Les irréductibles de Lost

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Sur l'air d'"I Will Survive"...

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1 Sur l'air d'"I Will Survive"... le Jeu 12 Mar 2015 - 0:50

Sudena

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Tout le monde en France se souvient de cette Coupe du Monde, au moins pour son résultat. Mais vous souvenez-vous de l'ambiance qui régnait dans le pays? En tant que gamin j'ai resenti durant ce gros mois un truc extraordinaire: l'impression que le pays était heureux (à part le drame du hooliganisme allemand et anglais)... Les visages étaient souriants, l'optimisme était ambiant, et tout le monde aimait le foot... Et il y avait de quoi! Car cette Coupe du Monde fut un merveilleux moment de football: je me souviens encore de la séduction japonaise, de la surprise croate, des collectifs hollandais et argentins, du brio mexicain, de certains moments de dramaturgie hors du commun. Et si nous les revivions ensemble, match après match? car même des matchs alors sous-estimés et méconnus (Corée du Sud-Mexique, Chili-Autriche, Roumanie-Colombie pour prendre des exemples) auraient été dans une autre compétition des sommets de qualité, de suspense, de rythme et d'engagement... Avec des petites équipes jouant le jeu à fond et des favoris assurant vraiment leur statut...

2 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Ven 13 Mar 2015 - 13:58

Sudena

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10 juin 1998, Stade de France, Saint-Denis: le match d'ouverture de la Coupe du Monde engendre beaucoup d'inquiétudes au regard de la qualité de jeu: cela fait des décennies que les matchs d'ouverture sont décevants, fermés, tactiques... C'est dire le bonheur du public regardant ce Brésil-Ecosse vivant, offensif, toujours prenant, parfois palpitant. Dès la quatrième minute César Sampaio ouvre le score de l'épaule sur un corner de Bebeto. Le Brésil est en forme, Ronaldo, annoncé comme le phénomène de la compétition, commence à faire des misères dans la défense, mais les écossais ne se laissent pas abattre, jouent leur chance à fond et attaquent eux-aussi! Aussi ce n'est pas une injustice qu'ils égalisent sur un pénalty de l'ancien monégasque John Collins. La deuxième mi-temps est du même acabit: Rivaldo se distingue sur deux frappes lointaines frôlant le cadre, les écossais, un peu dépassés techniquement, jouent leurs coups bille en tête et inquiètent réellement Taffarel. C'est finalement sur un coup de dés à vingt minutes de la fin que le match se joue: Cafu, monté aux avant-postes, réalise un superbe geste technique et butte sur Leighton, le ballon rebondit sur la poitrine de Boyd qui marque contre son camp. 2-1: en fin de match les écossais ont l'occasion d'égaliser, les brésiliens de creuser l'écart, mais le score demeure. Enthousiasmant! L'Ecosse peut légitimement rêver à la qualification, le Brésil doit confirmer son aisance technique et être un peu moins fébrile...

Le même soir, au stade de la Mosson de Montpellier, le Maroc et la Norvège livrent un autre match mémorable. Les marocains, soutenus par le public français, dominent et font preuve d'une qualité de jeu et d'une volonté superbes. Après avoir dominé les cinq premières minutes les norvégiens se replient sans pour autant fermer le jeu. Ce qui donne un match rapide et fluide, plus qu'agréable à regarder!.. A sept minutes de la mi-temps, Mustapha Hagi ouvre le score suite à une magnifique course en profondeur: mérité! Mais juste avant la mi-temps le gardien Benzekri fait une sortie aérienne calamiteuse, la malheureux Chippo, en tentant de rattraper le coup, égalise en marquant contre son camp. 1-1. La deuxième mi-temps repart et ces petits faits qui déterminent l'issu d'un match indécis (or la Norvège joue bien, entendons-nous: elle s'est créée deux trois occasions très nettes en première mi-temps) commencent à sourire au Maroc: les norvégiens perdent sur un choc accidentel leur meilleur attaquant, le mancunien Solskjäer blessé à la cheville. Et cinq minutes après (peu avant l'heure de jeu), Abdel Hadda réussit un contrôle de volée splendide et enchaine par une non-moins splendide frappe sous la barre: 2-1! Il ne faut pourtant pas deux minutes pour que le match bascule de nouveau: un autre coup franc, une autre sortie calamiteuse de Benzekri et Dan Eggen, d'une tête plongée réflexe, égalise de nouveau pour la Norvège. 2-2: cette égalisation coupe les jambes des marocains, la dernière demi-heure est totalement norvégienne mais aucun but n'y est marqué...et finalement la parité au score est une justice. Les deux équips préservent leurs chances de qualification.


Cette première journée préfigure à la fois le reste de la compétition toute entière et le suspense qui caractérisera ce groupe A. Il ne sera pas le seul...

3 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Dim 22 Mar 2015 - 20:56

Snow Globe

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Ah ces Bresiliens , ils avaient une bien belle équipe , dommage pour eux Romario l'autre super attaquant était blessé et était resté au pays , quant à Bebetto il était viellissant , mais ils avaient Ronaldo qui faisait peur, et puis Rivaldo

Le truc c'est que malgré des defenseurs extraordinaires , ils prenaient des buts et ça , ça allaient donner des idées à leurs adversaires .

Bonne idée ce topic Very Happy


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4 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Dim 22 Mar 2015 - 22:19

Sudena

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Ils n'étaient pas très forts collectivement: ils jouaient sur leurs individualités de rêve mais sans grande cohérence d'ensemble... Bon je continue donc!


Le 11 juin, l'Italie débute sa campagne face au Chili au Parc Lescure de Bordeaux. Dès la dixième minute le puissant Christian Vieri ouvre le score sur une longue ouverture du capitaine Paolo Maldini déviée par Roberto Baggio. L'Italie contrôle même si la machine ne semble pas encore "huilée". Les chiliens, moins spectateurs qu'annoncés mais un peu timorés, n'osent pas prendre le jeun à leur compte. Intrigant...jusqu'à ce que, juste avant la mi-temps, Marcello Salas profite d'un corner et d'une tête contrée de son capitaine Ivan Zamorano pour fusiller, en bon renard des surfaces, Pagliuca et égaliser pour le Chili. 1-1. Marcello Salas n'a rien à prouver dans cette Coupe du Monde: son talent est déjà reconnu partout et il vient d'être transféré à prix d'or à la Lazio de Rome. C'est donc par pur patriotisme qu'il se donne à fond et qu'il torture une défense italienne empruntée, qui aimerait bien retrouver la sérénité du début de la décennie mais à qui il manque une certaine rouerie (pour ne pas dire "villennie"): Maldini n'a jamais été un fourbe et Cannavaro est très jeune (il préfigure la merveilleuse génération des années '2000). La surprise n'en demeure pas moins énorme quand, cinq minutes après le retour des vestiaires, Salas s'envole au-dessus de Cannavaro et d'une tête parfaite donne l'avantage au Chili! Et soudain on se demande si on n'est pas en train d'assister à la première très grosse surprise de la compétition!.. Car l'Italie souffre, attaque mais sans réussite, s'expose aux contres... Il faut un pénalty sévère (une main manifestement involontaire) pour que Roberto Baggio égalise à deux minutes de la fin. 2-2. On ne peut pas dire que ce soit immérité mais c'est quand-même pénible pour le Chili qui croyait tenir l'exploit...

Le soir, au Stadium Municipal de Toulouse, le Cameroun entre en piste face à l'Autriche. Match plaisant et très équilibré pendant une heure, avec des bonnes intentions et des occasions de part et d'autre. Les camerounais, donnés favoris avec les italiens dans la course aux huitièmes de finale, peinent face à des autrichiens plus entreprenants et plus techniques qu'annoncé. Mais ils commencent petit à petit à prendre le dessus, jusqu'à la 78ème minute où une chevauchée fantastique ponctuée d'un tir puissant signés NJanka leur permettent de prendre l'avantage au score. Ce but grandiose ne coupe pas les jambes des autrichiens qui se lancent à l'attaque, sans complexe, survivent à un contre à une minute de la fin ,et égalisent au fin fond des arrêts de jeu sur un corner et une grosse faute de marquage des africains qui laissent Polster seul à six mètres du but: la capitaine autrichien catapulte le ballon en pleine lucarne et l'Autriche s'en sort avec un match nul mérité qui laisse néanmoins un gout amer aux camerounais qui auraient largement pu gagner... Dans ce groupe B le suspense est annoncé un peu à la surprise générale: il tiendra...tout du moins en partie...

5 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Lun 23 Mar 2015 - 20:33

Sudena

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Le 12 juin est une date que tout le monde attend: les grands débuts de l'équipe de France au stade Vélodrome de Marseille face à l'Afrique du Sud...
Mais avant il y a deux autres matchs: à Montpellier, dans le terrible groupe D, la Bulgarie et le Paraguay s'affrontent. Match assez fermé, tactique, mais pas inintéressant loin s'en faut... Les paraguayens, annoncés victimes expiatoires des trois géants du groupe, défendent intelligemment et petit à petit, sous l'égide de leur gardien fou Chilavert lancent des contres menaçants... Côté bulgare Stoichkov déçoit mais Kostadinov (le bourreau des français un sinistre jour de 1993) est en jambes. Devant leur incappacité à marquer les bulgares tentent de préserver le nul ce qu'ils font sans grande difficulté. 0-0 donc, mais loin d'être ennuyeux et assez intéressant à analyser pour la suite. A noter que c'est dans ce match que la compétition eux son premier expulsé: le défenseur bulgare Nankov pour deux cartons jaunes...

Le deuxième match de la journée, qui nous amène au stade Bollaert de Lens, est en-revanche une purge de jeu: un spectacle souvent ennuyeux, parfois limite indigne de pauvreté et de fébrilité... Danois et saoudiens ne montrent rien mais la victoire revient de façon néanmoins méritée aux nordiques grâce à un but de Ripper sur un centre de Brian Laudrup. 1-0: rien à sortir de bon...

Mais le soi Marseille se remplit d'allégresse: les Bleus entrent avec appétit, détermination et une grande soif de jeu dans la compétition. Décriée, cette équipe fourmille de talents reconnus aux quatre coins d'Europe et elle domine largement une formation sud-africaine rapidement réduite à la résistance. Guivarch est en forme, met en difficulté la défense mais se blesse rapidement et laisse la place au très critiqué Dugarry. Une ouverture en profondeur de Zidane lui offre le but mais il butte sur un Vonk auteur d'une sortie parfaite, avant de se rater complètement sur une tentative de relance et de provoquer un coup franc (repoussé par le mur). Mauvais... Un joueur très en vue est le jeune Henry que la défense n'arrive pas à tenir. Mais il faut attendre la 34ème minute pour que, sur un corner de Zidane, Dugarry ouvre le score d'une superbe tête. La délivrance! Derrière le Bleus attaquent à tout va: Petit frappe sans tromper le gardien, les sud-africains s'offrent leur seule occasion du match juste avant la mi-temps et une tête mal ajustée de Pierre Issa, Dugarry se voit refuser un doublé pour hors-jeu, Zidane, un peu nerveux, est averti stupidement pour comportement anti-sportif. Mais à force de pousser les Bleus doublent le score sur une frappe de Djorkaef contrée par Issa qui marque contre son camp. la fin de match est un récital sous les yeux ravis du public: Deschamps, Henry, se créent d'autres occasions. Et à la dernière minute Thierry Henry est récompensé de ses efforts sur un but tout de dribles et de finesse. 3-0: c'est parfait! Un peu fragile derrière peut-être (le temps de se rôder) mais qu'importe: la volonté y est, le danger vient de partout, le spectacle est magnifique...et pour la première fois "I will survive" retentit dans les vestiaires: le début d'une merveilleuse aventure rythmée par ce délicieux refrain que reprendra vite la France entière...

