au sens sportif s'entend) mais Diomède déçoit: au fil du match, il s'éteint complètement. Et malgré les montées de Deschamps et leur domination totale, les Bleus doivent faire très attention à ces paraguayens qui sont prêts à surgir comme des diables. Un contre fulgurant surprend Thuram et Desailly mais Barthez, parfaitement placé, stoppe la frappe de Cardozo: c'est le moment où le Paraguay presse...et soudain Lisarazu, tacle Benitez et offre un contre imparable à Henry qui voit son tir repoussé par le poteau! Catastrophe! L'ouverture avait été trouvée... La mi-temps est atteinte et les chants commencent à s'étouffer: les Bleus sont marqués, les Bleus n'ont pas marqué mais surtout, ça se ressent, les Bleus sont inquiets...
Alors ils réattaquent en trombe! Mais le Paraguay tient bon, jouant probablement l'un des meilleurs matchs de son histoire: Chilavert est en fait peu sollicité: les défenseurs font des merveilles à l'image d'Acuna et du milieu Gamarra lequel, sur un coup franc d'Arce, manque de crucifier les français... Le mach rentre alors dans une autre dimension: l'intensité dramatique s'intensifie de plus en plus, particulièrement après l'heure de jeu. Henry, blessé, doit sortir, Diomède aussi (remplacés par Pirès et Guivarc'h qui tentent à leur tour de secouer la défense paraguayenne). Petit, monstrueux, s'épuise: il est remplacé par Boghossian qui apporte un nouveau plus offensif. Mais, derrière, heureusement que les défenseurs assurent le travail, en particulier Blanc, car les ud-américains sont tout sauf inoffensifs... Le match est une attaque-défense grandiose et pathétique: Djorkaeff se multiplie à tous les coins du terrain mais il est pris par jusqu'à quatre défenseurs et ses prouesses techniques ne payent pas, pas même sur une superbe frappe lointaine détournée de justesse Ayala. Sur un centre de Pirès, Gamara touche le ballon du bras: involontaire selon l'arbitre qui ne siffle pas pénalty. et dès que les Bleus prennent à revers la défense il faut encore passer l'obstacle Chilavert... Pirès essaie, sans succès. Trézéguet aussi qui, lui, réussit, et glisse parfaitement le ballon, non!!! juste à-côté... le match s'écoule, le Paraguay sent l'exploit: c'est terminé: 0-0, prolongation...
Le système de la "mort subite" (un but et le mach est terminé) ne fait pas l'unanimité mais dans ce cas il nous fait encore plus peur. Car le Paraguay attaque le premier et Barthez est vigilent au moment d'accompagner à-côté de ses buts une frappe du dantesque Acuna. Les français sont dans l'urgence: ils redoutent encore plus que la mort subite la mort lente des tirs au but que Chilavert a promis avant le match. Centième minute: coup-franc parfaitement placé pour Djorkaeff. Sa frappe est quasiment parfaite, à peine déviée par le mur...et Chilavert réussit une nouvelle fois l'exploit de la détourner. 0-0 après le premier quart d'heure.
Le plus grand mérite des Bleus épuisés est peut-être de continuer à attaquer, d'espérer sans faiblir que ça finira par payer. Boghossian est devenu un attaquant et Blanc, tout de rage, s'est reconverti milieu offensif. Mais ça ne paye toujours pas... Cent quatorzième minute: un ballon haut de Boghossian est mal repoussé par un Gamarra éreinté, récupéré par Pirès qui navigue dans la surface, donne un ballon piqué pour Trézéguez qui, avec une lucidité hallucinante, se contente de dévier la balle pour Laurent Blanc lancé qui fusille Chilavert: c'est gagné!!! Après un match hallucinant et une prolongation dingue, la France se sort de l'enfer! 1-0, les paraguayens sont effondrés mais ils quittent ce mondial tête très haute, vaincus par plus talentueux mais surtout plus acharnés et "têtus" qu'eux: la morale sportive a triomphé. Messieurs: MERCI!