6 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Mar 31 Mar 2015 - 4:32

Sudena

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Le 13 juin est un de ces jours de fête où on se dit que tout devient soudain magique, beau intéressant... Il commence pourtant mal avec la mort de l'homme qui, avec Michel Platini, avait permis l'organisation de ce mondial en France: Fernand Sastre. Mais sur le terrain les soucis s'envolent et la passion recommence de plus belle avec en prime une ambiance excellente dans les tribunes.

Le meilleur est pour commencer: au stade de la Beaujoire de Nantes l'Espagne et le Nigéria s'affrontent dans le match au sommet du groupe D. Même pas deux semaines avant le Nigéria aurait été annoncé favori seulement entre temps une scission très grave a eu lieu: une partie de l'équipe, menée par Daniel Amokachi, avait remis en question l'autorité de l'entraineur Bora Milutinovic, lequel avait été défendu par l'ennemi juré d'Amokachi: le monégasque Victor Ikpéba. Rivalités ethniques, coach contesté: le Nigéria contraste avec l'image de l'autorité quasi-militaire et parfaitement respectée de l'entraineur espagnol Javier Clemente. Le match commence: ce sera le meilleur du premier tour... Les cinq premières minutes de l'Espagne sont à montrer dans les écoles: une organisation parfaite, un plan de jeu léché, un collectif parfaitement synchronisé... Raul se crée deux occasions énormes (la première sr le coup d'envoi, la deuxième touchant la transversale). Mais si l'Espagne continue de dominer globalement le premier quart d'heure le Nigéria prend rapidement ses marques: les nigérians ont une masse athlétique un peu supérieure et une technique individuelle plus prononcée: Okocha commence son festival de geste techniques, Ikpéba frappe deux fois de loin, l'ambiance délétère du vestiaire ne se voit pas sur le terrain. Les espagnols ne se laissent pas impressionner: leurs passes sont plus précises et si leur technique individuelle ne vaut pas celle des africains la collective est beaucoup plus au point... Soyons francs: le spectacle est plus que superbe! La légère domination espagnole est récompensée à la 21ème minute: un coup franc aux vingt mètres parfaitement enroulé avec rebond et Fernando Hierro ouvre le score. 1-0! Ce but ne décourage pas les nigérians qui poussent pour égaliser rapidement: un bon plan qui n'attend que quatre minutes pour trouver sa récompense: un corner de Lawal et Adepoju place une tête puissante et imparable au premier poteau. 1-1: loin d'être volé. La fin de la première mi-temps est époustouflante: Lui Enrique est en forme et torture la défense nigériane mais ces-derniers ne laissent pas le jeu aux espagnols et se créent plusieurs occasions dont une énorme d'Ikpéba qui trouve le petit filet suite à une série de dribles. A la mi-temps rien n'est joué et bien malin qui pourrait deviner l'issue de ce match...
Il ne faut pourtant pas attendre longtemps pour en avoir une idée: le jeu n'a pas repris depuis une minute quand Fernando Hierro fait une longue ouverture à destination de Raul qui reprend de volée et redonne l'avantage à l'Espagne. 2-1! Les nigérians tentent alors de dominer mais Clemente a manifestement prévu le coup et les espagnols ne s'en laissent plus compter et se lancent dans une démonstration exceptionnelle se savoir-faire collectif: ils ont repéré le gros point faible du Nigéria: sa défense. Attaquant à deux contre trois ou à trois contre quatre ils laminent les défenseurs qui s'en sortent souvent grâce à un sauvetage in-extremis soit d'un milieu revenu à toutes berzingues, soit d'un autre désertant sa place pour aller au secours du copain massacré, quand ce n'est pas tout simplement un faux rebond. Territorialement le Nigéria domine: son milieu est splendide de technicité. Mais d'une part les attaquants sont en sous-nombre, d l'autre les contre-attaques fusent et manquent à tout instant de créer un break définitif... C'est alors que Milutinovic tente un pari fou: sa défense prend l'eau de toutes part et il fait sortir un défenseur pour le remplacer par l'attaquant Yékini. Tactique suicidaire, folle, insensée... Mais le pire c'est que ça marche! Car d'une part les défenseurs, "responsabilisés", se sentent ainsi plus concernés et ne font plus d'erreurs de placement ou de naïveté; et d'autre part l'attaque devient plus agressive, mettant en difficulté la défense espagnole... Et soudain, à la 73ème minute, arrive le coup du sort, le truc insensé que personne ne pouvait prévoir: Lawal déborde, pénètre dans la surface et réussit à redresser la balle pour centrer...et Andoni Zubizaretta, le gardien aux cent vingt sélections, se trous complètement et marque contre son camp! 2-2! Surmotivés les nigérians tentent de profiter à la fois de cette égalisation et de l'élan qu'ils tiennent depuis l'entrée de Yékini. 78ème minute: longue touche nigériane repoussée par la défense espagnole, à l'entrée de la surface de réparation Olisseh reprend en demi-volée sans contrôle: but!!! Incroyable!!! Une frappe magistrale et imparable qui crucifie l'Espagne! 2-3! Un ciseau de Yékini manque de justesse de faire le break. C'est alors que l'Espagne pousse à tout va: toujours maitresse de son jeu elle avance ensemble sur le but de Ruffai, se crée plusieurs énormes occasions, mais les nigérians, sublimés collectivement, tiennent jusqu'au bout. Ils ont gagné! Ce n'est pas une "vraie" surprise mais ça reste une performance remarquable et un match d'anthologie dans une ambiance très chaleureuse, totalement "sport". Au regard de l'autre match de ce groupe D ces deux équipes partent plus que jamais favorites pour la qualification. Mais gros coup de chapeau à Bora Milutinovic: car c'est bien ce coach si contesté qui aura été le vrai vainqueur de ce match, celui qui aura le plus pesé sur son dénouement: son changement au milieu de deuxième mi-temps a été une leçon de tactique, d'intelligence et d'audace donnée au monde entier, n'en déplaise à mr Clemente...

Le même jour Lyon ouvre son bal avec un Corée du Sud-Mexique apparemment anodin mais qui attire une foule de curieux au stade Gerland. Deux heures plus tard ces gens repartiront chez eux le cœur en fête, soulevés, envoûtés, subjugués par cette petite perle de jeu offensif, généreux et sans calcul que ces deux équipes ont offert. Le Mexique, dominateur, se créa les premières occasions mais les coréens du sud refusèrent de se laisser dicter le jeu et tentèrent de relever le défi. A la 28ème minute la Corée du Sud ouvrit le score sur un coup-franc dévié de Ha Sheok Ju. Deux minutes plus tard ce même Ha Sheok Ju fut expulsé pour un tacle par derrière. Expulsion méritée (d'ailleurs l'arbitrage participa à la fête de ce match: il fut parfait du début à la fin) qui ne changea pas grand-chose à la physionomie sinon que la Corée du Sud eut des contres un peu moins percutants. En deuxième mi-temps Pelaez profita d'un cafouillage sur corner pour égaliser. Puis un centre de Ramirez permit au blond Hernandez de donner, de volée, l'avantage au Mexique. Le même Hernandez profita enfin d'un bon travail de Blanco pour signer son doublé. 1-3, score final. mais il faudrait parler ici du bonheur permanent que procura ce match, des gestes techniques osés et souvent réussis qui le parsemèrent... La palme revient certainement à Blanco qui inventa un drible insensé: ballon coincé entre les pieds il sauta par-dessus le bloc de deux défenseurs pour ensuite récupérer. Le Mexique victorieux avait enflammé les foules: il se disait qu'il pouvait prétendre aux huitièmes de finale...

Le soir, au Stade de France, derby batave très attendu entre la Hollande et la Belgique. Les néerlandais font partie des favoris de la compétition: il se dit que leur jeu va enchanter les foules... Et de fait le début de match est ébouriffant avec le jeu léché et mobile des hollandais torturant la défense belge sous l'égide du petit ailier gauche Marc Overmars. Seulement les belges font le gros dos, ne lâchent jamais les attaquants Berkamp et Kluivert, et petit à petit montrent les crocs. Si l'ambiance en tribunes est détendue elle se crispe sur le terrain... Pourtant le match reste plus que regardable: les deux équipes se connaissant par cœur elles ne font aucune erreur. Les hollandais ne se laissent jamais surprendre sur un contre mais ils peinent dans la finition, la percussion offensive. A sept minutes de la fin Patrick Kluivert, marqué de près par Staelens, le bouscule d'un coup d'épaules: carton rouge. Et le coup de sifflet final retentit de façon un peu surprenante: 0-0 entre les deux favoris du groupe. Et l'impression bizarre et ma foi très enivrante que ce groupe E va être bigrement intéressant: on ne sera vraiment pas déçu...

7 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Lun 6 Avr 2015 - 22:41

Sudena

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14 juin, ouverture du groupe F à Saint-Etienne, stade Geoffroy Guichard. Yougoslavie-Iran. Ce match sera à l'image du groupe: l'un des plus mauvais de la compétition... Une heure et demie d'ennui permanent, d'erreurs techniques grossières, d'apathie générale... Seul beau geste du match: le joli but sur coup franc de Mihajlovic. 1-0: attendu. Nulissime!
Ca change à Toulouse avec l'ouverture du groupe H. La très attendue Argentine affronte le Japon et le match sera vivant, passionnant souvent, ouvert tout le temps. L'attaquant de Florence Gabriele Batistuta ouvre le score et trouve le poteau, les argentins impressionnent avec leur collectif tout en verticalité autour de leurs meneurs de jeu Simeone, Veron et surtout Ortega, mais les japonais ne se laissent pas impressionner, offrent de vraies périodes de domination et une aisance technique indéniable. Insuffisant pour revenir mais plus qu'assez pour assurer le spectacle. 1-0 pour l'Argentine: prometteur pour les sud-américains... Et à noter le merveilleux état d'esprit du public et surtout des supporters japonais qui ont après le match la correction de faire place nette et de ramasser les divers papiers dans les tribunes. Merci!
Le même soir, au stade Bollaert de Lens, les jamaïcains, chouchous des médias, affrontent les croates. match très offensif, parfois fou-fou: les jamaïcains donnent une réplique remarquable à leurs adversaires, dominent  la fin de la première mi-temps et Earle répond au premier but de Stanic pour égaliser. Mais dès la reprise Prosinecki réussit un lob génial qui redonne l'avantage aux croates supérieurs néanmoins dans tous les secteurs de jeu à leurs farouches _mais limités_ adversaires. Vingt minutes plus tard l'attaquant Davor Suker marque à son tour (but récompensant ses efforts): la Croatie déroule tranquillement son football, laissant entrtevoir de vraies possibilités. 3-1 score final: du beau boulot dans un fort beau match!..

8 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Lun 6 Avr 2015 - 23:10

Snow Globe

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C'ets vraiment tres sympa de nous faire revivre cette coupe du monde 98 . J'ai eu la chance de voir quelques uns des matchs que tu nous retranscris et au fur et à mesure je me rememore ces moments là
Davor Suker aka Sukerman dont on reparlerai plus tard , les Japonais en effet trés corrects et encouragent toujours keur équipe quoiqu'ils se passe , Batigoal ... Very Happy


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9 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Jeu 9 Avr 2015 - 3:27

Sudena

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Merci Snow Smile J'espère que la suite va te satisfaire...







L'ambiance dégénère gravement le 15 juin. Motif: l'entrée en jeu de l'Angleterre. Marseille est prise d'assaut et le Vieux Port ravagé par des hooligans qui envahissent ensuite la plage du Prado, rejoints par quelques excités locaux. Tout ça pour un Angleterre-Tunisie sans charme ni saveur remporté par l'Angleterre 2 à 0 sur des buts en fin de mi-temps de Shearer et Scholes.
Les hooligans referont parler d'eux, car l'Allemagne, entrée en lice le même soir, a elle aussi amené sa cohorte avec elle. Heureusement ils seront contenus par la police parisienne. Le match en lui-même (Allemagne-Etats-Unis) sera à-peine plus beau que celui de Marseille avec une victoire logique des allemands sur des buts de Möller et Klinsman. 2-0: sans danger ni gloire...
Heureusement, entre-temps, nous avons eu droit à Lyon à un vrai beau match et une vraie belle ambiance avec un Roumanie-Colombie coloré comme les maillots des deux équipes, des supporters (colombiens principalement) joyeux et enthousiastes, et une opposition de style plaisante jusqu'au bout avec des roumains meilleurs techniquement qui auront agréablement surpris par leurs accélérations, leur coordination collective, et qui se seront heurtés à une Colombie plus limitée et donc défensive mais qui n'a jamais cessé de rechercher le contre, malheureusement peu aidée par son attaquant Asprilla qui n'a jamais prêté main forte a ses milieux et s'est conséquemment isole. Le match fut scellé peu avant la mi-temps grâce un petit bijou d'Adrian Ilie: un lob excentré de l'extérieur du pied dans le petit filet opposé. 1-0: les roumains sont bien partis pour la qualification...

Et voilà qui conclut cette première journée: ces beaux matchs si fréquents laissaient espérer beaucoup, et certaines équipes étaient attendues au tournant. On ne le savait pas mais ces premiers matchs furent comparativement les moins réussis globalement de cette compétition...

10 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Dim 12 Avr 2015 - 1:09

Sudena

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La deuxième journée commence le 16 juin à Bordeaux, sous un cagnard étouffant. Ecosse-Norvège. Le match sera actif, de bonne volonté et ma foi très agréable à regarder... Les écossais confirment les bonnes dispositions vues face au Brésil et prennent le jeu à leur compte. Les norvégiens commencent de façon un peu timorée mais rentrent finalement dans le match qu'ils équilibrent après le quart d'heure. Ils plantent un coup de poignard juste après la mi-temps: une accélération subite sur le côté gauche, un centre au second poteau et Havard Flo marque d'une belle tête plongeante: 0-1, pas vraiment mérité... Havard Flo est le cousin du célèbre Tore Andre Flo lequel n'arrête pas de décevoir à la pointe de l'attaque. D'une manière générale l'Ecosse domine physiquement et prend de plus en plus confiance techniquement. Aussi ce n'est que justice qu'ils égalisent à la 66ème minute sur un lob magnifique de Craig Burley suite à une longue ouverture du capitaine Hendry. La chaleur achève d'avoir raison des norvégiens: étouffés, asphyxiés, il finissent par accepter leur incapacité d'attaquer et se replient dans l'espoir de tenir le nul... Bien leur en prend: malgré une domination constante les écossais n'arrivent pas à trouver la faille et les deux équipes s'en tirent sur un 1-1 qui préserve leurs chances de qualification. On a quand-même une petite idée quant aux chances des norvégiens dépassés qui vont affronter un Brésil....en pleine forme.
Car le soir, à Nantes, les retrouvailles avec le stade de la Beaujoire sont douloureuses pour Henri Michel, l'entraineur du Maroc: les brésiliens écrasent ses joueurs avec une facilité impressionnante, facilité telle qu'ils arrêtent pour ainsi dire de jouer après une heure de match... Auparavant ils s'en étaient donné à cœur joie et avaient affirmé au grand jour leur statut de très grand prétendant à la victoire finale: Ronaldo d'une frappe croisée des dix-huit mètres après seulement neuf minutes de jeu, Rivaldo sur un centre de Cafu juste avant la mi-temps, Bebeto sur une nouvelle démonstration de Ronaldo cinq minutes après la reprise: la leçon est sévère pour des marocains naïfs et qui n'y croyaient même pas avant le match (pour preuve ces innombrables erreurs techniques en particulier en attaque) et qui se seront fait écraser sur un 3-0 même pas sévère... Un détail néanmoins: l'indiscipline extrême des marocains et de nombreux gestes très dangereux qui auraient parfaitement pu blesser gravement les brésiliens. Ce ne fut heureusement pas le cas mais le problème est ailleurs: l'arbitre sanctionna très peu et ne sortit que quelques rares cartons jaunes. Ce match ne fut certainement pas étranger aux déclarations très sévères de Havelenge et Platini, rappelant en des termes très durs (limite injurieux) que le règlement doit être strictement et rigoureusement appliqué, a-forciori en Coupe du Monde. Les arbitres sauront s'en rappeler: hélas! l'illustration par l'absurde ne tarda pas à arriver...

11 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Lun 27 Avr 2015 - 15:04

Sudena

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17 juin, Saint-Etienne. Chili-Autriche n'est en général pas un match dont on se rappelle: équipes de petites renommées, après-midi, dans l'ombre du groupe de l'Italie... Pourtant ce match se savoure comme un délicieux cocktail quand on aime le football. Engagé (beaucoup de cartons jaunes), offensif, très rythmé, il eut un tempo extrêmement soutenu du coup d'envoi au coup de sifflet final, des occasions de part et d'autres, du suspense: bref! un régal! Les autrtichiens avaient pris confiance depuis leur match nul contre le Cameroun et jouèrent superbement face à un Chili lui-ausi encouragé par son demi-exploit contre l'Italie et qui montra son aisance technique et son flamboyant duo offensif Salas/Zamorano (tous les deux avertis dans le match: preuve de leur état d'esprit tout au service de l'équipe. Aux alentours de l'heure de jeu les chiliens se mirent à dominer et à la 71ème minute ils ouvrirent le score sur une tête de Zamorano qui devança Pfeffer aux six mètres mais qui butta sur un Konzel incroyable, mais Salas, à l'afut, reprit de volée. Konzel réalisa alors un autre exloit et stoppa le ballon...mais derrière la ligne. 1-0 pour le Chili, troisième but du mondial pour Salas. Mais les autrichiens, jamais résignés, se lancèrent à l'offensive avec un état d'esprit remarquable et un savoir-faire supérieur à celui du match précédent. Les chiliens eurent l'occasion de tuer le match en contre mais la ratèrent...et c'est une nouvelle fois au fin fond des arrêts de jeu que l'Autriche égalisa sur un petit bijou de Vastic: une frappe enroulée à l'entrée de la surface qui termina sa splendide course en pleine lucarne. 1-1: ce match est aujourd'hui totalement oublié mais pour l'avoir revu dernièrement je l'affirme et le redis: c'était GENIAL!
Le soir, à Montpellier, l'Italie avait des choses à se faire pardonner. La Cameroun devait lui offrir un défi redoutable, mais dès le coup d'envoi elle domina le jeu, charchant avec détermination un but rapide. Cette domination ne tarda pas à être récompensée par un but à la neuvième minute sur une tête lobée décroisée de Di Biagio; L'Italie impressionne pendant trente minutes, le match est très physique, sans grandes envolées, mais tout à fait regardable et beaucoup moins viloent que le Brésil-Maroc de la veille. A-partir de la demi-heure les camerounais décident de prendre le match à leur compte, les italiens commencent à reculer tout en étant parfaitement placé pour un contre. C'est le moment le plus étrange du match, celui où on sent l'Italie faiblir et le Cameroun surpris qui n'approche finalement que peu la surface de Pagliuca. A trois minutes de la mi-temps Raymond Kalla est explusé pour un tacle dangereux les semelles en avant. Cela ne change abslolument pas le déroulement du match. Le début de deuxième mi-temps est totalement camerounais, els italiens sont recroquevillés et ne se placent même pas pour une contra-attaque...du moins jusqu'à l'heure de jeu. Car si les africains dominent et font monter leurs défenseurs latéraux (en particulier Womé), force est de reconnaitre que les occasions ne sont pas légions... Les deux équipes s'imposent un défi athlétique mais malgré les impressionants gabarits des attaquants camerounais  les défenseurs italiens supportent le choc sans beaucoup broncher. Et puis, après l'heure de jeu, la Squadra Azzura commence à pointer son nez: Vieri et Del Piero s'venturent un peu plus loin devant, les milieux remontent un tout petit peu. Oh ce n'est pas énorme mais les camerounais se lancent alors dans l'attaque à tout va, tentent de bouger par des vague incessantes Morriero ou Maldini. Mais ça ne passe pas. Alors qu'il reste moins de vingt minutes à jouer l'Italie accélère ! et à la 75ème minute Vieri, lancé dans l'axe, pique son ballon devant Songo'o et marque le deuxième but. 2-0! L'Italie se met alors à dominer totalement le match, comme un rouleau compresseur bien préparé et l'évidence nous apparait: cette équipe avait tout contrôlé depuis le début du match: la soi-disant domination des camerounais était un piège pour les épuiser, piège dans lequel tout le monde (camerounais, public, journalistes, supporters) est tombé! L'Italie nous apparait soudain telle qu'elle est, non-pas un prétendant à la victoire finale mais LE grand favori de cette compétition. A cinq minutes de la fin Vieri signera son doublé. L'Italie eut encore deux-trois occasions d'enfoncer le clou mais qu'importait: 3-0, la leçon était donnée: cinglante, glacée: tout était absolument PARFAIT!

12 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Jeu 14 Mai 2015 - 19:36

Sudena

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18 juin, Stadium Municipal de Toulouse. Sous un splendide soleil débute l'un des matchs décisifs de ce groupe C: Afrique du Sud-Danemark. Les danois, bien plus en forme que contre les saoudiens, donneront un premier aperçu de leur potentiel et domineront totalement la première mi-temps, marquant un but splendide par Nielsen et touchant deux fois les poteaux (dont une fois sur un corner direct). Les sud-africains se reprendront, domineront à leur tour copieusement la deuxième mi-temps, égalisant rapidement sur une splendide action collective conclue par McCarthy et trouvant à leur tour le poteau à la dernière seconde. 1-1: le score était favorable aux danois qui auraient pu espérer mieux car ils étaient néanmoins un peu supérieurs... Le match, lui, fut vivant, animé, rythmé, sans temps mort, bref: passionnant à regarder!.. Mais ce n'est pas pour ça qu'il est entré dans les mémoires mais pour un festival hélas prévisible tant la pression avait été mise dessus depuis deux jours: celui de l'arbitrage... Neuf cartons jaunes (dont deux doubles) et trois rouges! Mais à l'exception du sud-africain Phiri les deux autres expulsions (les danois Molnar et Weighorst) furent des absurdités, comme d'ailleurs ce festival: car le match fut joué dans un excellent état d'esprit, fut certes animé mais JAMAIS violent. Mais peut-on en vouloir à mr Toro d'avoir appliqué à la lettre les consignes de la FIFA?.. Cette crétinerie est le résultat d'une pression collective et on devait peut-être en passer par là pour aborder plus sereinement la suite...
La suite? Elle a lieu au Stade de France: France-Arabie Saoudite. Enjeu capital pour les deux équipes et les Bleus, sur la lancée du match contre l'Afrique du Sud, dominent outrageusement le début de match, multipliant les attaques avec une volonté et un savoir-faire merveilleux à voir... Les saoudiens sont totalement dépassés et après moins de vingt minutes de jeu leur défenseur Al Khilaiwi est expulsé. Seul problème? les Bleus peinent dans la finition...et manquent de se faire surprendre sur une grosse bourde de Blanc, heureusement rattrapée par Barthez. A la demi-heure de jeu Dugarry se blesse et sort, remplacé par Trézéguet. Le duo qu'il forme avec son coéquipier monégasque Henry est particulièrement affuté et sent la jeunesse à plein nez. Mais ça ne marche toujours pas! Zidane est en forme, Lisarazu aussi, et si le premier rate l'immanquable seul face au gardien, les deux se retrouvent à la trente sixième minute pour un une-deux parfait qui permet au basque de centrer pour Henry qui n'a plus qu'à pousser la balle au fond des accueillants filets. 1-0: il était temps! Les saoudiens, grâce à la prestation dantesque de leur gardien Al Dealeya, tiennent jusqu'à la mi-temps. mais les Bleus réattaquent pied au plancher, faisant frissonner de plaisir les spectateurs de Saint-Denis et affirmant leurs très grandes possibilités pour la suite de la compétition. A la 68ème minute ce qui devait arriver arriva: Al Dealeya commit sa seule erreur du match: il relâcha l'objet sur un centre de Thuram et Trézéguet, renard argentin, conclut l'offrande de la tête dans le but vide. 2-0: c'était plié...mais les Bleus en avaient encore sous le pied. Oui: au sens propre... Et c'est Zidane qui commit l'Erreur: deux minutes après le but de Trézéguet il s'essuya les crampons sur un joueur à terre: l'arbitre n'hésita pas et sortit le carton rouge. Crétin! mais mérité... La scène qui s'en suivit est rentrée dans la légende: quittant le terrain tête basse Zidane passa à côté d'Aimé Jacquet qui ne lui adressa pas un regard: il avait pénalisé l'équipe, il l'assumerait tout seul! 77ème minute Barthez, au dégagement, se découvrit des talents de passeur décisif: à la retombée Al Oweiran ne put contrôler l'objet et Henry, lancé, crucifia le gardien et marqua le troisième but. 3-0 et ce n'était pas fini. Les français, sublimés, nous avaient réservé le meilleur pour la fin: Pirès côté gauche passe pour Djorkaef qui d'une talonnade géniale trouve Lisarazu qui voit ses efforts récompensés par un but. 4-0: la France était qualifiée! L'Arabie Saoudite éliminée. Les Bleus allaient certes devoir faire sans Zidane pendant deux matchs mais le talent de cette équipe, d'où le danger pouvait venir de partout, éclatait aux yeux du monde entier: entre les rocs défensifs, le génie fantasque d'un Djorkaef, la confiance insufflée par Barthez dans sa surface, la solidité exemplaire d'un Deschamps ou d'un Petit, et un banc solidaire et complémentaire, cette équipe s'affirmait très solide dans toutes les lignes: les adversaires étaient avertis...