France-Paraguay fait partie de ces matchs dont je me souviens encore aujourd'hui où j'étais, ce que j'ai ressenti: d'abord excédé par Chilavert, puis surexcité et de plus en plus en proie au doute, je me souviens de l'endroit précis où je me trouvais lors du but de Laurent Blanc, les premiers gestes d'exultation, les odeurs que j'ai senties. Je sais même (et promis je ne l'ai pas revérifié ni calculé) que c'était un mercredi: qui a dit que le sport n'est pas facteur de merveilleux souvenirs (et c'était loin d'être fini)?..

33 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Ven 31 Mar 2017 - 5:14

Sudena

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Même soir, Stade de France: Nigéria-Danemark est sur le papier le huitième de finale le plus déséquilibré de la compétition (si on excepte le Brésil-Chili de la veille). Le Nigéria, sorti premier du "groupe de la mort", a montré durant cette compétition tout son savoir-faire technique doublé d'une puissance physique remarquable. Les tensions d'avant-mondial ont été balayées par l'entente sur le terrain avec des joueurs étincelants individuellement et qui sont _alors que c'était là la principale réserve émise_ parfaitement capables de jouer ensemble. Côté danois, l'équipe est certes rigoureuse, semble posséder un certain savoir-faire technique, mais dépend trop du rendement des frères Laudrup et n'a montré qu'en première mi-temps face à l'Afrique du Sud un sens du jeu et une intelligence situationnelle constante. On espère néanmoins un match spectaculaire car Milutinovic a pointé du doigt la faiblesse de son équipe: une défense quelque-peu élastique et une tendance à mal débuter les matchs. Au programme donc: des buts, des attaques, de la technique, un dernier baroud d'honneur des frères Laudrup mais un match néanmoins déséquilibré. On aura tout ça et même plus...et pourtant on est à cent lieues d'imaginer ce qui va se passer...

Dès le coup d'envoi les danois tentent de prendre le terrain. Un peu à la surprise générale ils n'attendent pas leurs adversaires et quelque-chose dans leurs passes semble plus "assuré", plus déterminé, que ce à quoi ils nous avaient habitué. Et ça paye très vite! dès la troisième minute une longue ouverture en diagonale trouve Michael Laudrup qui, d'un splendide extérieur du gauche en retrait trouve Moller à l'entrée de la surface. Sans contrôle, celui-ci enchaîne d'un autre splendide extérieur du gauche au raz du poteau de Rufai: 0-1. Magnifique! Et ça continue exactement sur le même rythme: les danois régalent, produisant un football de rêve avec un placement collectif proprement génial: ils étouffent des nigérians déboussolés qui sont réduits à attendre que l'orage passe... Okocha semble néanmoins dans un bon jour et accélère deux trois fois, sans danger pour la défense viking, du moins pour le moment. Le jeu s'est un peu rééquilibré mais il reste dominé par les danois qui obtiennent un bon coup franc à vingt mètres des buts alors que nous jouons depuis seulement onze minutes. Moller envoie une frappe surpuissante que Rufai repousse...mais le seul qui suit l'action, c'est un danois et pas n'importe lequel: Brian Laudrup himself qui crucifie le pauvre gardien nigérian et double la mise! 0-2 et c'est tout à fait mérité! Sur le renvoi Finidi frappe aux vingt mètres et contraint Schmeichel à un bel arrêt. Cette frappe annonce la révolte du Nigéria: vexés par ce départ catastrophique les africains mettent le pied sur le ballon et font admirer l'étendue de leur supériorité technique. Come surpris par ce départ trop beau, le Danemark se replie en défense et s'offre ainsi aux accélérations de son adversaire, en particulier Okocha qui étincelle de mille feux et met au supplice les défenseurs par ses feintes d'extraterrestre. Mais il n'y a pas grand-monde au centre où les défenseurs danois relèvent et dominent le défi physique. Et quand le Nigéria tente des frappes lointaines le cadre se dérobe... Le match est superbe, vivant comme pas autorisé, et on sent que l'avantage du Danemark est loin d'être irréversible. Seulement force est de reconnaitre que les occasions ne sont pas légions: il y en a bien quelques unes, et encore plus de situations potentiellement dangereuses, mais on ne sent que très rarement les danois sur le point de craquer. Et juste avant la mi-temps c'est le Danemark qui se crée une superbe occasion sur un contre conclu par Moller dont la frappe est bien stoppée par Rufai. Et on se rend compte que les occasions de creuser l'écart ont été presque aussi nombreuses que celles de le réduire...
La deuxième mi-temps repart avec des nigérians décidés à attaquer de façon plus collective et à étouffer les danois jusqu'à ce qu'ils craquent! Le problème, c'est que les danois ont profité eux aussi de la mi-temps pour se dire que l'exploit est à leur portée et que reculer face à des artistes dont le danger peut venir de partout n'est pas franchement une bonne idée... Aussi est-ce à un superbe affrontement collectif que nous assistons au sortir des vestiaires...sauf qu'il ne dure même pas dix minutes, et que nous voyons, estomaqués, les nigérians se faire proprement écraser! Parti sur l'aile droite, Brian Laudrup adresse une merveille de centre-tir lobé qui mystifie complètement Rufai qui est sauvé par sa transversale! A part Okocha les nigérians ne savent plus où donner de la tête: le Danemark archi-domine, donne un récital merveilleux qui enchante les esthètes et les chantres du football collectif où chacun met son talent au service de l'équipe sans se prendre pour meilleur qu'il ne l'est. Et le banc dans tout ça? c'est encore mieux: à la cinquante huitième minute, Sand remplace Moller. Sur la touche qui suit Michael Laudrup lui adresse une merveille de petite louche en profondeur qu'il contrôle en pleine course avant de dribler en l'air Taribo West et de crucifier Rufai au raz du poteau: 0-3: du bonheur! Okocha tente une dernière prouesse technique mais sans succès: le Nigéria se perd corps et bien et on se rend compte que face à un collectif intelligent et déterminé cet asemblege de talents était néanmoins très friable psychologiquement. A moins d'un quart d'heure de la fin, alors qu'il n'y a plus qu'une équipe sur le terrain, une autre action d'école permet à Helveg de clouer définitivement au pilori les nigérians, lesquels réagissent pourtant sur le renvoi avec un but de Babangida dont la volée ratée a surpris Schmeichel. 1-4: les africains essaient de sauver l'honneur face à une défense en roue libre depuis plusieurs minutes, mais là où le Danemark impressionne vraiment tout le monde, c'est qu'il ne se laisse pas faire, joue le jeu jusqu'au bout, se créant deux fois plus d'occasions deux fois plus nettes que son adversaire et étant même privé d'un pénalty flagrant. Qu'importe: 1-4 score final, la fessée est terrible pour le Nigéria, d'autant plus que le score n'est même pas sévère: les danois auraient pu marquer un ou deux buts de plus que ça n'aurait été que le strict reflet de sa supériorité. On attendait un match déséquilibré? On l'a eu...mais pas dans le sens qu'on croyait: ces vikings ont ébloui le monde entier et impressionné absolument tous les spécialistes: face à une équipe aussi complète le Brésil aura une opposition très sérieuse: les auriverde sont prévenus. Mais quelle sensation et quelle beauté que ce match! une merveille de A à Z, des occasions, des buts, une technique collective grandiose, un résultat moral, complètement imprévu mais totalement mérité. Oui: le Danemark est de retour au premier plan! Et oui: il peut parfaitement être champion du monde!..