13 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Jeu 14 Mai 2015 - 22:42

Snow Globe

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La scène qui s'en suivit est rentrée dans la légende: quittant le terrain tête basse Zidane passa à côté d'Aimé Jacquet qui ne lui adressa pas un regard: il avait pénalisé l'équipe, il l'assumerait tout seul!
Aimé jacquet a confié à ce propos dans une interview , que même si c’était Zidane ,que le joueur qui se faisait sortir ne l’intéressait plus parce qu’il ne participait ^plus au jeu , et c’était pour cela qu’il ne l’avait pas regardé . Mouais...

Je pense à posteriori que c’est une réponse tout à fait diplomatique qu’il a donné aux journalistes ce jour là , et qu’intérieurement Aimé bouillait contre l’erreur de Zidane et qu’il ne l’a pas regardé pour ne pas être désagréable avec lui …Comme toi je pense qu’il a voulu aussi ,lui faire assumer son erreur.

Perso sur le moment j’ai eu vraiment très peur , parce que j’ai cru que perdant Zidane pour le dernier match de poule et le quart à suivre ça serait très dur . J’ai cru qu’on avait perdu l’espoir de gagner la coupe ce soir là .. Sans Zidane on ne pouvait pas gagner . Surtout qu’il y avait les Brésiliens , et les Italiens en embuscade

Mais quand même la large victoire en suivant , le très joli but de Lizarazu , qui n’avait il me semble encore jamais marqué en équipe de France et surtout le match nul du Danemark , qui nous arrangeait bien pour la première place du groupe synonyme de quart plus facile , laissaient de la place à l’espoir . Oui parce. que même sans Zidane la France pouvait marquer et surtout elle montrait une grande homogénéité .Comme tu le dis cette équipe s’affirmait très solide !

Et en effet , c’est une équipe qui arrivait à maturité et elle était bonne de partout , que ce soit derrière avec Barthez (un des meilleurs sinon le meilleur goal du monde, et qui en plus avait la baraka) ; Lizarazu (qui maintennat pouvait marquer des jolis buts) Dessailly , Blanc et Thuram , au milieu avec Deschamps et Zidane (entre autres), ou devant avec les jeunes Henry et Trezeguet absolument intenables .

Et puis baraka ou pas , elle ne prenait pas de but et ça c’était capital dans la course au titre …


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14 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Ven 15 Mai 2015 - 1:32

Sudena

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La baraka...j'ai pas l'impression qu'on l'a eu dans cette Coupe du Monde (peut-être plus à l'euro et encore...): on s'est créé des occasions, bien plus qu'on n'en a concédé, et les seules fois où on a eu de la chance (en défense) a été contre l'Italie...

Oui ça s'annonçait dur sans Zidane mais les brésiliens et les italiens n'étaient pas les seuls: on attendait avec une certaine inquiétude de voir ce que feraient les hollandais, les nigérians, les argentins, voire les anglais et on se demandait ce qu'allait faire l'Allemagne face à la Yougoslavie...

15 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Sam 16 Mai 2015 - 21:18

Snow Globe

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On le verra au fur et à mesure de ce mondial , l’équipe de France était au dessus des autres et ça s’est vérifié dans l’Euro 2 ans plus tard ; mais ce que j’ai voulu dire c’est qu’on a beau avoir la meilleure équipe du monde , pour être champion il faut en plus avoir la chance de son côté , sans cela ça ne peut pas marcher .
A quoi ça tient ?A un but manqué en prolongation par un attaquant Italien qui en principe l’aurait mis au fond, à un penalty raté parce que tiré comme un bourrin , alors qu’avant (du temps de Platini) même si on était meilleur c’est nous qui l’aurions raté , à un Liliam Thuram qui marque soudainement 2 but (et on vois bien que sur le second ,qu’il est lui-même très surpris ), à un Ronaldo sur 3 cylindre le jour de la finale pour avoir joué une fois de trop aux jeux videos, et j’en passe . Et pendant l’euro 2000 , ca ne s’est pas démenti ..

Oui oui je le maintiens , je pense que l’on ne peut pas être champion du monde et quand bien m^me on aurait la meilleure équipe comme ce fut le cas pour la France ,sans un petit coup de main du destin .
Si contre l’Angleterre l’arbitre avait vu la main de Maradona , il aurait pris un jaune voire un rouge pour main volontaire , le but n’aurait pas été accordé et l’Argentine n’aurait peut être pas gagné à la fin .

On peut refaire toutes les coupes du monde que l’on veut , les champions ont toujours eu a moment donné un brin de chance pour aller en dame . L’année dernière par exemple les Allemands ont été aidé par les suspensions (pour morsure en plus !) et les blessures de 2 des meilleurs Argentins (quant à Messi il était lui aussi sur 3 cylindres )


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16 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Sam 16 Mai 2015 - 23:13

Sudena

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La chance joue toujours un peu dans les victoires, c'est clair. Et je préfère ça à des compétitions truquées par l'arbitrage ou des sanctions iniques (Maradona en 1994, et Diego a été salement volé en 1990 dès la demi finale et aurait eu des raisons de se plaindre de l'arbitrage dans la finale quatre ans plus tôt [contre l'Angleterre il marque le but du siècle et qui, honnêtement, peut dire que l'Argentine a volé ce quart?..]; Cruyff en a aussi fait les frais en 1974)...

J'y reviendrai en détail par la suite mais au niveau force collective seules la Hollande et l'Argentine vallaient les Bleus en '98 (c'est une tragédie qu'ils se soient affrontés en quarts)...

17 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Sam 23 Mai 2015 - 18:41

Sudena

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19 juin: au programme les deux rencontres du groupe de la mort. Pour commencer rendez-vous au Parc des Princes pour Nigéria-Bulgarie. Le match commence vite: c'est offensif, c'est décidé, ça a de la classe et de la sûreté technique. Les nigérians dominent globalement le début du match mais les bulgares ne sont pas amorphes et tentent de répliquer sur le même registre. Le score est ouvert à la vingt septième minute: un décalage d'Amokachi pour...son vieil ennemi Ikpéba et le monégasque glisse le ballon sous le ventre de Zdravkov. 1-0: pas volé. les nigérians ne changent rien à leur jeu: ils savent que cette avance est insuffisante. Mais les bulgares montent en puissance, se créant même une énorme occasion par Kostadinov... La mi-temps offre juste un quart d'heure de pause: le jeu est d'une parfaite continuité avec des bulgares de plus en plus hardis, des nigérians qui ratent quelques occasions de break et qui conséquemment se replient assez intelligemment. Un geste génial de Kostadinov lui ouvre le but...mis la transersale sauve Ruffai. Et ce match offensif et plaisant jusqu'au bout se termine assez étrangement par un petit 1-0 qui qualifie le Nigéria pour les huitièmes de finale! Pas volé et même bigrement impressionnant de la part des africains qui en deux matchs et deux victoires s'assurent de disputer la suite de la compétition et de sirtir de ce terrible groupe D...
Ce qu'ils ne savent pas c'est que le soir leur apportera, comme au Brésil, la certitude de la première place! Car à Geoffroy Guichard les espagnols tombent dans le piège parfaitement tendu des paraguayens: ils n'arrivent pas à retrouver la sûreté de leur premier match, ils dominent mais s'engluent sur la magnifique défense des sud-américains. Le match est l'un des plus intéressants de la compétition sur le plan tactique: l'Espagne se crée des occazsions, certes, parfois énormes, mais le Paraguay ne s'en laisse jamais compter, ne s'estime jamais vaincu...et coimme contre la Bulgarie lance petit à petit des contres qui n'ont rien d'inoffensifs. Et le 0-0 final n'appelle à aucun commentaire particulier: il n'est pas volé! Et on se rend compte de plus en plus que quelque-chose cloche avec cette équipe d'Espagne: elle est organisée, imressionante, très au point tactiquement, mais il lui manque quelque-chose... Et la tactique de Clemente est pour la première fois remise en cause: car cette tactique très contraigante bride l'initiative des joueurs, les cantonne dans un rôle d'où ils ne peuvent pas sortir. Et surtout, face à une défense renforcée comme celle du Paraguay, cette tactique manque singulièrement de profondeur: les défenseurs aguerris ne sont joués de ces attaques tournant autour d'eux mais jamais dangereuse dans leur dos: ils n'ont concédé que quelques occasions dont à peine deux ou trois franches, et les paraguayens auraient pu prétendre à la victoire sur des contres encore un peu trop timorés mais pleins de promesse: rien n'est joué dans ce groupe D...et la côte du Paraguay commence doucement à grimper...