34 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Jeu 11 Mai 2017 - 17:00

Sudena

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29 juin, Montpellier, stade de la Mosson. Un match des plus intéressants ou du moins des plus intrigants est au programme: Allemagne-Mexique. Les puissants allemands, forts de leur moral d'acier, de leur masse musculaire et de leur expérience vont devoir affronter le très attachant Mexique au jeu excentrique et à l'état d'esprit remarquable qui a réussi à tenir la Hollande en échec au premier tour... Les pronostics sont largement en faveur des allemands mais il se dit que ces-derniers ne sont pas à l'abri d'un piège... Le début du match est équilibré et actif: dans la chaleur étouffante de ce beau jour d'été les allemands essaient de s'accaparer le milieu et de presser assez haut, mais les mexicains ne s'en laissent pas compter et lancent les premières offensives, sous la houlette d'un Blanco encore en super-forme qui tente une nouvelle fois son dribble fou ballon coincé entre les pieds et sautant entre deux défenseurs (hélas il perdra le ballon faute de soutient). Les allemands lancent aux-aussi leur premières offensives et dominent le match à-partir du quart d'heure, seulement le nombre d'occasions est très équilibré de part et d'autre: Köpke n'est pas le gardien le plus fiable du monde sur les tirs tendus ou flottants mais la puissance et la détermination des allemands contraint Campos à plusieurs sorties loin de son but dont il a le secret. Campos est d'ailleurs le facteur clef de la résistance mexicaine: sa sûreté dans les balles aériennes rassure tout le monde et les allemands ont du mal à passer également Suarez, défenseur au travail de l'ombre mais redoutable et irréprochable depuis le début de la compétition... Il ne faut pas croire que les mexicains sont amorphes: oh que non! Les raids en contre-attaque menés par Garcia-Aspe, Blanco ou Bernal (qui monte en régime après un début de match hésitant) perturbent les solides mais lents défenseurs allemands. Néanmoins les allemands mettent de plus en plus leur patte sur le match et à la trente-neuvième minute ce qui devait arriver arrive: Klinsmann échappe à la vigilance des défenseurs aztèques et fait un centre lobé au-dessus de Campos que Bierhoff conclut tranquillement...non! Sa tête s'écrase sur la barre transversale! Les mexicains ont eu chaud...et ils repartent tout de suite à l'assaut: une merveille de combinaison collective ouvre le but à Palencia et Köpke est obligé de sortir le grand jeu pour arrêter le tir: en deux minutes on a eu l'essentiel de cette première mi-temps résumé. Et les allemands commencent à devenir nerveux: ils sentent que les mexicains sont vraiment venus pour gagner et qu'ils prennent confiance... C'est alors que le match connaît son premier tournant: juste avant la mi-temps le Mexique récupère le ballon près de sa surface et lance la contre-attaque. Hamann, dernier défenseur, pris dans le dos par Hernandez, le descend au niveau de la ligne médiane: l'arbitre siffle...et lui met un simple carton jaune. Les allemands ont eu très chaud car une faute comme celle-ci vaut normalement une expulsion. La mi-temps est sifflée et le 0-0 laisse libre toutes les spéculations: les allemands dominent, certes, ils ont même eu des périodes de domination outrageantes, mais les mexicains n'ont finalement concédé que peu d'occasions nettes et en ont même eu deux ou trois presque aussi dangereuse...