18 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Dim 24 Mai 2015 - 17:23

Sudena

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20 juin. C'était un samedi. Tandis que je profitais d'un des derniers week-ends avant les vacances je regardais distraitement les matchs de l'après midi...et je me pris à les suivre avec passion... A Bordeaux la chaleur était étouffante, la lumière aveuglante rendait la vue pénible à suivre... Mais footballistiquement parlant cet affrontement entre la Belgique et le Mexique fut un des sommets d'émotion et d'intensité de ce pourtant exceptionnel groupe E. Les mexicains dominaient le début du match, totalement, touchèrent par deux fois les poteaux, produisaient un festival de beau jeu face à des belges surpris mais loin d'être amorphes et qui, favoris sur le papier, comptaient sur leur patience pour porter le coup de grâce au bon moment... Le coup du sort arriva peu avant la demi-heure avec l'expulsion de Pardo. Les arbitres avaient compris les consignes de la FIFA et ils se montraient très sévères avec les fautes volontaires...sans pour autant sombrer dans l'absurdité. Dès lors la Belgique domina, de plus en plus, et peu avant la mi-temps Wilmots trompa (avec pas mal de chance) Jorge Campos sur corner et ouvrit le score. Et dès le début de la deuxième mi-temps le même Wimots signa son doublé d'un extérieur du pied en déséquilibre pour porter à 2-0 l'avantage de la Belgique. C'était cruel pour les mexicains mais les belges, après leur leçon tactique face aux hollandais, en jetaient vraiment... Quand soudain l'histoire vacilla! Verheyen commit, à peine sept minutes après le break, une faute flagrante en position de dernier défenseur: carton rouge! Le capitaine mexicain Fernando Garcia Aspe transforma le pénalty et le Mexique tout entier se remit à y croire. Et il ne fallut pas attendre dix minutes pour que Blanco exécute une reprise de volée de l'extérieur du gauche en pleine course qui trompa de Wilde pour la deuxième fois. 2-2! Le belges, qui croyaient tenir la qualification, se retranchèrent et préservèrent miraculeusement ce résultat somme toutes favorable. Pas payé pour ces fabuleux mexicains qui certes étaient encore en vie mais qui voyaient la qualification s'éloigner, car quel que devait être le résultat des hollandais, ces-derniers n'allaient quoi qu'il en soit pas pouvoir se qualifier dès la soirée...

Direction Nantes et l'étouffoir de la Beaujoire pour un affrontement entre japonais et croates qui promettait d'être un piège pour les européens... Mais on ignorait à quel point! Après un quart d'heure d'hésitation les nippons se lancèrent à l'attaque et les croates, accablés par la chaleur, se retranchèrent dans des positions défensives de plus en plus dangereuses!.. C'était un plaisir e contempler cette équipe du Japon, toujours à l'attaque, cherchant toujours le geste juste, solidaire comma pas autorisé. Et à la mi-temps la perspective d'une énorme surprise apparaissait de plus en plus réelle... De fait le début du deuxième acte fut plus qu'inquiétant pour la Croatie: ils étaient pas loin de la panique en défense et ils étaient incapables de trouver leurs attaquants, archi-dominés au milieu. Pourtant, peu à peu, la fatigue aidant, un danger commença à menacer l'arrière-garde du pays du soleil levant: un danger nommé Davor Suker... Le jeu s'équilibra un peu après l'heure de jeu et à vingt minutes de la fin Suker, parti dans le dos des défenseurs, loba Kawagushi...qui fut sauvé par sa transversale. Ouf! Mais ce coup de semonce inquiéta les japonais qui commirent la grave erreur de laisser les ballons parvenir à Asanovic et au capitaine Boban. Et ce qui devait arriver arriva: à un peu moins d'un quart d'heure de la fin, Suker eut un nouveau ballon face au gardien. Cette fois-ci il cadra et la main de Kawagushi fut insuffisamment ferme pour empêcher l'irréparable. 0-1, les japonais se lancèrent bien à l'attaque mais tout était fini. Au terme d'un mach passionnant et plein de panache les croates se qualifièrent pour les huitièmes de finale et es japonais furent éliminés: ainsi est la dure loi du sport où les occasions manquées se retournent inévitablement contre vous. Et d'un côté c'est mieux ainsi: c'est à ça qu'on reconnait un match de haut niveau...

Le soir la chaleur baissait peu à peu tandis que Marseille était envahie d'une foule bigarrée, orangée et asiatique, loin des haines que le football peut parfois susciter... Hollande-Corée du Sud et la nécessité pour les Oranje de marquer pour confirmer leur statut de prétendant au titre... Les dix premières minutes furent, de nouveau, étourdissantes: des occasions à la pelle, une organisation parfaite et mouvante, des joueurs au sommet de leur forme. Mais toujours pas de but! Et à mesure que le match continuait les sud-coréens commencèrent petit à petit à s'enhardir. Ils se créèrent même uns très grosse occasion à la demi-heure de jeu. Il restait dix minutes avant la mi-temps et les sourcils commençaient à se froncer concernant ces hollandais... C'était mal les connaitre! Brusquement ils décidèrent d'appuyer sur l'accélérateur et de mêler l'efficacité au panache! Philip Cocu marque le premier but sur une frappe croisée foudroyante à l'entrée de la surface. Et cinq minutes plus tard Marc Overmars déboula dans son style rouleau compresseur et marqua le deuxième but. 2-0 à la mi-temps, puis 3-0 sur une action magique de Berkamp qui dribla trois défenseurs sans bouger son pied d'appui avant d'enchainer d'un extérieur du droit. C'était beau mais on sentant dans cette action poindre de la résignation chez les sud-coréens. Les vingt minutes suivantes furent limite agaçantes: les hollandais commirent beaucoup de fautes de passes assez grossières mais les asiatiques n'essayaient même pas d'en profiter. Et puis les Oranje accélérèrent de nouveau: un long centre d'Overmars pour la tête de Van Hoijdonk , puis une reprise en force de Ronald de Boer mirent au score l'ampleur méritée d'un tel écart de niveau. 5-0: la Hollande était bien entrée dans la compétition et avait affirmé, avec la manière, se prétentions légitimes à la victoire finale! Oui, ce 20 juin avait été un beau jour de football, un beau jour de fête partagée! Le lendemain, si les joueurs devaient sortir encore grandis, le drame s'abattit sur la France à cause de criminels odieux qui avaient profité de la fête pour pénétrer son sol et assouvir leur haine et leur soif de violence...

19 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Jeu 28 Mai 2015 - 1:19

Sudena

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21 juin: alors que la France fête l'arrivée de l'été avec la joie de voir une Coupe du Monde de très haut niveau, le drame s'abat sur Lens: des hooligans allemands ravagent le centre-ville, passant à tabac tous ceux qu'ils croisent. Un policier, Daniel Nivel, est pris à parti, roué de coups et laissé pour mort. Il survivra mais restera paralysé à vie. En hommage, l'entraineur croate Miroslav Blazevic portera son képi avec sa photo tout le restant de la compétition. Et le match?.. Eh bien, au stade Bollaert, la grosse affiche du groupe F Allemagne-Yougoslavie offrira un contraste saisissant avec les événements dramatiques du centre-ville: ce sera un match de toute beauté! Une finale avant la lettre au niveau phénoménal entre deux équipes à cent lieues de l'impression laissée lors de leur premier match. La première mi-temps sera entièrement dominée par la classe technique de la Yougoslavie qui ouvrira rapidement le score sur un centre tir de Mijatovic et fera tourner en bourrique des allemands toujours prêts à saisir la moindre occasion mais devant se reposer sur les coups de pied arrêtés pour se montrer dangereux. 0-1 à la mi-temps et la reprise est exactement du même accabit: le jeu collectif yougoslave est une vraie merveille à voir Köpke, après bien des sauvetages, succombe sur un centre fort de Mijatovic qui passe sous son vrentre avant d'être poussé au fond par Dragan Stojkovic. Mais alors que la très grosse surprise se profile les dés roulent: Kovacevic, véritable stabilisateur du jeu yougoslave, sort sur blessure et les allemands comencent à presser de plus en plus haut... Et à un peu plus d'un quart d'heure de la fin, un coup-franc de Tarnat est détourné dans ses propres buts par Mihaijlovic. Derrière l'Allemagne presse, Krajl détourne une tête de Bierrhof sur la barre mais deux minutes plus tard ce même Bierrhof égalise d'une tête imparable suivant un corner. 2-2 à dix minutes de la fin...mais paradoxalement ce sont les yougoslave qui reprennent la direction des opérations, et les allemands sont finalement bien contents de s'en tirer avec ce résultat nul.
L'expérience terrifiante de Lens et l'arrivée massive des anglais conduit la municipalité de Toulouse à annuler sa fête de la musique pour éviter un bain de sang: honteux d'en arriver là...mais hélas cette décision fut certainement salutaire...

A Parc des Princes l'ambiance de fin d'après-midi était aux antipodes de celle de Lens: ce match du groupe H opposait les jamaïcains à leurs idoles: les argentins. Les joueurs argentins prirent une initiative merveilleuse qui devait devenir légendaire le soir même: faire la photo officielle les joueurs mêlés les uns aux autres. Mais sur le terrain, pas de quartier: trois occasions énormes dans les cinq premières minutes, un jeu qui n'a rien à envier au niveau puissance collective à celui des néerlandais mais tout en verticalité, la Jamaïque était archi-dominée, mais elle tenait... Elle tint plus d'une demi-heure avec un courage méritoire, mais elle céda sur une ouverture lumineuse de Veron pour un extérieur du droit gavé de finesse du petit meneur Ortega. 1-0, c'est alors que se produisit le seul incident regrettable du match: Powell (un des rares à jouer dans le championnat anglais) perdit les pédales et devint extrêmement violent. L'arbitre n'eut pas d'autre choix que de l'expulser après qu'il ait donné un coup de pied à un argentin. Bon débarras! En début de deuxième mi-temps le jeu argentin, totalement irrésistible, permit à Ortega de signer son doublé, puis vint LA frappe de la Coupe du Monde: ouverture d'Ortega pour Batistuta, à l'angle de la surface de réparation: le florentin regarde  et déclenche une frappe de de l'extérieur du droit limpide, surpuissante, et parfaitement placée dans le soupirail opposé: la plus belle frappe d'attaquant de la compétition! 3-0 et ça continue: si les argentins loupent quelques occasions parfois par excès d'élégance, Batistuta signe son doublé sur une ouverture de Gallardo, puis son triplé sur pénalty. 5-0: l'Argentine a impressionné tout le monde et s'est qualifiée pour les huitièmes de finale au terme d'un match quasi-parfait quoique sans réelle opposition. Merci aussi aux deux équipes pour l'excellente ambiance (on en avait besoin...).

L'ambiance, parlons-en! Car si le soir le niveau footballistique vu sur la pelouse de Lyon fut faible (limite indigent par moments), ce match avait une autre raison d'être: la politique. Etats-Unis-Iran, vous aurez compris les craintes suscitées... Et  entre les cadeaux que se firent les joueurs avant le mach, la photo collective, l'état d'esprit formidable sur le terrain et les tribunes où les supporters se mêlèrent dans une bonne humeur partagée avant, pendant et après (les photos sont légion, qui devraient symboliser ce que doit toujours être le sport), ce moment fut un bonheur permanent! Pour la petite histoire, l'Iran créa la surprise et s'imposa 2-1 grâce à des contre-attaques fulgurantes (une tête d'Estilli et une chevauché de Madawïquiah contre une tête de McBride à deux minutes de la fin): les Etats-Unis étaient éliminés. Mais rien que pour ce moment ces deux équipes avaient leur place dans cette compétition... Chapeau!



Dernière édition par Sudena le Mar 11 Avr 2017 - 18:44, édité 1 fois

20 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Mar 2 Juin 2015 - 15:29

Sudena

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22 juin. Au stade de la Mosson, colombiens et tunisiens se livrent un "match de la mort" étrange, parfois craintif, mais pas désagréable à regarder avec un hommage des spectateurs colombiens à Andres Escobar, le défenseur assassiné quatre ans plus tôt pour avoir marqué contre son camp. Devant son public qu'il retrouve, Carlos Valderama est en forme et l'équipe colombienne montre que l'absence de Faustino Asprilla, renvoyé au pays pour mauvais caractère, ne la handicape pas le moins du monde. Le match est assez paradoxal: la Colombie domine, joue globalement mieux, mais les plus belles occasions sont tunisiennes, des tunisiens qui jouent avec détermination et vivacité toutes leurs contre-attaques... A dix minutes de la fin, Valderama sert parfaitement Preciado qui bat enfin le très bon El Ouaer et donne à la Colombie la victoire synonyme d'espoir de qualification. Pour la Tunisie, courageuse, prometteuse, mais trop limitée physiquement et techniquement, l'aventure s'arrête là...