Et la deuxième mi-temps confirme cette impression bizarre: le Mexique prend le jeu à son compte: les défenseurs montent de quelques mètres et Hernandez redescend un peu pour prêter main-forte à ses milieux. Ca met tout de suite la Manchäft mal à l'aise et deux minutes après la reprise Blanco navigue au milieu des défenseurs allemands et sert parfaitement Hernandez, décalé. Le blond mexicain humilie Wörns d'un dribble et croise parfaitement sa frappe dans le petit filet opposé. 0-1! Et on ne peut pas dire que ce soit volé!.. Ce but annonce une période extraordinaire que personne n'avait prédit: les allemands, complètement déboussolés, sont incapables de réagir! Et le Mexique s'en donne à coeur joie! C'est un véritable bonheur que de voir ces mexicains sur un nuage, multipliant les combinaisons léchées, les dribbles d'un autre monde et les situations dangereuses devant le bu de Köpke: Mathaüs est pris, Babbel est humilié, Köpke essaie de surnager mais seul Wörns est en l'état de tenir la baraque!.. Pendant dix minutes les allemands ne sortent pas de leur camp. Sauf qu'ils n'encaissent pas de but et qu'on se dit que dès qu'ils vont sortir ça peut faire mal... Tu parles Charles! Ah oui les allemands finissent par sortir mais derrière ils se trouvent face au problème Suarez qui met complètement les latéraux dans sa poche: pour passer il faut l'éviter...or il est partout! Campos, lui, assure su les longues balles et l'heure de jeu passée le Mexique lance une nouvelle attaque plein champ: Arellano part en contre et frappe sur le poteau! il récupère et centre pour Hernandez seul face au but, mais catastrophe! le centre est un poil trop en retrait et Hernandez n'arrive pas à ajuster sa frappe qui est sauvée par Köpke. Un temps déconcentrés par ce nouveau coup du sort les mexicains oublient Bierhoff qui, fort heureusement, ne cadre pas sa tête. Oui je sais: je suis partisan. Mais je défie quiconque ayant vu ce match de n'avoir pas pris fait et cause pour ce Mexique merveilleux qui, au fil du match, réduit l'Allemagne à l'impuissance par son jeu totalement excentrique mais si technique et plaisant à voir. Blanco est partout: entre la touche et trois défenseurs allemands il a encore le dernier mot! Et que dire du monstrueux et si classieux Suarez? Seul petit problème: les défenseurs centraux commencent manifestement à fatiguer un peu: on le sait car on voit davantage Klinsmann au fil des minutes... Soixante quinzième minute: un énième centre semble offrir un ballon facile aux mexicains, mais Lara s'emmêle les pinceaux et Klinsmann fusille Campos à bout portant: 1-1! Dire que c'est immérité est un euphémisme: ce but sort de nulle-part, n'est pas le fruit d'un quelconque pressing même temporaire: c'est un pur miracle... Mais le plus incroyable est la réaction des mexicains: loin du coup sur la tête qu'on attendait, les voilà qui repartent à l'assaut: ils ont toujours bien fini leurs matchs et celui-ci ne sera pas une exception. Et revoilà les allemands pressés, oppressés sur leur but, à dégager le ballon n'importe où et à subir les coups de génie de Blanco, la vision du jeu de Garcia-Aspe, le danger permanent d'Arellano et d'Hernandez. Le plus inquiétant est qu'en attaque les allemands semblent à cours d'arguments: Suarez les a vaincus: leur seul espoir vient d'un éventuel centre... Quatre-vingt cinquième minute, les allemands font une de leurs rares incursions dans les trente mètres mexicains: Tarnat, refusant le un contre un face à Suarez qui a passé toute la mi-temps à l'humilier à ce petit jeu, change d'aile pour Kirsten qui centre. Bierfhoff surgit alors et place une tête imparable en pleine lucarne: 2-1! Incroyable! L'Allemagne, dominée, humiliée comme rarement à ce niveau de la compétition; vient de prendre l'avantage! Les mexicains ne s'en laissent pas compter: cinq minutes plus les arrêts de jeu: le match n'est pas fini! Ils repartent à l'attaque en jouant comme ils savent jouer, sans essayer de balancer. Merveilleux hommes! Merveilleuse équipe qui, au fin fond des arrêts de jeu, déboussole encore son adversaire et offre à Blanco l'occasion de centrer une dernière fois pour Carmona dont la tête, un peu en déséquilibre, est arrêtée par Köpke: si seulement il avait vu Hernandez, bien mieux équilibré, arriver derrière lui... C'est fini! L'Allemagne s'impose 2 à 1 et le plus invraisemblable est qu'il n'y a aucune explication "logique" à ce résultat: il semble que l'Allemagne a gagné...parce que c'est l'Allemagne, rien de plus. Le Mexique quitte cette Coupe du Monde sous les bravos: il nous aura enchanté par son jeu, son état d'esprit, son originalité à l'image de son maillot. Nous n'oublierons pas la hargne d'Hernandez (auteur de quatre buts), la classe de Blanco, les placements de Campos, l'efficacité discrète et irréprochable de Suarez, pas plus que ces actions et ces matchs à couper le souffle que ces joueurs nous auront offert. Merci messieurs: nous vous regretterons longtemps!.. Pour l'Allemagne l'aventure continue: au seuil des quarts de finale son efficacité s'annonce particulièrement redoutable, d'autant que l'adversaire, que ce soit la Roumanie ou la Croatie, semble largement à sa portée...

35 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Dim 4 Juin 2017 - 18:27

Sudena

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Même soir, Toulouse, Stadium Municipal. Le 100% européen Pays-Bas-Yougoslavie est un des huitièmes attendus avec le plus de curiosité, car depuis le début de la compétition il a été dit et répété que les hollandais veulent gagner le Mondial et que la Yougoslavie fait partie des outsiders très dangereux... Sauf que les yougoslaves n'ont pas montré grand-chose jusqu'à présent, hormis un match extraordinaire contre l'Allemagne qu'ils auraient dû vaincre. Les hollandais, eux, malgré un jeu léché et magnifique, n'ont gagné qu'un match sur trois mais ils ont néanmoins terminé premiers de la poule E, la plus relevée de toutes... On en est donc au stade des questions lorsque le coup d'envoi est donné...et dès les premières passes on sent une odeur particulière, cette certitude qu'on va s'ennuyer comme rarement à ce niveau de la compétition!.. On essaie de le nier, de voir dans le jeu équilibré la promesse de futures belles envolées, mais au bout de cinq minutes l'évidence se fait: les deux équipes sont non-seulement crispées mais complètement hors du coup. Les passes ne sont pas assurées, les transversales filent hors de limites du terrain, très loin du partenaire visé, les attaquants ne font aucun appel digne de ce nom: tout va de travers. Une physionomie globale dans tout ça? même pas: la Yougoslavie lance les deux/trois premières attaques puis se replie sans qu'on sache si c'est un calcul ou une faiblesse, les Pays-Bas prennent le contrôle du milieu mais se trouent sur les derniers gestes: rien ne va. Néanmoins il semble que les yougoslaves ne sont vraiment pas en forme: ils laissent les attaquants hollandais seuls, ils ratent leurs relances et si le fait de jouer dans leur camp est visiblement plus ou moins voulu (ils considèrent avec raison qu'ils n'ont que peu de chances d'avoir le ballon face à ces hollandais et qu'ils les mettront plus en danger avec des contres), leurs contres ne sont ni rapides, ni tranchants, ni rien du tout: ils ont l'air de ne pas y croire. Or après vingt cinq minutes d'ennui pur, total et entier, les hollandais se réveillent et passent à la vitesse supérieure: ils ont manifestement vu que la faiblesse de leurs adversaires n'était pas feinte et ils décident de les harceler plus avant... Davids lance la première flèche, bien repoussée par Krajl, puis c'est Jonk qui s'y met: à-partir de la demi-heure il n'y a plus qu'une équipe sur le terrain: la Yougoslavie agonise dans toutes les lignes et le seul qui tente désespérément de surnager est Mihajlovic qui s'oppose seul aux velléités d'une Hollande pas géniale mais oppressante pour une équipe en perdition. A la trente septième minute, ce qui devait arriver arriva: Bergkamp récupère une longue ouverture de Frank de Boer (qui n'a presque rien eu à faire en défense), humilie Mirkovic au contact et frappe au premier poteau à raz de terre: Krajl n'a pas la main assez ferme pour arrêter le tir et les Pays-Bas mènent en toute logique 1 à 0. La fin de la première mi-temps est un calvaire pour les yougoslaves qui donnent l'air d'avoir avalé un seau de tranquillisants et qui sont totalement perdus sur le terrain, infoutus de faire autre-chose que de dégager en catastrophe. Les hollandais ont plusieurs fois l'occasion de sceller leur destin mais, un peu trop "légers", ils gâchent plusieurs situations soit par zèle, soit par maladresse, peut-être même par arrogance... Qu'importe: 1-0 pour les Pays-Bas à la mi-temps: on s'est ennuyé ferme mais on a l'impression que le match est déjà plié...