Le soir, à Toulouse, le choc Roumanie-Angleterre tient toutes ses promesses au niveau du jeu (car les hooligans anglais font parler d'eux en dehors du stade...). C'est un match de très haut niveau qui est proposé, et les roumains, comme la veille les yougoslaves contre les allemands, donnent n première mi-temps un récital technique, multipliant les passes courtes et les combinaisons léchées qui mettent au supplice des anglais un peu trop confiants qui s'en sortent miraculeusement après avoir vu un lob génial d'Ilie rebondir sur la transversale. Mais en début de deuxième mi-temps, la domination roumaine est récompensée par un but splendide de Viorel Moldovan qui fusille Seaman après un petit bijou d'action collective dans le petit espace. 1-0: la Roumanie domine, la Roumanie joue mieux, mais les anglais sont toujours les anglais et commencent à réagir. Les rentrées des jeunes Beckham et Owen boostent l'équipe alors en mal d'inspiration, les roumains reculent et à sept minutes de la fin Michael Owen égalise d'une frappe en force.1-1, on se dit alors que les anglais vont profiter de leur élan pour crucifier sur le fil les roumains. C'est ce qui se passe durant trois minutes, mais les joueurs des Carpathes se relèvent très vite et, chose incroyable, ils tentent eux aussi de faire la différence dans les dernières minutes. Et le comble c'est qu'ils y arrivent! A une minute de la fin , Petrescu s'impose en force dans la défense anglaise et glisse le ballon entre les jambes d'un Seaman peu inspiré... 2-1: Owen envoie une nouvelle frappe sur le poteau mais quand le coup de sifflet final retentit, l'exploit de la Roumanie est à la mesure du match qu'elle a sorti: la logique sportive a triomphé: les meilleurs ont gagné et se sont qualifiés! Bravo messieurs! Pour l'Angleterre, le match contre la Colombie aura des relents de seizième de finale: que du bon en perspective!..





Bon, résumons-nous avant d'attaquer les matchs couperet et entremêlés: le Brésil, la France, le Nigéria, la Roumanie, l'Argentine et la Croatie sont qualifiés; l'Arabie Saoudite, la Corée du Sud, les Etats Unis, la Tunisie, le Japon et la Jamaïque sont éliminés. La compétition a augmenté de niveau et on sait que les faibles, les nerveux et les arrogants ne s'en sortiront pas! Voici les équipes prévenues au moment où la moitié d'entre elles s'apprêtent _certaines en en étant totalement inconscientes_ à dire adieu à leurs rêves de gloire. On ignore néanmoins les sommets d'émotion où cette troisième journée va nous emmener...

21 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Jeu 4 Juin 2015 - 17:11

Sudena

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23 juin après-midi. Le groupe B va se décider en croisé entre le Stade de France de Saint-Denis et la Beaujoire de Nantes. L'Italie n'a besoin que d'un nul pour se qualifier mais une victoire est largement préférable car ainsi elle lui assurerait la première place de la poule et lui permettrait d'éviter le Brésil (encore que son 3-0 infligé au Cameroun diminue cet enjeu car personne ne voit les chiliens infliger une pareille correction aux camerounais). En cas de défaite la Squadra Azzura pourrait également se qualifier en cas de match nul entre le Chili et la Cameroun. Le nul peut suffire à l'Autriche mais à condition de marquer au moins un but...et d'espérer que chiliens et camerounais n'en fassent pas autant. Vu le standing des équipes et l'enjeu que représente la première place personne ne se fait d'illusions sur les chances des autrichiens: tout se jouera à Nantes où un nul peut suffire au Chili. Mais le Cameroun entend bien se venger de l'humiliation du précédent match et décrocher sa qualification. Les pronostics sont très serrés (beaucoup de journalistes français prédisent néanmoins [aidés par leurs sentiments] une victoire camerounaise). Les matchs commencent simultanément...et la nervosité se fait rapidement sentir...

A Saint-Denis, le rythme est élevé et le match assez riche en occasions. La supériorité technique de l'Italie se fait rapidement sentir mais les autrichiens ne baissent pas les bras, jouent à fond toutes leurs contre-attaques et ne se laissent pas piéger aussi facilement que les camerounais. Ce qui donne un très beau spectacle et une certaine sympathie pour ces braves autrichiens que personne n'attendait là et qui se défendent becs et ongles! La supériorité italienne demeure pour autant réelle et la Squadra Azzura met de plus en plus sa patte sur le match au fil des minutes... A Nantes, après dix minutes de round d'observation le rythme s'emballe brusquement...et c'est le Chili qui met sa patte sur le match et multiplie les occasion. Songo'o détourne de justesse une tête de Salas mais à la vingt et unième minute un coup franc enroulé merveilleusement par Sierra en pleine lucarne donne aux sud-américains un avantage mérité, avantage qu'ils ont plusieurs fois l'occasion d'augmenter, sans succès. Le match est très nerveux: s'il demeure passionnant à regarder les irrégularités pleuvent de tous côtés, et le pauvre trio arbitral fait de son mieux pour gérer les tensions et prendre les justes décisions. Avec succès d'ailleurs! Ce match, peut-être le plus difficile à arbitrer de toute la compétition, sera géré avec un brio et une neutralité d'autant plus méritoire...que les journaux français vont se faire un plaisir de trainer dans la boue ces pauvres hommes en noir... Alors que la mi-temps approche le Cameroun commence enfin à pointer le bout de son nez, et M'Boma se voir refuser un but pour hors-jeu: les images prouveront la justesse de la décision. 0-0 entre l'Italie et l'Autriche, 1-0 pour le Chili devant le Cameroun: c'est piquant, et on n'a encore rien vu...

Car en tout début de deuxième mi-temps le Cameroun change totalement de visage, met au placar sa nervosité et commence à attaquer! Les chiliens ne sont pas surpris outre-mesure et se tiennent prêts pour la contre-attaque, mais de Saint-Denis arrive enfin ce qu'on attendait (ou redoutait, c'est selon): l'ouverture du score par l'Italie. Sur un coup-franc de Baggio, Vieri devance Konzel et place une tête piquée qui concrétise la supériorité italienne. 1-0: les autrichiens essaient d'attaquer, les autrichiens essaient d'y croire, les autrichiens donnent tout ce qu'ils ont de coeur et de talent, mais l'Italie est vraiment très impressionnante et manque plusieurs fois d'un rien le deuxième but. Cependant, à Nantes, dix minutes de folie vont commencer: de la 50ème à l'heure de jeu nous passeront par tous les stades de l'émotion! Tout d'abord une accélération de Paraguez dans la surface qui sembla fauché en plein élan: l'arbitre ne siffle pas pénalty et met même un carton jaune au chilien pour simulation. On ouvre de grands yeux...et le ralentit confirme sans discussion la justesse de la décision, mais pour le voir à vitesse réelle il fallait vraiment être fort! Le match est de plus en plus tendu, les camerounais se trouvent de plus en plus, puis Salas accélère sur le côté gauche, à la lutte avec Rigobert Song. Le camerounais le devance de manière assez "engagée" mais l'arbitre siffle faute...et expulse Song! Song, il faut le savoir, est un ancien messin, un chouchou des médias français: la condamnation de l'arbitre sera unanime...sauf que les images, encore, parlent d'elles-mêmes: Rigobert Song a donné un coup de coude volontaire et parfaitement délibéré dans le visage de Marcello Salas: le carton rouge était totalement logique!.. Deux minutes plus tard les dés roulent à nouveau: les camerounais attaquent et M'Boma place une tête imparable en pleine lucarne: égalisation! Et le Cameroun est totalement déchainé: à-peine trois minutes après l'égalisation une nouvelle action magistrale leur permet de prendre l'avantage: incroyable! Sauf que l'arbitre une nouvelle fois, refuse le but. Et cette fois il a tort: M'Boma n'a pas commis de passage en ascenseur sur Acuna (car il y a deux "Acuna": un chilien, un paraguayen), le but était valable. Mais peut-on reprocher à cet homme d'avoir commis cette erreur, sa seule de tout le match, avec une telle tension sur la terrain?.. Je ne me le permettrait pas à titre personnel! D'autant que le Cameroun a d'autres occasions, le match est absolument passionnant, mais à force de rater les derniers gestes les camerounais commencent petit à petit à se décourager, et à-contrario les chiliens, qui étaient tout prêts de pleurer leurs très nombreuses occasions ratée en première mi-temps, se remettent de plus en plus dans le match... Les deux rencontres, en fait, se ressemblent beaucoup: elles sont nerveuses mais très rapides, parfois hachées mais d'un très bon niveau technique: ce sont des matchs de Coupe du Monde, avec plus de mauvais esprit du côté de Nantes (mais plus de suspense aussi). Les minutes s'écoulent et on sent que tout commence à se jouer: les chiliens gèrent assez remarquablement les dix dernières minutes, Etamé, vaincu par le dépit, est à son tour expulsé pour une très vilaine faute (ce carton rouge ne sera, lui, pas contesté). Tandis que le Cameroun agonise, italiens et autrichiens donnent d'un coup un score plus conforme à la physionomie de leur très riche affrontement: dans les arrêts de jeu, Roberto Baggio, au sortir d'un une-deux parfait avec Del Piero, marque dans le but vide et double la mise. Sur le renvoi les autrichiens obtiennent un pénalty: eux qui ont toujours marqué dans les arrêts de jeu de leurs matchs confirment les statistiques: Herzog transforme et l'Autriche sort avec panache d'une Coupe du Monde où elle avait largement sa place, sur une défaite 2-1 certes éliminatoire mais en aucun cas infâmante (surtout face à cette si impressionnante Squadra Azzura qui a, encore une fois, rempli son devoir avec froideur et sûreté et qui confirme son statut de favori à la victoire finale ['aucuns se plaisent à la placer en tête des pronostics]). A Nantes le 1-1 final reflète en fin de compte assez bien la physionnomie du match où les deux équipes ont eu leur mi-temps, mais il demeure un crève-coeur pour la Cameroun, éliminé d'une poule qu'on disait assez facile et qui crée ainsi la première demi-surprise de la compétition.

Ce qui donne le classement final suivant:



1. Italie
2. Chili
3. Autriche
4. Cameroun



Dernière édition par Sudena le Mar 4 Avr 2017 - 22:51, édité 1 fois

22 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Ven 5 Juin 2015 - 10:14

Sudena

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Même jour, mais le soir: le groupe A va accoucher de son verdict et répondre à la question: qui accompagnera le Brésil en huitièmes de finale? A Marseille le Brésil affronte dans un match sans enjeu pour lui la Norvège qui, elle, peut se qualifier avec un nul...mais en misant sur un nul sans but entre écossais et marocains: la victoire est plus que recommandée pour les nordiques car, à Saint-Etienne, les deux équipes vont devoir jouer pour gagner dans une compétition où pour le moment l'Ecosse a fait meilleure impression. J'ai dit que le match de Marseille était sans enjeu pour le Brésil, pourtant Mario Zagallo a envoyé son équipe une au grand complet: les brésiliens veulent en-effet se venger de la défaite concédée à Oslo en amical quelques mois plus tôt (4 à 2) et ont une réputation à soutenir face aux autres prétendants au titre: la match ne sera pas faussé, ce qui, compte tenu également des limites affichées par les norvégiens dans les précédentes rencontres, ne permet à personne de s'illusionner sur les chances des nordiques: la qualification va se jouer à Saint-Etienne, entre l'Ecosse et le Maroc.