Qu'a bien pu dire Slobodan Santrac dans les vestiaires pour remotiver ses joueurs? La question mérite d'être posée car dès le coup de pied de renvoi il est clair que la Yougoslavie est dans de toutes autres dispositions, en particulier au niveau de l'agressivité. Pour revenir au score les yougoslaves n'ont pas le choix: il faut désormais accepter de prendre le jeu à son compte et on découvre vite qu'ils en sont parfaitement capables et qu'ils viennent titiller l'arrière-garde hollandaise. Il ne faut pas cinq minutes pour que ça paye: quarante-neuvième minute, coup franc excentré tiré par Stojkovic au deuxième poteau où Komljenovic devance Frank de Boer de la tête et glisse la balle dans le soupirail. 1-1! A-partir de là les deux minutes les plus dingues du Mondial vont commencer qui seront le tournant du match: les hollandais n'ont pas le temps de comprendre ce qui leur arrive que els yougoslaves sont repartis à l'attaque et que Stam, devancé par Jugovic, lui tire le maillot dans la surface. Pénalty! Une minute après l'égalisation les yougoslaves ont l'occasion de renverser complètement la situation et ce pour une faute totalement incontestable!.. Le capitaine Mijatovic tire en force...sur la barre transversale! Les hollandais contre-attaquent immédiatement mais Bergkamp se fait donner une leçon de défense par Mihajlovic qui, près du poteau de corner, le devance avec une facilité insolente. Enervé, le génie hollandais commet une faute...et lui écrase le ventre pour faire bonne figure! L'arbitre siffle. Pour tout le monde c'est le carton rouge assuré, mais Bergkamp est un monsieur trop gentil et il ne se voit qu'averti verbalement... Le choc est rude pour la Yougoslavie: un pénalty rate et un carton rouge archi-mérité non mis en deux minutes, d'autres ne s'en seraient pas relevé... Mais ce concours de circonstances leur montre au-contraire que ce match est à leur portée: pendant dix minutes les hollandais sont totalement perdus, outrageusement dominés, puis à la soixante sixième ils contre-attaquent...et Cocu rate d'un cheveu le cadre suite à un centre de Ronald de Boer. La Yougoslavie a eu chaud et se redispose en conséquence: même tactique qu'en première mi-temps: on attend dans notre camp et on est prêt à lancer des contre-attaques. Sauf que maintenant les contre-attaques en question n'ont plus rien de timoré et mettent au supplice l'arrière-garde adverse qui doit déployer des trésors de vigilance pour éviter le pire. Les Pays-Bas, eux, conscients d'être passés tout près de la correctionnelle, reprennent le jeu à leur compte, avec beaucoup plus de "vivacité "qu'en première mi-temps: furieux d'avoir perdu le contrôle d'un match qu'ils maitrisaient parfaitement ils lancent des attaques magnifique dans leur pur style "horizontal qui s'accapare la demi-terrain. Overmars est rentré mais c'est la sortie à dix minutes de la fin de Mihajlovic, secoué par l'agression de Bergkamp, qui leur donne plus de liberté offensive. Les minutes s'écoulent. Van der Sar est tout heureux de voir un lob de Sojkovic flotter trop longtemps avant de redescendre à cinq minutes de la fin, puis les hollandais se lancent dans l'attaque à tout va. Depuis un bon quart d'heure Davids est devenu un attaquant: les hollandais poussent, poussés par une terreur: la certitude qu'ils ne survivraient pas à la prolongation... C'est donc leurs dernières forces qu'ils jettent dans la bataille, avec Overmars au four et au moulin qui contraint Krajl à un sauvetage miraculeux au fin fond des arrêts de jeu. Sur le corner, Edgar Davids, à l'angle de la surface, frape du gauche de toutes ses forces: une frappe tendue déviée plusieurs fois qui meurt dans au fond des filets! 2-1! L'arbitre siffla la fin!.. Au terme d'un match incroyable au scénario hallucinant, la Hollande accède aux quarts de finale. Mais comme elle a eu chaud! Et combien furent belles la réaction et la résistance yougoslaves après une première mi-temps catastrophique. La Yougoslavie quitte la Coupe du Monde peut-être trop tôt mais la tête très haute...

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