Les matchs commencent simultanément et prennent deux tournants quelque peu différents: si à Geoffroy Guichard les deux équipes observent pendant quelques minutes un certain round d'observation, ce n'est pas le cas à Marseille où les norvégiens tentent d'emblée d'attaquer: ils n'ont rien à perdre alors ils font de leur mieux pour ne rien regretter mais les brésiliens ne s'affolent pas et montrent eux-aussi leurs intentions, intentions qui se précisent aux environs du quart d'heure: le Brésil attaque et tente de mettre sa patte sur le match. Mais les norvégiens résistent bien et font montre d'une remarquable solidarité et d'une assez belle capacité à perturber les auriverde dans leur jeu de passe. Techniquement le match est plus que correct: la Norvège fait sa meilleure prestation depuis le début de la compétition et soutient le très haut rythme global sans faiblir, et même en l'imposant dès qu'elle le peut... Pendant ce temps-là, à Saint-Etienne, le round d'observation est fini depuis longtemps...et c'est la Maroc qui a pris les devants! Retrouvant toutes leurs sensations du premier match, et avec cette hargne supplémentaire que procure seul le match à élimination directe, les marocains ont mis leur patte sur le match, imposé aux écossais un défi technique dans lequel ils n'ont pas _ou peu_ de répondant, avec des feintes totalement atypiques et des moments brefs de grâce collective où l'instinct de quelques joueurs fait la différence. Cela n'a pas tardé à payer: à la vingt-deuxième minute, un appel dans le dos en diagonale de Bassir lui permet de fusiller en force le vieux Leighton. 0-1! Bassir et ce faisait récompensé de ses efforts: c'est en-effet lui qui impulse l'équipe, qui la pousse à aller de l'avant, et ça marche! Les écossais tentent bien de réagir, se créent quelques occasions, mais d'une façon générale l'équipe semble empruntée, apathique, presque perdue sur le terrain. Un seul se montre à la hauteur et inquiète réellement les marocains: Craig Burley, le buteur du précédent match teint en blond pour l'occasion. Il essaie de bouger et de défier le Maroc physiquement, fait montre de beaucoup de générosité, mais il est peu soutenu... A Marseille, à partir de la demi-heure, la Norvège tente de passer au niveau supérieur avec en point de mire son puissant attaquant Tore-Andre Flo qui perturbe l'arrière-garde brésilienne et qui crée de bonnes occasions, hélas sans réussite. le risque d'une telle tactique, face à des brésiliens redoutables dans ce secteur (avec un Roberto Carlos en grande forme), c'est précisément de se faire prendre en contre... Mais à la mi-temps, à 1-0 pour la Maroc et 0-0 de leur côté, c'est un risque à prendre pour le norvégiens...

Et l'impression se confirme en début de deuxième mi-temps: alors que le Brésil réattaque en trombe et rate de justesse plusieurs occasions, l'Ecosse craque une deuxième fois face aux assauts marocains: Bassir lance Hadda qui, voyant Leighton avancé, tente de le lober. Le gardien écossais touche la balle mais ne peut revenir à temps pour l'empêcher de pénétrer dans son but (son retour à toutes berzingues dans de filets où il se vautre a quelque-chose de pathétique et de symbolique du match). 0-2 et sept minutes plus tard, alors qu'on ne voit plus que lui côté écossais, son excès e générosité fait commettre une dangereuse faute à Craig Burley: carton rouge: il n'y a plus aucun espoir pour les écossais. Le Maroc s'amuse, le Maroc régale le public, le Maroc joue bien, le Maroc fait joujou: le Maroc remplit son contrat haut la main face à des écossais très décevants qui ont en fait rapidement rendu le armes. Fès lors il n'y a plus le choix pour les norvégiens: il faut attaquer, quitte à jouer contre-nature, quitte à ne même plus avoir peur des contres brésiliens. A vingt minutes de la fin les efforts des norvégiens prennent un tour à la fois grandiose et pathétique: Flo se crée des occasions qu'il manque d'un cheveu, Solskjaer, diminué, rentre sur le terrain...et ce qui devait arriver arrive: Denilson part en dribles, évite trois défenseurs et centre au deuxième poteau où Bebeto n'a plus qu'à placer sa tête pour ouvrir le score: 1-0, nous jouons la 78ème minute. Certes les brésiliens ont plus souffert qu'annoncé, mais ils ne se sont pas affolés et ont agi en tueurs au bon moment. Mais, poussée par la dernière énergie, la Norvège n'abdique pas: sur une longue ouverture, Tore-Andre Flo pénètre dans la surface, élimine d'un crochet Junior Baiano, et fusille Taffarel: 1-1, ça a été beau mais le but arrive trop tard: il ne reste que sept minutes à jouer. Retour à Saint-Etienne où la Maroc, depuis quelques minutes, semble s'être fait un devoir de fêter sa qualification en beauté et multiplie les attaques et les occasions, et une action toute de vrilles, de coups du sombrero, de redoublements géniaux et de frappe surpuissante, permet à Bassir de signer son doublé t de donner au score l'allure de ce que le math a été pour les écossais: une déroute!0-3: les marocains s'étreignent mais, une minute! qu'est-ce que je vois, là? au stade Vélodrome?! C'est un pénalty??? Oui: pénalty! Pénalty pour la Norvège! Personne ne comprend: il n'y avait pas faute, ça non! On ne peut pas décider du sort d'un match sur une pareille embrouille! Ce que nous ignorons alors, qu'une caméra de la télévision suédoise prouvera trois jour plus tard (et que nous aurions pu entrevoir en direct), c'est qu'il y avait bien faute. Voici l'action: sur un centre de Leonardhsen, Tore-Andre Flo s'apprête à s'élever pour placer une tête, mais juste au moment où il prend son élan Junior Baiano le retient par le maillot. Oh, pas beaucoup mais juste assez pour le priver de toute impulsion, et l'arbitre, lui, l'avait bien vu: le Pénalty était justifié! Reckdal le frappe en force et marque: 1-2! Incroyable!!! La Norvège réussit l'exploit impensable et se qualifie pour les huitièmes de finale! Pour les marocains le choc est terrible: on a mal pour eux tant ils nous ont régalé ce soir, mais plus tard on se rappellera qu'au premier match ils ont encaissé deux buts stupides qui les ont fait concéder un nul très évitable: c'est là qu'ils ont perdu leur qualification... Et quoi qu'il en soit la Norvège n'a pas volé son match du tout: sa victoire historique est parfaitement méritée (il serait temps de lui rendre cette grâce) et le match a été d'une intensité rare! Et c'est sur cette soirée hallucinante que se conclut ce groupe A sur la classement suivant:



1: Brésil
2: Norvège
3: Maroc
4: Ecosse

23 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Mar 9 Juin 2015 - 18:25

Sudena

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24 juin. La lutte pour la qualification dans le groupe C se jouera, là-aussi, à distance. Si la France est déjà qualifiée elle a besoin néanmoins d'un nul (au moins) pour assurer sa première place: enjeu réduit et Aimé Jacquet fera tourner son effectif, conservant simplement l'épine dorsale avec Desailly promu capitaine, Barthez dans les buts et Djorkaef en milieu ofensif. Celui-ci doit de toutes façons prendre ses marques en l'absence de Zidane, suspendu deux match et qui loupera conséquemment les huitièmes de finale. L'Arabie Saoudite, déjà éliminée, ne semble devoir jouer que les faire-valoir à Bordeaux où l'Afrique du Sud doit absolument lui mettre une branlée...et espérer une défaite du Danemark à Lyon, face à la France..
Les matchs commencent sur un rythme assez soutenu et une qualité de football certaine du côté des français qui jouent le jeu, attaquent et font montre de leur superbe état d'esprit collectif. A la dixième minute double coup du sort: Trézéguet obtient un pénalty pour une faute de Ripper, pénalty que frappe Djorkaef: Schmeichel part du bon côté, effleure le ballon mais ne peut l'empêcher de pénétrer dans le but (un pénalty bien frappé est inarrêtable quoi qu'il en soit). 1-0 pour la France et direction Bordeaux au même moment: l'Afrique du Sud domine depuis le début, jouant de son potentiel physique, et Bartlett ouvre le score sur une frappe en force au premier poteau alors qu'Al Dealeya avait anticipé un centre. 1-0. Mais voilà: au lieu de continuer sur leur lancée, les sud-africains sombrent dans les imprécisions: trop confiants, ils n'appuient pas là où ça fait mal et les saoudiens résistent ma foi fort bien et osent tenter quelques trucs, dans le mesure de leurs moyens. Le match devient ennuyeux, la mauvaise qualité technique est patente parfois à la limite de la dignité. Et le contraste est fort avec Lyon où français et danois jouent un football certes pas grandioses, certes pas d'une intensité exceptionnelle, mais tout à fait honnête et très agréable à regarder. Les Bleus se créent une énorme occasion sur une action collective sur le côté gauche, puis les danois commencent à réagir: Barthez s'envole sur une frappe de Brian Laudrup qui a enrhumé la défense d'un appel croisé, et puis Michael Laudrup joue vite un cup franc qui surprend la défense: Candéla retient Jörgensen dans la surface: pénalty. Michael Laudrup frappe en force et égalise d'un contre-pied parfait. Cependant à Bordeaux, la mi-temps va être sifflée quals l'arbitre acorde aux saoudiens un pénalty pour une faute peu évidente d'Issa. Al Jaber égalise bien que Vonx ait touché la balle mais force est de reconnaitre que le 1-1 n'est pas illogique à ce moment du match. Pour l'instant c'est tout bon pour le Danemark.
En début de deuxième mi-temps les français poussent: ils veulent gagner et ils s'en donennt les moyens. Et à la 57ème minute ils sont récompensés de leurs efforts: un corner, un cafouillage et Petit frappe de loin et redonne l'avantage à la France! 2-1: les Bleus font plaisir à voir, le pays vibre doucement sans pour autant rêver trop haut, pas encore... Les danois ne sont pas amorphes mais force est de reconnaitre qu'ils sont limités, qu'ls manquent encore de réglages. Mais alors que celà devrait donner des ailes aux sud-africains, les pousser à attaquer en force, c'est exactement l'inverse qui se passe: les Bafana Bafana sont mous, sans réaction, sans envie. Pire: ils subissent le rythme de saoudiens qui n'ont rien à perdre et qui commencent à penser à éviter la dernière place. Aussi c'est en tout logique qu'à seize minutes de la fin ils obtiennent un deuxième pénalty. Cette fois la faute de Pierre Issa était incontestable: Al Thuniane prend Vonk à contre-pied, donnant l'avantage à l'Arabie Saoudite et annulant les derniers espoir sud-africains. L'Afrique du Sud n'ira pas en huitièmes de finale, et la seule explication est qu'elle n'avait tout simplement pas le niveau. Le Danemark n'a pas flambé mais il n'a rien volé. Il manque même d'égaliser dans les arêts de jeu sur un coup franc vicieux de Töfting que Barthez arrête avec style et clase. Mérité pour les Bleus qui s'affirment comme la meilleure équipe du premier tour, tandis qu'à Bordeaux l'Afrique du Sud évite d'extrême justesse la honte en réussissant à égaliser sur un pénalty (encore!) de Bartlett au fin fond des arrêts de jeu. 2-2: à oublier. Sans avoir atteint des sommets, le France-Danemark a, lui, tenu se promesses au niveau de la volonté et du rythme (rythme à peine normal dans cette Coupe du Monde, c'est à dire bien soutenu sur une échelle plus "large"...), et a permis aux deux meilleures équipes de la poule de se qualifier pour les huitièmes de finale, avec au final le classement suivant:




1: France
2: Danemark
3: Afrique du Sud
4: Arabie Saoudite

24 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Ven 12 Juin 2015 - 19:49

Sudena

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Le même soir le "groupe de la mort" va rendre son verdict. Pour l'Espagne et la Bulgarie, opposés à Lens, le calcul est simple: il faut gagner coûte que coûte et espérer que le Paraguay ne batte pas le Nigéria dans le même temps, à Toulouse. Les nigérians, déjà qualifiés et assurés de la première place, vont faire tourner leur effectif mais garder une certaine épine dorsale. On a quand-même du mal à voir les paraguayens, qui n'ont pas marqué le moindre but lors de leurs deux sorties précédentes, vaincre un tel adversaire... Les matchs commencent simultanément: ils rivaliseront de vie et de panache, avec un chassé-croisé dramatique...

Il ne faut pas attendre une minute pour que la grande sensation se produise: à Toulouse le Paraguay obtient un coup-franc près de la ligne de touche. Arce le tire et Ayala devance tout le monde pour ouvrir le score. 0-1: on joue depuis cinquante cinq secondes! Et le Paraguay continue sur sa lancée, attaquant bille en tête, tentant de faire le break... A Lens le début est tout aussi statosphérique et c'est l'Espagne, enfin libérée de ses démons, qui régale et qui attaque à tout va. A la sixième minute elle obtient un pénalty que transforme Hierro sans bavure. 1-0! Mais ce résultat est insuffisant: il faut impérativement que le Nigéria réagisse... Onzième minute: les nigérians se sont un peu remis du coup de boutoir initial et Babangida s'échappe dans la surface, centre au point de pénalty et Oruma, d'un plat du pied imparable, égalise. 1-1! Ce but a pour conséquence à la fois de sonner les paraguayens et de donner encore plus de cœur aux espagnols qui font le break à la dix-huitième minute sur un remarquable travail de Luis Enrique (le meilleur espagnol depuis le début du mondial). Mais derrière soudain le match s'endort. La Bulgarie tente de réagir mais se montre empruntée, les espagnols gèrent sans davantage pousser: on finit rapidement par s'ennuyer... Le match de Toulouse est plus actif: Chilavert sauve plusieurs fois le Paraguay d'un nouveau but face à des nigérians parfaitement en place et conquérants, puis, la demi-heure passée, les sud-américains se remettent à attaquer et éprouvent le point faible des africains: leur défense (de plus privée de ses titulaires habituels). Sans succès jusqu'à la mi-temps. 1-1 entre le Nigéria et le Paraguay, 2-0 pour l'Espagne devant la Bulgarie.

La deuxième mi-temps reprend et deux équipes décident d'attaquer à tout va: l'Espagne et la Paraguay. Les efforts des paraguayens sont émouvants et remplis d'un savoir-faire bien plus fort que supposé. Les espagnols, eux, tentent d'achever les bulgares, et leurs efforts payent très vite: quatre minutes après la reprise, Morientes marque le but du 3-0 au milieu d'une défense bulgare totalement absente... La Bulgarie sait que pour elle la Coupe du Monde est terminée, alors quelques joueurs tentent de sonner la révolte, de sauver ce qui peut encore l'être... Et le seul qui a tenu son rang, le seul qui a montré dans cette compétition volonté et classe, est récompensé de ses efforts: Emil Kostadinov s'impose seul dans la défense espagnole et fusille Zubizareta. 3-1. Le match retombe alors dans sa routine, mais que se passe-t-il à Toulouse? quel cri vient de retentir? But pour le Paraguay! La domination et la volonté des sud-américains sont enfin récompensées: Benitez, auteur d'un match fabuleux, a frappé de vingt mètres et le ballon est passé juste au-dessous de la barre transversale. 1-2: l'énorme surprise serait-elle en route?.. A vingt minutes de la fin l'Espagne laisse tomber ses ultimes réserves: perdu pour perdu elle décide d'attaquer, se disant que ça mettra peut-être la pression aux paraguayens. La rage des espagnols est frappante, les bulgares n'ont plus la tête à jouer, et surtout pas les défenseurs. Quatre-vingtième minute, Morientes se joue de Zdravkov et marque dans le but vide. 4-1. Sur le banc on espère encore un retour des nigérians, on exulte quand sur un corner Kiko pousse Batchev à marquer contre son camp, puis on apprend la nouvelle: depuis trois minutes déjà le Paraguay mène 3-1: sur une nouvelle action parfaite et froide, Cardozo a définitivement scellé le sort du match et des espagnols. L'ultime but de Kiko n'y change rien: l'Espagne _énorme surprise_ est éliminée dès le premier tour. Elle a certes battu la Bulgarie 6-1 mais son incapacité à vaincre dans le moments décisifs l'ont condamnée: la tactique trop militaire de Clemente a bridé l'imagination de ses joueurs; l'Espagne, trop fébrile, n'a pas assez tôt compris le danger et est sortie sonnée, faute d'avoir "pigé" le scénario... Mais la deuxième surprise de ce groupe de la mort est bien également la qualificatio du Paraguay, qualification parfaitement éritée après un parcours sans erreur, intelligent et qui s'est conclu sur une magistrale victoire contre un Nigéria certes venu sans sa meilleure équipe mais dont les remplaçants n'ont pas assuré comme on était en droit de l'attendre (défaite 1-3): d'un côté tant mieux, ça va, se dit-on, permettre à Milutinovic de recadrer certains points avant un huitième de finale somme toutes assez facile face à un Danemark dont on a pu voir les limites.

Ce groupe D a donc  eu finalement le classement suivant:




1: Nigéria
2: Paraguay
3: Espagne
4: Bulgarie

25 Re: Sur l'air d'"I Will Survive"... le Lun 22 Juin 2015 - 14:27

Sudena

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25 juin après-midi: le groupe E s'apprête à rendre son verdict. Au Parc des Princes la Belgique affronte la Corée du Sud, déjà éliminée, tandis qu'à Geoffroy Guichard les Pays Bas et le Mexique doivent tous les deux se rencontrer avec une obligation de résultat. Car il y a de l'enjeu partout: à Paris les belges doivent gagner et avec le plus d'écart possible pour éviter les mauvaises surprises (plus de deux buts pour être assurés du fait), un nul ou une défaite les éliminant; à Saint-Etienne les hollandais peuvent se contenter d'un nul mais seule la victoire leur garantit la première place, tandis que les mexicains jouent leur va-tout avec une victoire très souhaitable et une possibilité de qualification en cas de non-victoire si les belges ne gagnent pas avec un écart suffisant. Pour les deux équipes la défaite semble interdite bien qu'elle ne soit pas forcément éliminatoire, mais personne ne doute que les belges vont faire le boulot face aux sud-coréens: on s'attend à être passionnés, on le sera...

Les matchs débutent à cent à l'heure, sans round d'observation, et dès la quatrième minute les Pays Bas ouvrent le score sur une frappe croisée de Cocu lancé en profondeur. 1-0! Cette ouverture du score stimule encore plus l'énergie des belges qui dominent outrageusement le début de leur match. 7ème minute: après un corner et une première tête repoussée sur le ligne, Nilis, en embuscade, catapulte le ballon ans les filets coréens: 1-0 et on sent déjà que la qualification se dessine pour les équipe bataves. De fait les belges continuent leur pressing, mais au fil des minutes leur énergie retombe quelque-peu... A Saint-Etienne le match est splendide: loin d'être découragés par l'ouverture du score précoce, les mexicains jouent offensif, essaient de combiner et de se porter sur les buts de Van der Sar. Mais ces hollandais sont forts, très forts: leur tactique d'accélération sur les côtés fait merveille, leur milieu est divin et les attaquants, Berkamp en tête, ne rechignent pas au boulot défensif... Le match est équilibré, très équilibré, mais on sent les hollandais en confiance: ils n'ont pas abordé ce match en imaginant une seule minute qu'ils puissent être éliminés et leur jeu collectif n'a d'égale que le savoir-faire technique et la volonté des mexicains. 19ème minute: Ronald de Boer, eu milieu de la défense mexicaine, réussit à trouver le trou de souris et à doubler la mise d'une frappe croisée imparable qui touche le poteau avant de rentrer. 2-0: les Pays Bas assurent leur première place...et donnent un sérieux coup de main aux belges. Car à-partir de la vingtième minute, le match de Paris sombre dans les imprécisions et une qualité technique parfois déplorable: la Belgique n'est pas en forme, elle se repose sur son avantage mais tombe dans la routine de façon parfois grossière en ratant des gestes faciles. Doucement les coréens sortent de leur torpeur et tentent de titiller la défense: ils jouent le jeu, leurs efforts sont méritoires et donnent de l'intérêt à un match qui souffre de la comparaison avec un Pays Bas-Mexique toujours de toute beauté: les deux buts hollandais n'ont pas fait baisser d'un iota l'intensité: les mexicains y croient toujours et se créent des occasions avec leur jeu atypique si attachant. La mi-temps est atteinte ainsi: 2-0 pour les Pays Bas face au Mexique, 1-0 pour la Belgique face à la Corée du Sud: on sent bien ce qui va arriver et déjà on regrette ce si beau Mexique et son merveilleux jeu.
La deuxième mi-temps commence sur le même rythme dans les deux stades: ennuyeux à mourir à Paris, génial à Saint-Etienne. Les mexicains ratent parfois d'un cheveu la réduction du score, les hollandais sont eux-aussi à deux doigt de donner à leur victoire des accents de triomphe... Au Parc des Princes en-revanche, le match change quelque peu de physionomie, confirmant en fait une étrange impression qui traine depuis la demi-heure: la Corée du Sud domine, domine réellement, ce match: elle se crée des occasions, elle attaque, et les belges restent d'une impressionnante apathie: pour eux leur part du boulot est faite, les hollandais s'étant chargés du reste. Mais la fin des matchs va redonner encore des couleurs à ce groupe fou où rien n'est acquis d'avance... Ca commence par un coup de tonnerre: 72ème minute, coup franc excentré de Ha Seok Ju repris au deuxième poteau par le capitaine Yoo San Chu en extension qui égalise! 1-1: mérité! Et trois minutes plus tard, à Saint-Etienne, corner de Villa, tête croisée de Pelaez dont le rebond trompe Van der Sar: le Mexique réduit le score! 2-1 et la chose incroyable est en train de se passer: à cet instant la Belgique est éliminée. Les belges doivent pousser! mais ils sont amorphes, incapables d'enchainer correctement et de penser une action collectivement: les coréens sont à deux doigts de prendre l'avantage sur des contres!.. Sauf que dans le même temps les mexicains, eux, jouent le jeu jusqu'au bout: ils savent qu'un nul a désormais de grandes chances de les qualifier et ils se disent qu'attendre la contre-performance des autres n'est pas un bon plan. Merveilleux joueurs! Merveilleuse équipe! Merveilleuse tactique que celle 'attaquer sous peine de s'exposer à des contres. Campos, le gardien libéro, annihile deux trois contres dans l'œuf en sortant très loin de sa surface comme il en a l'habitude, les belges essaient d'attaquer mais n'y arrivent pas, l'excès de volonté de Ramirez lui vaut un carton rouge à une minute de la fin, mais les coréens tiennent sans broncher leur demi-exploit. Arrêts de jeu: malgré son infériorité numérique le Mexique essaie toujours d'attaquer, de Wilde est monté dans la surface sud-coréenne sans résultat ni occasion, et au fin fond des arrêts de jeu, à la 95ème minute, le Mexique réussit l'impensable: à la lutte avec deux défenseurs, Hernandez glisse le ballon dans les buts de Van der Sar sur un pointu du gauche en extension: c'est fait! 2-2 score final! Le Mexique est qualifié et ce n'est pas une qualification par défaut mais bien une formidable justice acquise au bout du suspense après avoir été mené 2-0! Les hollandais, eux, fêtent leur première place: dans ce groupe fabuleux ils sont su prouver qu'ils étaient les meilleurs et se placent avec un statut enviable sur la ligne des huitièmes. Les belges sortent par la petite porte, victimes de leur médiocrité et de leur arrogance; les coréens peuvent légitimement être fiers d'eux: éliminés ils ont joué le jeu et ont effacé leur humiliation du précédent match: c'est beau! Ce qui nous donne le classement suivant:



1: Pays Bas
2: Mexique
3: Belgique
4: Corée du Sud

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